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Description :
Ce livre expose plus de cinquante lettres canularesques expédiées à autant de personnages et - étonnamment - leurs réponses officielles et solennelles, souvent pompeuses. À vous faire marrer!Vous êtes la directrice du marketing d'un grand hôtel. Vous recevez une lettre d'un client «hautement satisfait» et vous lisez: «J'ai une fixation, voire une obsession de votre hôtel. À chaque fois que je le vois, je revis ma première relation sexuelle. Je revois ces gens rire autour de moi, avec leurs fouets, leurs masques de cuir, la crème fouettée partout dans la chambre.» Que répondez-vous?
Vous êtes le vice-président aux communications d'un prestigieux club de hockey à Montréal. Vous lisez la lettre d'un fan qui suggère comment rendre notre sport national plus excitant en y ajoutant des joueuses et un spectateur genre joueur d'un soir: "Recevoir un slap shot de 85 miles à l'heure en plein front, voilà ce que j'appelle en avoir pour son argent.» Quoi répondre?
Vous êtes le dirigeant d'une importante compagnie de croustilles. Votre correspondant adore votre produit sauf qu'il soupçonne que vos chips sont responsables de l'acné des ses adolescents. Votre réponse?
Si vous répondez sérieusement à de telles missives signées Martin H. Landry, vous vous faites piéger! Et vous ne serez pas la première de ses proies de blagues, de plaisanteries! Les victimes du personnage fictif créé par l'auteur sont habituellement des autorités politiques, des hauts fonctionnaires et des dirigeants de grosses compagnies.
Martin H. Landry est un personnage extrêmement bizarre. Les réponses à ses lettres le sont davantage!
«Martin «canular» Canuel aime écrire. Il a une jolie plume. Il a surtout beaucoup d'imagination. Ça se bouscule à la sortie. Il a inventé un genre littéraire original qu'on pourrait appeler le courrier canular, la lettre farce ou la blague épistolaire.»Louis-Guy Lemieux, Le Soleil, dimanche 8 mars 1998
Quatrième de couverture
Préface Avoir le choix entre posséder le sens de l'humour ou être intelligent, je choisirais la première qualité. L'un n'empêche pas l'autre, de toute façon. Il le complèterait plutôt.
Avoir le choix entre le sens de l'humour et la santé, je choisirais, sans hésiter, la première façon de vivre. La pratique quotidienne de l'humour aide à vivre. Elle fait les centenaires. Quand elle ne les fait mourir prématurément. Mourir de rire, quelle belle mort!
Avoir le choix entre le sens de l'humour et la richesse, je choisirais encore et toujours l'humour. Le fait de me ruiner chaque semaine avec la Loto est une forme d'humour noir.
Martin Canuel a compris tout cela tout naturellement. Son livre, Les lettres d'un timbré, est l'oeuvre d'un homme à l'intelligence élastique, dangeureusement en santé et sur le point de toucher des droits d'auteur en or massif. À moins que ce ne soit l'ouvrage d'un vrai timbré. Ce qui n'enlèverait rien au plaisir de la chose.
Martin Canuel aime écrire. Il est servi par une jolie plume. Il a surtout beaucoup d'imagination. Ça se bouscule à la sortie. Il a inventé un genre littéraire original que j'appellerais le courrier-canular.
Martin «canular» Canuel a écrit, signé et posté, en quelques mois, une cinquantaine de lettres délirantes, et reçu autant de réponses toutes plus tordantes de sérieux les unes que les autres.
C'est le mélange des lettres piégées et des réponses-clichés qui fait toute la drôlerie de l'exercice.
L'auteur s'est inventé un personnage de faux naïf, de cocu conscient. Il s'est imaginé une faune familiale qu'il présente à ses correspondants impuissants: sa femme obèse et déviée sexuelle; ses deux adolescents boutonneux; ses chats, ses rats et toute une ménagerie de bibittes.
Le courrier pas comme les autres de Martin Canuel est une forme littéraire à part entière. Cet auteur pas comme les autres emprunte au roman et au théâtre. Le roman de l'actualité et le théâtre de la vie quotidienne. Son comique touche au tragique. L'auteur marche sur un fil. Il écrit sans filet.
À lire tout nu, assis sur le trône de la condition humaine.
Louis-Guy Lemieux, journaliste au quotidien LE SOLEIL
Extraits :
Québec, le 20 janvier 19971re lettre :
Hostess Frito-Lay
Service à la clientèle
Boîte postale 40
Cambridge (Ontario) N1R 5S9
Bonjour à vous, mes chers fabricants de chips. Il me fait plaisir de vous envoyer cette lettre pour vous remercier et aussi pour vous poser quelques questions. Tout d'abord, je vous remercie pour vos fameuses chips Ruffles «crème sûre et oignons». J'en mange au moins trois sacs par jour, ce qui me permet d'avoir la quantité requise de produits laitiers et de légumes à chaque jour grâce à la crème sûre et aux oignons de vos chips. De plus, vos pommes de terre elles-mêmes font un excellent féculent. Il va sans dire qu'un gros bol de vos chips constitue un repas complet et ceux qui disent le contraire sont de parfaits imbéciles qui méritent la castration.
