L'ABSENTE
(présenté par Bergeron K., Centre St-Michel de Sherbrooke)
Publié aux Éditions Triptyque, 1993.

 

Description :

L'absente, c'est l'histoire d'une jeune fille qui cherche à régler ses conflits familiaux à travers ses propres choix et ses angoisses. Ève-Line ne résoudra pas toute l'énigme des rapports familiaux. Elle tentera, au chevet de sa grand-mère d'élucider le mystère que représente sa mère qui l'a abandonnée. Puis elle se rendra auprès de cette mère fugueuse pour tenter de régler ses comptes avec elle, mais celle-ci ne saura répondre à ses accusations.

Critique :

J'aime ce roman parce qu'Ève-Line vit des angoisses d'aujourd'hui et démontre beaucoup de courage à vouloir régler ses conflits pour reprendre son identité. Et comme dans la vraie vie, la quête n'aura pas nécessairement les résultats attendus. Le rapport des femmes dans ce roman est à la fois tendre, soutenant et froid. Toutes les femmes ne sont pas destinées à être mère et à donner leur vie à leur famille.


Dans ce roman, la narratrice, Ève-Line âgée de vingt ans, se demande si elle doit se faire avorter en observant le destin des femmes qui l'ont précédée. Sa mère d'abord, pour qui elle éprouve un sentiment d'amour-haine parce qu'elle l'a abandonnée lors de son divorce et est partie s'installer en Californie, tentant de régler ses comptes avec sa propre mère, à travers une thérapie rebirth. C'est au chevet de sa grand-mère Alicia, mourante, qu'Ève-Line cherche à comprendre le destin commun qui semble planer sur la lignée de femmes de sa famille et le mystère qui la hante.

Pierrette Roy dans La Tribune dira : « Ève-Line se livre corps et âme dans cet élan qui la pousse vers sa mère, un être plus souvent qu'autrement absent, et sa longue plainte qui ressemble à un cri de haine s'avère finalement un puissant chant d'amour. » La Tribune, samedi 8 janvier 1994.

Pour sa part Danielle Trudel dans Québec français note : « Au fil des pages où s'étale l'insoutenable douleur de la naissance engendrée par la mort, le lecteur découvre une écriture contemporaine (...). » Québec français, no 93 , printemps 1994.

Voici deux extraits du roman :

« Mais la lignée de femmes qui m'ont précédée me cernait, leur poids m'oppressait. Mon sang charriait à rebours l'odeur de leur histoire. Ce que j'aurais donné afin que le geste que je venais de commettre les efface de ma vie, à commencer par Danielle ma mère! La lumière de cet après-midi a plutôt sonné le glas de mes illusions. Danielle m'a nommée Ève-Line, prénom inspiré de mon arrière-grand-mère Éva. J'aurais préféré m'appeler Aline et ainsi me rapprocher de la douceur d'Alicia ma grand-mère. Pour l'inspiration, ma mère n'a jamais été douée! Mes amis m'appellent Linus et c'est bien fait pour moi qui ressemble si souvent à une vraie tête de linotte. Ne restent plus que les Évie de grand-maman pour noyer mes yeux... Alors, ma blanche Alicia, tu ferais mieux de te tenir proche car ce soir, c'est la débâcle...»
( page 14 )

« Soudainement, le présent a balayé le passé. Vain dialogue avec ma grand-mère envolée, reste l'omniprésence de ma mère, terrée en un pays bleu sans augure, pas d'avenir pour l'immaculée de la neige. Dans le crépuscule artificiel de mon appartement, je tourne plus que jamais comme une lionne en cage. Sacrée Nancy, elle a de ces prédictions... Elle me trouve inquiétante, si changée. C'est la faute à la mort, c'est la faute au chômage, c'est la faute à ma mère si je ne vire pas tout au party, si les rires m'agressent tout autant que la lumière. Elle ne me dit pas remue-toi, je te reconnais pas. Elle a confiance en moi et me questionne en douce, toi, te reconnais-tu? Elle sait bien que je ne fais pas du sur-place, qu'un futur immédiat couve dans ces cartes et atlas étendus un peu partout. Quel désordre! » (page 83)

Articles parus dans différents journaux ou revues à propos de ce roman :

 
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