Sans tenir compte des références complexes qui relient les quatre récits, on peut résumer le roman en disant que son héros, P. X. Magnan, est un révolutionnaire, pharmacien et écrivain de son état, qui viole et tue Joan Ruskin, la soeur de sa maîtresse dorigine canadienne anglaise. Après ce meurtre, il essaie, en écrivant, de combler en vain labsence de celle quil a tuée.
Il est facile de voir là une métaphore de lhistoire tourmentée du Québec et de ses relations avec la société canadienne anglaise: narrations entremêlées, doubles, et points de vue contradictoires font référence, par analogie, à lhistoire du Québec comme société colonisée, et à la conquête de la Nouvelle-France assimilée à un viol. De cette mort destructrice de lordre ancien des choses sortira un monde nouveau.
«Je suis fatiguée, je voudrais céder au sommeil, à toi, à nos étreintes orgueilleuses et renoncer à jamais à la lucidité intolérable qui me vient comme un fantôme. Tout ce qui est lucide doit mourir; tout ce qui aime rêve dune nuit totale, dune nuit dinduction qui commence tôt et ne finit pas. Ma nuit insomniaque et sans espoir maccable. Mais je suis seule, dépossédée, triste par conséquent; je ne sais pas si la vie sans toi mest nécessaire, si ton absence ne signifie pas mon arrêt de mort.»