Ceci dit, j'ai maintenant des questions à vous poser. J'ai pris quelques minutes de mon temps précieux durant une émission plate à la télévision pour lire l'information nutritionnelle que vous inscrivez à l'endos de vos sacs de chips. Moi qui porte une attention particulière à mon alimentation, j'ai suivi des cours de nutrition , cela m'a intéressé au plus haut point et m'a amené les questions suivantes :
- Quel est le rôle exact de l'acétate de sodium? Est-ce pour garder vos chips fraîches 6 mois même à la température de la pièce?
- Trouvez-vous que 0% de l'apport quotidien recommandé en vitamine A qu'apportent vos chips est suffisant?
- 10 grammes de matières grasses sur une portion de 28 grammes, vous ne trouvez pas que c'est beaucoup?
- Quand je vois tous les acides que contiennent vos chips (lactique, citrique et acétique), y a-t-il un danger à long terme de manger vos chips à main nue?
Pour teminer, j'aimerais aussi savoir si c'est possible de visiter l'endroit où vous faites vos chips. J'aimerais beaucoup discuter avec vos cuisiniers et voir leurs façons de travailler. Je planifie présentement les prochaines vacances familiales et on aimerait beaucoup voir vos cuisines. Après tout, c'est de chez vous que partent les boutons d'acné de mes deux adolescents! Je vous remercie de l'attention que vous porterez à cette lettre.
Trois sacs de Ruffles par jour éloignent le docteur pour toujours, Martin H. Landry
1685, avenue Mailloux app. 5
Québec (Québec) G1J 4Z2
Réponse à la 1 ière lettre :
Le 29 janvier 1997Monsieur Martin Landry
1685 Avenue Mailloux #5
Québec, QC G1J 4Z2Monsieur :
Nous vous remercions vivement d'avoir pris le temps de nous écrire vos compliments au sujet des croustilles Ruffles «crème sûre et oignons». Ici, à Hostess Frito-Lay nous nous appliquons tous à garder nos croustilles les meilleures possible, de la plus haute qualité, et les mieux aimées au monde. Nous sommes tous très heureux de savoir que notre travail assidu et nos standards élevés sont reconnus et appréciés par ceux dont l'opinion nous est de la plus grande importance.
Le rôle de l'acétate de sodium est pour intensifier la saveur et non pour garder les croustilles fraîches. Nous n'ajoutons aucune vitamines dans nos produits. Celles présentent proviennent naturellement du produit. Les acides lactique, citrique et acétique sont des ingrédients naturels. Ces ingrédients sont présent dans les légumes, les fruits et les produits laitiers.
Encore merci de nous avoir écris, c'est toujours un plaisir d'avoir des nouvelles de nos fidèles clients d'Hostess Frito-Lay.
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments bien dévoués.
HOSTESS FRITO-LAY
Centre ConsommateursP.J. : 3 Coupons pour un sac de 150 g à 400
2e lettre :
Bonjour à vous, M. Péladeau. Je vous remercie de prendre le temps de lire cette lettre malgré votre horaire si chargé. Sans perdre de temps, voici la raison de cette lettre.
Vous qui êtes un homme d'affaires accompli, qui avez réussi à monter un véritable empire financier et industriel en partant de peu, je me suis dit : «Voilà la personne qui peut m'aider!». J'ai moi aussi des idées et des projets à accomplir, comme vous à mon âge. Ce qui me manque, c'est une personne qui pourrait être à mes côtés, une personne qui me conseillerait dans mes projets et me motiverait à les mener à terme. Je sais que vous êtes très occupé, mais dans vos temps libres, vous pourriez réviser mes plans d'affaires, me conseiller, venir avec moi à la banque pour fermer la gueule du gérant qui a refusé mon prêt, négocier avec mes fournisseurs, etc.
Imaginez un peu la tête des gens lorsqu'ils verront que M. Pierre Péladeau lui-même est impliqué avec moi dans mes projets. Je vois déjà mon minable gérant de banque, qui m'a dit non la semaine dernière, vous voir arriver à bord de votre hélicoptère dans le stationnement de la banque. Une fois sorti de l'hélico, je vous accompagnerais jusqu'à son bureau pour finalement me faire lécher les pieds cinq minutes plus tard par ce même gérant, tout en vous écoutant lui lancer des bêtises par la tête. Ah, j'en bave déjà.
