JEAN DE LA LUNE

Publié aux Éditions Triptyque, 1994.

Description:

Après J. Desrapes et L’écharpe d’Iris, un troisième roman. Le passé ayant la fâcheuse manie de tout effacer, Jean se fait le conservateur d’un musée imaginaire afin de gérer ses nombreux deuils. L’ouvrage d’un philosophe de l’antiquité, une virée rocambolesque à New York, l’installation de saunas, la musique populaire revue par John Lennon, tout se prête à la «réforme» de l’identité. Cette fable est menée sur le mode distancié de l’ironie. Le héros la raconte d’une curieuse de manière, laquelle donne toute sa saveur au récit. Le vieux dicton disait peut-être vrai: les sages cherchent de la lumière, les fous leur en donnent. Un récit envoûtant par lequel Daniel Guénette souligne les drôleries qui farcissent nos petites tragédies individuelles. Le narrateur raconte sans juger et avec humilité la singularité de la vie, avec ses fins (lui qui s’investit dans une démarche de croissance personnelle) et ses fous (son ami Jean qui se prend pour John Lennon). «Daniel Guénette a de l’humour, un humour sérieux et signifiant qui le situe dans la lignée d’un Woody Allen.» (Raymond Bertin, Voir, 31mars au 12 avril 94). Dans un esprit de profonde réflexion, musique populaire, croyances, amitié, contraintes sont déposées ici sur papier par Daniel Guénette: «...d’abord une thérapie qui continue celle d’un psy, abandonnée...». C’est aussi: «...Jean qui est une sorte de sage en devenir, qui aurait compris qu’au-delà du désir et de la possession, bien agréables mais assez répétitifs, existent des réalités d’un ordre supérieur, plus susceptibles d’apporter aux humains un bonheur raisonnable: la pensée et les valeurs morales, harmonieusement intégrées dans un être enfin réconcilié avec lui-même.» (Réginald Martel, La Presse, 27 fév. 93).

Extrait:

«Jean de la Lune me dit que c‘est du moralisme à la gomme et que je cherche toujours à contrôler mes émotions, voire même à les nier. Je serais du genre archifaux parce que je me fabrique sans tenir compte de mon moi véritable qui selon lui tend à couler dans les bas-fonds. Tant que la déprime n’en aura pas fini avec moi, j’aurai beau ruser, c’est elle qui aura le dessus. Il a peut-être raison, mais alors! il faudrait renoncer, s’avouer vaincu, retourner vivre avec les poissons ou comme lui me poudrer le nez, lever le coude, m’envoyer en l’air avec n’importe qui, oublier qu’il me reste un enfant, quelques années devant moi?
Dans la tempête, à quel moment le capitaine doit-il sauter à l’eau? À la dernière seconde, c’est ce que je pense, et même alors, certains restent à leur poste et s’enfoncent dans l’abîme avec la carcasse martyrisée du vaisseau. Je crois, moi, au courage des stoïciens: le capitaine lutte bravement avec l’énergie du désespoir, cela est son devoir, son honneur, et il agit ainsi par respect et amour pour la vie.» p. 47

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Oeuvres de Daniel Guénette