J'ai mal à ma vie

Publié aux Éditions de la Paix, éditeur Jean-Paul Tessier, septembre 1991

Description:

Native de Granby, Monique Plante s'adonne à l'écriture depuis l'adolescence. Elle s'est fait connaître par ses poèmes remplis de profondeur et de sensibilité.

Son amour inconditionnel des enfants l'a menée dans les sillons de l'enseignement où elle oeuvre depuis plusieurs années. Passionnée de l'écriture, l'auteur nous offre J'AI MAL À MA VIE, son premier roman.

La violence conjugale... plusieurs femmes la subissent, peu la dénoncent. Pierre veut tout contôler, même la vie de Lise-Ann.

Où mènera sa domination?
Magali échappera-t-elle à la violence de son père?
Que fera Lisa-Ann pour sortir de son cauchemar?
Que fera le destin à une certaine croisée des chemins?

Extrait:

- La ferme!

- Tu te trompes grandement. Tu me prêtes des intentions fausses, s'empressa-t-elle de répondre tout en cherchant à s'asseoir sur la chaise que Hugues avait occupée quelques instants auparavant.

Pierre, plus emporté que jamais, continua:

- Dès que j'ai aperçu ton regard sur lui, j'ai détesté cet homme. Je sens que tu désires lui appartenir mais tu fais erreur. Il ne viendra pas fouiller dans mon nid. C'est dans une jungle qu'il s'aventure. Il y a des filles qui ne demandent pas mieux que de coucher avec n'importe qui. Il n'a qu'à regarder autour de lui et il en trouvera par grappes de ces belles-de-nuit.

Il marmonne quelques mots en s'allurnant une autre cigarette.

Parle plus fort Pierre. J'ai le droit de connaître ce que tu penses, rétorqua Lise-Ann, inquiète.

Un soupçon d'agressivité lui alluma les yeux. Elle continua.

- Quelle puérilité! Tu es comme des enfants dans une cour d'école qui se chicanent pour la plus blonde de leur groupe. Dis-rnoi ce que tu as sur le coeur à défaut de l'avoir dans le coeur.

- Je disais que l'homme est un loup pour l'homme. Je lui ferai la guerre et je n'ai surtout pas l'intention de capituler. Mon arme ne sera ni mitraillette, ni fusil, mais seule la conviction que j'ai de te posséder jusqu'à ton dernier souffle de vie. Tu comprends, Lise-Ann, je l'assommerai avec mes paroles. Ton lapin inconscient reprendra vite son clapier, crois-moi!

Tendre et douce, Lise-Ann sentit une menace qui n'osait pas clairement dire son nom. Malgré son entêtement à vouloir guérir son bonheur, il se glissait une grande faille par où s'écoulait son courage. De peur de faire une folle d'elle en pleurant, elle étouffa ce besoin qui montait et proposa à Pierre d'entrer puisqu'il se faisait maintenant très tard.

- Je suis très fatiguée et tu ne tiens plus debout. Quelques heures de sommeil ne feront que nous apaiser.

- Entre si tu veux, moi, je reste ici. Je coucherai dehors si j'en ai envie. Ne me force pas à aller me coller les fesses contre toi, poursuivit-il agressif et rancunier.

- Tu manques de discernement, conclut sèchement Lise-Ann. En haussant davantage la voix, elle ajouta:

- De toute manière, même ta présence me laisse un vide... Je crois que tu n'es plus rien pour moi.

Pierre la regarda et porta la bouteille à ses lèvres.

- Triste évidence... triste réalité, conclut-elle en ouvrant la porte patio.

Elle laissa derrière elle un homme étourdi et inconséquent dans ses paroles et ses gestes.

Lise-Ann passa sur son visage une eau claire puis appliqua en mouvements circulaires une crème de nuit à odeur de roses. Rendue dans sa chambre, elle ajouta une musique douce, et malgré la gravité de la situation s'endormit bientôt. Elle omit ce soir-là de prier pour Pierre...

pages 52-53

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