La Jeunesse de la cordonnière

Roman, tome 1
Publié aux Éditions VLB, 1999
Maquette de la couverture Nicole Morin
Illustration de la couverture Charles Courtney

Description :

Au milieu du XIXe siècle, sur les rives du lac Saint-Pierre, dans la très belle région de Yamachiche et de Pointe-du-Lac, une jeune femme de quinze ans connaît une destiné inusitée, indissociable de celle de gens qui gravitent autour d'elle. Son audace va bientôt bouleverser l'existence d'un homme de vingt ans son aîné et de toute sa famille. Sa vie sera tissée de luttes pour exercer un métier jusque-là réservé aux hommes et de tourments amoureux auxquels les moeurs de l'époque et l'omniprésence de la morale chrétienne ne sont pas étrangères. Les triomphes de Victoire seront à la mesure de ses passions. D'abord publiée sous le titre Le Château retrouvé, La jeunesse de la cordonnière raconte les débuts de l'aventure de Victoire Du Sault, première femme à exercer le métier de cordonnière au Québec, dont l'imagination fut à l'origine de la fortune de la célèbre famille Dufresne. On y retrouve avec plaisir l'indiscutable talent de conteuse de l'auteure de La Cordonnière.

Quatrième de couverture

Le roman met en scène une jeune fille de quinze ans, Victoire, qui, à l'instar de sa mère, Françoise Desaulniers, et à l'encontre de son père, Rémi Du Sault, fera un choix de vie qui la marginalisera. Sa passion pour la création de modèles de chaussures se doublera d'une flamme soudaine et indestructible pour son voisin, un homme de vingt ans son aîné dont elle épousera le fils. Sa vie sera tissée de luttes pour exercer un métier jusque là réservé aux hommes et s'affranchir de l'omniprésence de la morale judéo-chrétienne...



Extrait 1 :

