« Les finissants, diplômés du cinquième secondaire, présentent des lacunes en écriture et en lecture, des lacunes telles qu'il faut procéder à des examens d'entrée, au collégial comme à l'université. Ces épreuves départagent les élèves aptes des élèves inaptes, qui doivent enfin apprendre leur grammaire et les bases de l'écriture dans les cours dits de «mise à niveau», subventionnés par le MEQ. En dépit de mesures de rattrapage ou de cours d'appoint très coûteux - le coût de ces opérations est de 30 millions · -, en ces temps de récession où le calibrage des budgets est règle d'or, la pauvreté culturelle et littéraire persiste dans les écoles primaires et secondaires. Le MEQ ne semble pas vouloir se départir de ses abstractions et autres schémas avec lesquels on enseigne que la langue est un code. Les principaux effets de cette transformation pour le moins réductrice sont le nivellement de la parole et de l'écrit
Quand la langue devient code, elle est dépouillée de ce qui en faisait un espace de liberté, de culture et de pensée, soit de sa tradition littéraire porteuse d'imaginaire. Alors apparait une langue vide où il n'y a plus d'individu, plus de sujet. Il n'y a plus qu'un «nous» artificiel, celui d'une collectivité que seul relie un système de communication. Une conformité à laquelle la Jeunesse actuelle résiste de plus en plus [le taux de décrochage scolaire au secondaire en est ici une preuve éloquente, soit près de 40%]. Conformité que l'UNEQ dénonce aujourd'hui avec vigueur. Non, l'Uneq n'accepte pas que le MEQ fasse de ces Jeunes un autre «peuple sans histoire et sans littérature». Rendez-leur les livres et la littérature! Oui, rendez à la jeunesse la liberté d'imaginer. »