Marie-Andrée Beaudet et Pierre Nepveu ont rapaillé un certain nombre de poèmes, la plupart déjà publiés, pour composer ce recueil. En tout et pour tout, il ne contient qu'une dizaine d'inédits. Comme le souligne Pierre Nepveu, dans sa présentation de l'œuvre, « la question demeure ouverte de savoir si ces poèmes épars auraient finalement été intégrés au livre unique, totalisant, que le poète nous a légué ».
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Poèmes épars s'ouvre sur deux suites. « La troisième saison ou Le premier printemps » avait été publiée en 1977 dans le revue Estuaire. N'en subsistent que trois brefs poèmes, les autres ayant été intégrés à la deuxième suite, « Femme sans fin », parue dans la revue Possibles en 1980. Cette dernière n'aurait certes pas déparé L'Homme rapaillé. De nouveau, le « miron du chagrin d'amour » poursuit sa quête dans la « maison de l'amour » : « Nous nous choisissons / dans le couple ». De nouveau, les tensions qui menacent le couple, ici nommé, Gaston Miron et Sandrine Berthiaume, le couple de la rue Émery. Encore l'attente et la perte : « Ainsi éloignés malgré moi nous reposons / aériens comme en Chagall et de tout temps. » (Nos sommeils…)
Suivent 19 poèmes, écrits entre 1977 et 1995, dont 10 déjà publiés sous forme manuscrite dans l'édition de luxe de 1994, et certains autres dans des revues. Ces poèmes offrent une autre vision de Miron, un Miron emporté par la durée, pour ne pas dire par la mort, celle du Québec « qui n'en finit plus de ne pas naître », mais aussi et surtout par la sienne :
Ma femme, Marie-AndréeEnfin, 16 poèmes anciens, qui datent des années 1950, la plupart déjà publiés dans Deux sangs, mais que Miron n'a jamais retenus dans L'Homme rapaillé, des poèmes en souffrance qui constituent, selon ses mots, l'archéologie de son œuvre. Vient clore le recueil « La rose et l'œillet », une chanson faisant partie du spectacle « La marche à l'amour ».
Emmanuelle, ma fille
mes camarades de toujours à jamais
enterrez le corps de poésie
mon cadavre d'amour en ce peuple
là où il n'y a ni croix, ni écriteau
mais où flageole une lumière brûlée
et n'usez plus vos yeux
à faire se lever l'horizon.
(Conjuration au destin)
Ce recueil, surtout dans les poèmes des années 1980, déplace quand même un peu la perception que l'on pouvait avoir du poète de L'Homme rapaillé : on y voit toujours un Miron aux prises avec sa propre irréalité, menacé de disparaître, mais cette fois-ci cette menace est davantage exprimée dans sa dimension existentielle.
Rédaction : Jean-Louis Lessard
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Références sur Gaston Miron