CHAPITRE UN

Les couleurs de l'aurore

Victoire s'éveilla en sursaut. L'éblouissante clarté d'un soleil vigoureux dorait ses paupières alors qu'aucune cloche n'était encore venue la sortir du sommeil. L'appréhension de se voir de nouveau punie pour être demeurée au lit sans une quelconque maladie chassa de son esprit les dernières torpeurs de la nuit. Trop de fois déjà, Victoire avait été contrainte de se promener toute la journée, son oreiller dans les bras, sous les regards ironiques et les rires étouffés de ses compagnes de pensionnat. Au risque de croiser le regard sarcastique de la responsable de discipline, attendant avec une jouissance à peine voilée que Mlle Du Sault se réveille pour l'informer de sa punition, Victoire devait trouver le courage d'ouvrir les yeux. D'une paupière à peine soulevée, elle ne décela cependant aucune ombre, aucune présence... Elle pouvait reprendre son souffle. Bien plus, à travers les boucles châtaines de sa chevelure éparse sur l'oreiller, elle reconnut la broderie de sa mère...
Rentrée du pensionnat la veille au soir, Victoire découvrait avec bonheur que ces couvertures étaient bien les siennes et que ces murs baignés de lumière ne pouvaient être autres que ceux de sa chambre. Rassurée, elle referma les yeux pour mieux s'ennivrer du parfum de lilas qui frôlait ses narines au gré du vent. Un vent chaud qui venait gonfler ses rideaux, les laissant se poser doucement sur le rebord de sa fenêtre pour les relancer vers le pied de son lit. Portée par cette brise légère toute imprégnée des vapeurs du Lac Saint-Pierre, la Saint-Jean venait lui offrir son premier jour de vacances. Des vacances qui n'allaient plus jamais se terminer, se jura Victoire, à peine entrée dans sa quinzième année. Désormais, elle serait seule à disposer de sa personne. Jamais plus on ne viendrait lui imposer un horaire étouffant, des tenues qu'elle jugeait désuètes et des principes qui la confinaient à des rôles de femme soumise et effacée comme elle en voyait déjà trop autour d'elle.
Victoire en avait assez de la vie de couventine et de tout son cortège d'interdits! Le projet qu'elle mûrissait en secret et pour lequel elle avait préparé plus d'un scénario la tira de son lit, happée par l'impérieux besoin d'en franchir les premières étapes. Debout devant son miroir, elle souriait. Aucun doute n'était encore parvenu à se frayer un chemin dans son esprit: son grand-père Joseph admettrait qu'elle ne devait plus retourner au couvent et qu'il était temps qu'il s'adjoigne une aide à son atelier. Victoire n'était-elle pas toute désignée pour travailler à ses côtés, elle qui, à peine âgée de quatre ans jouait à la cordonnière et qui n'avait cessé depuis de nourrir un intérêt grandissant pour ce métier?
De sa malle entrouverte, dégorgeant de vêtements à l'odeur d'encaustique, elle retira une liasse de papiers qu'elle déposa soigneusement sur sa paillasse avant d'aller ensevelir ce coffre sous une courtepointe aux couleurs délavées, dans un coin de sa chambre. Soulagée, elle revint s'asseoir sur son lit, replaçant sur ses jambes croisées devant elle, les dessins qu'elle avait retouchés dans les moindres détails et qui réallumaient en elle cette fureur de vivre que dix autres mois de pensionnat avais mis sous veilleuse. Le rideau frôlait sa joue et faisait voltiger ses cheveux, la grisant d'un bien-être qu'elle ne pouvait imaginer exister ailleurs que dans sa chambre de Yamachiche ou dans la cordonnerie de son grand-père Joseph. Celui qui, à coup sûr, se laisserait séduire par l'originalité de ses modèles. « Du jamais vu! » dirait-il, en les recevant. Soudainement envahie par une folle envie de se rendre à son atelier, elle allait se départir de sa robe de nuit et revêtir son costume des jours de fête quand le cri d'un charretier la précipita à la fenêtre. Une voiture bondée de caisses et d'objets divers s'engageait dans la montée de Madeleine Dufresne, leur voisine. Deux hommes se trouvaient à bord. À celui qui se tenait debout au milieu de la charrette, l'air gaillard et l'allure fière, Victoire n'aurait pas accordé plus de trente ans.
Qu'à si bonne heure, des visiteurs se présentent chez la veuve Dufresne et par surcroît ainsi équipés, sortait de l'ordinaire. Du nouveau se préparait chez leur voisine, jugea Victoire. Mais que Françoise, sa mère, ne lui en ait soufflé mot la veille au soir l'étonna. N'eût été le risque de perdre quelqu'élément intéressant de cette scène, Victoire serait descendue la rejoindre aussitôt dans la cuisine.