J'espère, cher M. Péladeau, que vous allez répondre à ma lettre. Soyez assuré par contre que je comprendrais un refus de votre part, dû au manque de temps à consacrer à ma cause. Dans ce cas, un léger montant d'argent de votre part pourrait très bien m'aider tout autant. Ce montant m'aiderait à financer mes projets. Si vous refusez de me donner de l'argent, j'aimerais savoir si un endossement personnel de votre part pour un prêt serait possible. M. Péladeau, je termine cette lettre en vous remerciant de m'avoir consacré du temps et en espérant ne pas vous avoir offusqué en vous demandant toutes ces faveurs.
Merci encore!
J'espère que vous avez plus de coeur que de menton, Martin H. Landry
1685, avenue Mailloux app. 5
Québec (Québec) G1J 4Z2
Réponse à la 2 ième lettre :
Montréal, le 25 mars 1997
Monsieur Martin H. Landry
1685, ave Mailloux app. 5
G1J 4Z2
Monsieur,Nous avons bien reçu votre lettre du 3 mars par laquelle vous sollicitez notre soutien financier afin de vous aider à réaliser vos projets.
Malheureusement, nous avons le regret de vous informer que nous ne pourrons donner suite à votre demande. Nous recevons un nombre considérable de requêtes et comme nous ne pouvons accéder à chacune d'elles, Quebecor a choisi d'accorder son soutien à des organismes plutôt qu'à des particuliers afin de venir en aide au plus grand nombre possible de personnes.
M. Pierre Péladeau vous recommande cependant d'être accompagnée d'un comptable lorsque vous rencontrerez un gérant de banque ou de caisse. Il est aussi d'avis, qu'il est souvent nécessaire d'en voir plusieurs avant de trouver celui qui sera sensible à votre projet.
Nous vous encourageons à persévérer dans vos efforts et vous souhaitons bonne chance dans l'atteinte de vos objectifs.
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.
Bernard Bujold
Adjoint au présidentBB/mb
3e lettre :
Québec, le 7 mars 1997Hôtel Loews Le Concorde
Mme Renée Gosselin
1225, Place Montcalm
Québec (Québec) G1R 4W6Chère madame Gosselin,
Plus de six semaines après avoir écrit au service des relations publiques de votre hôtel, j'attends encore une réponse. Incroyable! Je ne peux croire que personne n'a eu le temps de me lire et de me répondre en six semaines. Quand même! Après avoir réalisé que ma lettre se soit peut-être perdue à travers les différents services de votre hôtel, c'est à vous personnellement que j'envoie cette lettre. J'y joins aussi la première, celle du 21 janvier, au cas où vous ne l'auriez jamais reçue. Comme vous êtes la directrice des ventes, je crois que vous êtes la personne qui me répondrez.
Bien que le contenu de ma première lettre peut sembler drôle, je tiens à vous rassurer que les faits rapportés sont authentiques. Ainsi que les différents malaises qui m'affectent encore aujourd'hui. J'aimerais vraiment que vous me répondiez, ne serait-ce qu'un simple accusé de réception. Je ne demande aucun rabais de chambre. Je veux seulement savoir que je pourrais aller dans votre hôtel incognito, sans être harcelé par les trois employés de votre hôtel qui ont déjà abusé de ma naïveté et de mon innocence. Je crains fort que ces trois personnes aux moeurs douteuses aient profité de mes facultés affaiblies par l'alcool pour prendre des photos de moi dans des poses que je n'ose m'imaginer. Je crains justement que des photos de moi puissent être affichées à la cafétéria des employés, juste pour les faire rire. Ou pire encore, ces photos pourraient circuler sur Intenet, permettant ainsi au monde entier de voir votre hôtel sous différents angles. Vous pourriez justement me rassurer en me disant que de telles photos ne sont pas affichées à la cafétéria de votre hôtel.
Bien que j'y ai pris plaisir à ce moment-là, soyez assurée madame, que je ne répéterai plus jamais pareille orgie. Vous pouvez me faire confiance, je suis maintenant une personne assagie. Je vous remercie de votre attention et j'espère recevoir une réponse de votre part ainsi que des informations sur votre hôtle.
Puis-je coucher à votre hôtel sans être reconnu? Martin H. Landry
1685, avenue Mailloux app. 5
Québec (Québec) G1J 4Z2
Réponse à la 3 ième lettre :
Le 12 mars 1997
Monsieur Martin H. Landry
1685, ave Mailloux app. 5
G1J 4Z2
Monsieur Landry,En réponse à vos deux lettres, c'est avec plaisir que je vous fais parvenir l'information requise sur notre hôtel.
Vous trouverez ci-joint la brochure de nos forfaits hiver/printemps 1997. J'espère sincèrement que vous y trouverez une option qui vous plaise et vous permettre de donner une nouvelle image à vos souvenirs du Loews Le Concord.
Cordialement,
Renée Goselin
Directrice des ventes et du marketing
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Références sur Martin Canuel