CE QUI NOUS TIENT (tome 1)

Leméac, 1988 .

Prix littéraire de la Ville de Trois-Rivières, 1989 (Canada) et finaliste Bourse Goncourt de la nouvelle 1989 (France).

Recueil composé de 12 nouvelles qui sont 12 petites histoires regroupées sous le thème de l'entêtement, l'obstination de ce qui nous tient à coeur. Ces nouvelles se déploient en trois mouvements obstinés: - la résistance - l'insistance - la persistance.

«...comme dans son oeuvre antérieure, l'écrivain se distingue par l'élégance de son style, par un perfectionnisme du vocabulaire, qui se voit parfois dans des jeux de mots, et dans une prédilection pour des termes riches et rares.»
Stephen Smith, Bulletin de la société des professeurs de français et francophones d'Amérique, 87-88, New-York, p.296-297

Jean-Éthier Blais dans Le Devoir du 28 mai 1988 écrit: «Ce qui nous tient amène le lecteur à se répéter toutes ces questions auxquelles nous ne trouvons de réponse qu'après la mort, s'il y a un au-delà....Ce qui nous tient c'est la solitude, le pont qui mène de nous à nous....Le livre est conçu comme une fausse sonate, dont les trois mouvements seraient marqués: ostinato. C'est le principe de la continuité, de la répétition dans une sorte de vide qui pourrait n'avoir jamais de fin. Les nouvelles de Gaëtan Brulotte sèment la peur par leur ingéniosité naturelle d'imagination. Ces tragédies peuvent arriver. Le rêve est-il fiction ou est-ce la vie qui devient rêve? Ce qui nous tient amène le lecteur à se répéter toutes ces questions. La portée humaine de Ce qui nout tient, avec ses prolongements dans les possibilités du rêve, m'a intéressé.» p. D-8

«Dans Ce qui nous tient, Gaëtan Brulotte a voulu non seulement lier les différentes composantes du recueil, mais également établir des rapports entre cet ouvrage et ses précédentes oeuvres (notamment L'Emprise et Le Surveillant). Il s'agit donc d'un texte important et par sa qualité intrinsèque, et parce qu'il marque une volonté de l'auteur de créer une oeuvre dans laquelle chaque ouvrage fait partie d'une vaste composition....Il faut admirer son style limpide, précis, varié, contrôlé. Il est capable d'aller de la sécheresse d'un document juridique au lyrisme sensuel d'un poème en prose. Il utilise relativement peu fréquemment le dialogue, remplacé par une technique d'écriture énergisante; et pourtant quel hilarant morceau de comédie que les répliques entre Clip et Holly dans Plagiaire, la plus rebondissante des nouvelles du recueil.»
Gérard Montbertrand, Collège of Charleston, dans Revue francophone de Louisiane, USA, hiver/winter, 1989-90, p. 100-101.

Extrait:

(...) «Bébert et Lilli! Arrêtez immédiatement!Vous m'entendez? Bébert! Viens ici! Laisse ta petite soeur tranquille! Viens par ici!»
Elle le frappa.
«Tu vas cesser de pleurer?»
Elle le frappa encore.
«Je t'ai dit de te taire!»
Elle le frappa à nouveau.
«Avale tes larmes et va faire un château de sable! Ne suce pas ton pouce comme ça! Tu n'es plus un bébé! Et ne tire pas la langue! Clip! Occupe-toi de ton fils, veux-tu! Il fait des bêtises comme d'habitude. Ne pleure plus Bébert. Papa va construire un beau château avec toi. Embrasse-moi maintenant mon chéri. Dis: «Maman, je t'aime!». C'est ça. Bien ! Embrasse-moi encore. Bon! Prends ta pelle et va jouer avec ton père. Lili! Va rejoindre ton frère!»
Bébert, Lili et Clip se lancèrent avec passion dans l'édification d'un fort de sable.
«Clip! hurla Holly, en alertant toute la plage, dis à Bébert de prendre sa pelle avec sa main droite, sinon cet enfant va devenir gaucher!» p. 134-135

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