Au rez-de-chaussée, menue, toujours endimanchée, la tignasse coiffée en chignon, Françoise préparait le déjeûner. Rémi Du Sault, son mari, allait bientôt rentrer de la traite et il ne pouvait tolérer que son assiette ne le précède à la table. Aguerri par les rudes travaux de la ferme, le coeur emprisonné sous des dehors auxquels la tendresse seyait mal, Rémi n'éprouvait pas moins un amour profond pour les siens. Un amour qui se dérobait hélas, trop souvent derrière ses attitudes autoritaires, lui infligeant une blessure secrète qu'il comptait bien apaiser auprès de sa benjamine. Françoise comprenait sa douleur et la portait dans l'impuissance. Après plus de trente-cinq ans de vie commune, elle avait renoncé tant à traduire les sentiments de son homme qu'à exhorter ses enfants à les déceler derrière ses traits taillés à la serpe et ses irréfutables exigences.
Un troisième couvert, celui de Victoire, avait repris sa place à droite de Rémi, reformant le triangle Du Sault. Françoise le considéra avec bonheur. La présence de sa benjamine lui avait beaucoup manqué. Chacun de ses pas au-dessus de sa tête évoquait ses années à la fois si proches et si lontaines où elle avait multiplié les siens, du berceau à sa table de travail, heureuse qu'à quarante ans, une grossesse menée à terme lui ait fait cadeau d'une deuxième fille. Cette naissance était survenue deux semaines après le départ pour le couvent de Mathilde, son aînée. Des jours d'une profonde nostalgie avaient suivi ce vendredi saint particulièrement déchirant où Françoise avait embrassé sa grande fille avec le sentiment de le faire pour la dernière fois. La tentation de la supplier de ne pas partir avait rivé ses mains à l'embrasure de la porte où elle était demeurée, jusqu'à ce que la courbe la lui ait dérobée pour la conduire au noviciat des Dames de la Congrégation. Accablée par cette déchirure et par quarante semaines de grossesse, Françoise s'était laissée choir sur le lit de Mathilde, lasse d'essayer de comprendre. Réavivé par le départ de sa fille pour le couvent, le souvenir de l'été de ses seize ans revenait l'assaillir. La culpabilité qu'elle avait éprouvée suite aux agressions dont elle avait été victime lui avait à tel point ravi son innocence et sa quiétude qu'au printemps suivant, lorsqu'elle donna la vie à Mathilde, Françoise éprouva le cruel sentiment qu' un obscur destin marquerait l'existence de cette enfant. Et devant la mort prématurée de toutes les petites filles qu'elle mit au monde par la suite, il en fallut de peu pour qu'elle crut qu'un mauvais sort allait ainsi s'abattre sur tous ses enfants de sexe féminin. Hostile à toute pensée le moindrement teintée de superstition, Françoise n'avait cessé d'espérer en dépit des événements et d'une fertilité qui touchait à sa fin. Et pour cause, au printemps 1845, la sage-femme avait placé sur son coeur l'enfant tant attendue: « En voilà une qui ne manquera pas de caractère, madame Du Sault. Une gaillarde, celle-là! » Françoise exhultait: cette fois, il n'y avait pas de crainte pour la vie de son enfant.
Penchée sur le berceau de sa petite Victoire, elle s'était réjouie à l'idée que, de nouveau, elles seraient deux à tempérer de leur tendresse et de leur douceur, l'austérité de Rémi et la turbulence des trois garçons. Victoire n'avait d'ailleurs pas attendu ses quinze ans pour faire preuve d'un ascendant capable d'ébranler l'invincible Rémi Du Sault.
Des pas dans l'escalier arrière surprirent Françoise. Ses souvenirs l'avaient entraînée si loin qu'elle ne savait plus où elle en était dans la préparation du déjeuner.
_ On dirait bien que la veuve a trouvé son acheteur, commenta Rémi en pénétrant dans la cuisine. Son Georges-Noël vient d'arriver chez elle avec sa charrette...
Il n'était pas encore huit heures que des caisses s'entassaient déjà sur la galerie et que Madeleine Dufresne trottinait, soucieuse de ne pas faire attendre son fils.
_ Je me demande bien qui a les moyens d'acheter ça... au prix qu'elle demande, ajouta-t-il, en se savonnant les mains au-dessus du bassin d'eau claire que Françoise venait de lui préparer.
_ Tu penses qu'elle a vendu, toi? Il me semble que si c'était le cas, Madeleine m'en aurait soufflé un mot... Je serais plutôt portée à croire qu'elle a tout simplement décidé de faire du ménage.
_ Avoir su qu'elle aurait fini par la laisser aller, je l'aurais marchandée sa terre, ajouta Rémi, persuadé que ce branle-bas ne pouvait être occasionné que par un déménagement. Du bon bétail, de l'équipement en masse, puis une terre défrichée comme ça d'un bout à l'autre...
« On dirait qu'il ne se rend pas compte de son âge! » pensa Françoise, consciente qu'elle ne devait surtout pas alléguer ses soixante ans pour apaiser ses regrets.
_ Tu ne trouves pas, Rémi, que tu en fais assez de même? Tu trimes sans arrêt du matin au soir!
_ N'empêche que c'aurait été bon à prendre... Reste à voir si celui qui l'achète sera en mesure de la garder bien longtemps...
Rémi avait pris son déjeûner en silence. Françoise n'allait surtout pas le forcer au dialogue. Les sourcils froncés sur un regard perdu dans quelque rêve échoué, il hochait la tête en signe de protestation. Françoise pouvait sans peine deviner sa pensée. C'est à force d'acharnement et de travail constant que son mari avait fait de ses quarante arpents de broussailles et de sol argileux, une terre souple et productive; et l'idée de finir ses jours sur une terre généreuse et «belle à voir» le hantait. Il n'était de dimanches, où admirant les fermes alignées le long du rang de la Rivière-aux-Glaises, il ne s'en soit ouvert à sa femme. Il avait le sentiment que la vie lui devait cette gratification. Qu'il n'ait fait aucune allusion à Victoire qui piétinait là-haut en disait long sur la déception que lui causait l'éventuelle impossibilité de se porter acquéreur de la ferme des Dufresne.
Debout devant la fenêtre, il mordillait sa pipe, ne la retirant de sa bouche que pour informer sa femme des éléments nouveaux qui survenaient chez leur voisine. Les deux hommes, dont Georges-Noël, le fils aîné de Madeleine Dufresne, commençaient à empiler dans la charrette, les caisses que sa mère avait sorties sur la galerie.
_ Qu'est-ce que je te disais, Françoise? Viens voir.
_ T'as peut-être raison...

