Le volume est divisé en 2 parties:
la première partie a pour titre NUITERRE
la seconde GICLÉE D'AUBE.Voici ce que l'auteure dit de sa poésie en quatrième de couverture:
Ma poésie«Cette oeuvre traduit la souffrance de ces appelés qui doivent faire preuve de patience l'espace d'une longue nuit sur terre et garder un ferme espoir qu'une aube nouvelle finira par percer la noirceur. Tels sont les deux volets de ce recueil qu'une dizaine de dessins-poèmes illustre admirablement»
J'inspire, elle s'engouffre et m'engouffre
J'expire, elle volute et m'envrille
Elle suit le flux et le reflux des marées
Aux caprices de mes lunes
Je l'apprivoise. Je l'explore. Je la dévore
Je l'assimile et la redonne
Elle se recrée et me re-crée en me créant
Elle est la vie, la fin et le recommencement
La beauté de sa lumière
Elle me prête ses yeux et s'évade en silence
Elle crie et rit et pleure
Elle s'engouffre dans ma combe aux tourmentes
Expulse mes oiseaux-clameurs de suie
Et suit les méandres de l'ombr'odeur des marais
Elle se tait et disparaît
Mais bondit en délire d'un lieu de moi
Et me propulse loin devant
Elle éclate dans la lumière et me congratule.
Adnan Moussali, Dictionnaire des oeuvres littéraires, Fides,1994
L'ovule fileL'ovule baigne dans l'eau de la caverne
Que des siècles
fermentent.
L'écume se multiplie
en sa toison.
S'agite
le noyau
dans le tête-à-queue
Vint le jour aqueux
où le devin
Vit le jour
dans le vin et partit
Le fil lové
à perles vivantes.
Que sourire ailé
comme vivre
Du savoir-mourir
Bouche béate
sur l'absence
gémit. L'ovule love en silence.
La guirlande en douche
Touche à sa fin
Comme paroles-pollen
tombées
Flottent
dans le cratère
au parfum vert. L'oeil s'enfonce féroce
Jusqu'au nid
des Tropiques.
Mère-nuit...Mère-nuit
à contre-ventre
  gémit
Dans son cercueil l'ovaire crevé.L'enfant mort-né
Rit couleur
dans l'espace-liquide
Dans la démesure.La mère contristée
retient ses eaux
Les retourne
À la cité-citerne-bateau.
Mais les larmes la conservent en momie
Statue mammifiée
nourrit son mystère.
Le cordon strangulatoire
En l'heure
qui perd-gagne et vit
Dans le chenail
qui-parle-perd
    et part
Se chamaille
ou se cache. Je retrouve la perle
en terrécrin
Des chagrins conservés
sur la facécran
De soie
d'avant-hiver.La glèbe
assoiffée
Strie sa face
et se tait.
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