A l'instar de son père, le nez collé à la fenêtre de sa chambre, Victoire suivait la scène avec un intérêt accru. Elle ne pouvait quitter des yeux l'homme qui, les bras chargés, déambulait de la galerie à la voiture avec une aisance telle qu'elle pouvait deviner l'imposante musculature qu'il cachait sous sa chemise de drap fin. Jamais encore elle n'avait vu un homme qui sache marier si naturellement élégance et robutesse. Sa démarche lui rappelait, non sans l'émouvoir, la grâce d'un danseur. Elle l'imaginait déjà la soulevant de terre dans une farandole endiablée. Et c'est alors que le voeu qu'elle avait formulé à l'occasion de ses quinze ans lui apparût plus désirable que jamais: l'été ne passerait pas sans qu'elle ait arraché à son père la permission de danser. « Mademoiselle, me feriez-vous l'honneur de la prochaine valse? » lui semblait-elle entendre, abandonnée aux fantaisies de son imagination. Les censures de son éducation revenaient prendre d'assaut une conscience sur le point de s'égarer dans d'indécentes rêveries lorsqu'elle aperçut le visiteur sauter dans la voiture où le charretier l'attendait déjà. Le retenir, trouver prétexte de le retarder, mais comment? Françoise et Rémi, empruntant le sentier qui jalonnait les deux terres voisines, allaient le faire pour elle. Quelle chance! se dit-elle. Empressée de les rejoindre, quelque chose cependant la retint au moment de franchir le seuil de sa chambre.

Extrait 2 :

Déchirée entre l'insatiable besoin de sa présence et les principes qui lui interdisaient non seulement de la provoquer mais encore de la désirer, Victoire regretta d'être sortie de l'enfance. Comment avait-elle pu se sentir si pressée de le faire alors qu'elle n'y avait connu que des bonheurs simples et des affections sans tourments? Si tels étaient les prémices de l'amour, elle comprenait que sa soeur aînée s'en soit détournée en optant pour la vie religieuse. Non pas qu'elle fût tentée de suivre son exemple, mais elle s'élevait contre tout ce qu'elle avait lu et entendu sur cet euphorisant mensonger. A peine se pardonnait-elle d'avoir souhaité en connaître les ardeurs jusqu'à l'ivresse. D'avoir rêvé d'être consumée par cette magie qui, croyait-elle, transforme les jours de pluie en des heures d'enchantement dont la douce musique apaise et invite à l'intimité. Un pinson vint picorer à ses pieds, relevant la tête vers elle après chacune de ses cueillettes. Victoire se laissa prendre à son jeu, fascinée par ce petit être au plumage bleu verdâtre, de noir et de roux découpé, qui savait prendre le temps, doser ses gestes et chanter sa vie. Ne l'avait-elle pas su elle aussi? Avant... Avant que la convoitise ne s'infiltra dans ses pensées? Fut-il encore possible de l'en extirper qu'aucun manuel scolaire, qu'aucune page de journal ne lui en avait enseigné la méthode. Georges-Noël avait promis de lui montrer à dompter une jument trop rebelle, mais elle devait apprendre seule à mater cette pulsion sauvage qui faisait fi de toute limite, comme si elle n'eût point trouvé son maître. Sitôt née, la volonté d'y parvenir se heurtait violemment à la douleur qu'elle pouvait imaginer de s'interdire sa présence, de fuir ses regards.Dans sa quête d'un moyen de le faire en douce, Victoire se butait ou à des avenues semées d'obstacles ou à des procédés aussi indignes et injustifiables que le ressentiment clairement manifesté. Les recommandations de grand-père Joseph revinrent à sa mémoire, l'incitant à « ne pas s'acharner à trouver une solution qui vient souvent d'elle-même quand on sait compter sur le temps ».
Embrassant d'un regard attendri le paysage auquel elle allait tourner le dos, elle entendit la clochette de l'aiguiseur- itinérant retentir sur le chemin de la Rivière-aux-Glaises. Rémi l'avait sans doute invité à venir aiguiser les outils une dernière fois avant l'hiver puisqu'il s'engageait dans l'allée, filant jusqu'à la remise.
A quelques mètres de la maison, Victoire trouvait l'idée-miracle, le moyen par excellence, crut-elle, de se distraire de Georges-Noël tout en moussant sa vente de chaussures. Elle attendit le départ de l'aiguiseur pour aller, auprès de son père, réclamer ce qui allait lui permettre de passer à l'action:
- Avez-vous réparé la calèche de grand-père?
- Non, pas encore, répondit Rémi, d'humeur plutôt heureuse. Mais tant qu'on n'en n'aura pas besoin, y a pas de presse à la réparer, poursuivit-il, se doutant bien que, venant de Victoire, cette question ne pouvait être gratuite.

- Je prévois justement en avoir besoin avant longtemps.

Rémi déposa ses outils sur l'établi, s'y adossa, tout disposé à l'écouter. Une attitude aussi bienveillante incita Victoire à dévoiler, sans détour, ses intentions de faire la tournée des rangs avant l'hiver.
Faute de ne pouvoir acheminer vers Trois-Rivières une production qu'elle s'était efforcée de doubler au cours de l'été, elle la vendrait par elle-même, à sa guise et avec son propre attelage.
Devant la mine soudain renfrognée de Rémi, Victoire avait allégué:
- Après tout, c'est à moi qu'il a donné cette calèche.
- Tu as l'air d'oublier qu'on a besoin de nos deux chevaux, ici. Les récoltes sont à peine commencées.
- Je vais avoir le mien.
Rémi n'avait rien voulu entendre des propos de Victoire lui jurant que Georges-Noël lui réservait un cheval et qu'il s'était engagé à le lui rendre docile. Il était hors de question que Victoire s'aventura seule sur les routes, encore moins avec un cheval qu'elle ne connaissait pas.
- Laisse-moi finir les récoltes, puis je vais y aller te conduire, moi. Ça va rien que m'aider à passer l'hiver.
- Puis, l'été prochain? osa Victoire, hostile à l'idée de se résigner à ce que quelqu'un vienne une fois de plus s'opposer à ses plans.
- On y verra dans le temps comme dans le temps, avait répondu Rémi.
Victoire n'exigeait pas plus que cette ouverture pour reprendre espoir et obtenir de Georges-Noël qu'il lui réservât sa jument pour le printemps.

p. 163-164

Critique :

Nuit blanche

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