Récemment divorcée, Maureen se sent menacée par un homme qui la suit partout. Où qu'elle aille, il est là. Est-ce une coïncidence, le produit de son imagination ou la réalité?Un jour, en quittant son appartement, elle fait face à un loup menaçant. Ses amis, inquiets par de telles aberrations, nient tout et songent à la faire soigner.
Le saccage de son appartement et la mort d'un homme étrange rencontré par hasard, est-ce toujours une coïncidence? Le mystère continue.
Anéantie, elle se bat seule car personne ne la croit. Un jour le vent tourne, elle disparaît. Est-il trop tard pour la prendre au sérieux?
Où est la clé de cette énigme?
.Une bûche à demi dévorée par les flammes se déplace légèrement à l'intérieur du foyer, provoquant ainsi la levée d'une multitude d'étincelles aux couleurs orangées. Comme des papillons grisés de liberté, ces flammèches flamboyantes voltigent dans tous les sens avant de retomber dans la braise, leur courte vie déjà consumée.
Frank prend Maureen dans ses bras, elle appuie sa tête sur son épaule. Elle sanglote comme un enfant, ses larmes n'en finissent plus de couler. Il caresse ses cheveux, lui parle tout doucement. Il voudrait tant la rassurer, la consoler, la rendre heureuse. Elle est si belle, si vulnérable. Il n'a pas cessé de penser à elle depuis leur première rencontre dans le bois. Il sait qu'il en est tombé amoureux, jamais il n'avait vu une femme aussi ravissante, aussi gentille, aussi fragile. Il est seul depuis si longtemps, maintenant qu'il a enfin trouvé la femme de ses rêves, il est décidé à la protéger, à prendre soin d'elle, à la défendre contre le monde entier s'il le faut.
- Maureen, tu n'as plus à t'inquiéter. Ici, avec moi, tu n'as plus rien à craindre, calme-toi. J'aimerais que tu me racontes toi-même tout ce qui t'est arrivé.
- Si je te raconte mon histoire, tu vas faire comme les autres, tu vas me croire malade. Je ne veux pas que tu me prennes en pitié, je ne pourrais pas le supporter. Je veux ton amitié, pas ta compassion.
- Maureen, ce n'est pas la version de Kathy que je veux entendre, c'est la tienne. Fais-moi confiance
.Frank se retourne d'un bond et se retrouve face à face avec un type qui correspond à la description que Maureen lui avait faite de l'homme au loup. Grand, cheveux bruns, visage dur, yeux cruels et froids. Il est accompagné d'un chien berger allemand qui semble très féroce. Frank, sur la défensive, ne quitte pas ce gaillard des yeux et surveille ses moindres mouvements, les poings serrés.
- Qu'est-ce que vous faites chez moi? demande l'inconnu.
Les deux hommes se dévisagent. Une antipathie réciproque se fait sentir. La tension monte. Les regards se croisent et se défient.
- Où sont les Dupont?
Frank s'exprime d'un ton ferme et sans équivoque. Sa visite n'en est pas une de courtoisie, et il veut que son interlocuteur le sache.
- Ils sont chez eux, en ville, répond l'étranger avec arrogance.
Frank en a vu d'autres. Ce duel verbal ne l'impressionne pas du tout.
- Si les Dupont sont absents, qu'est-ce que vous faites dans leur chalet? riposte-t-il aussitôt.
- Je suis leur neveu, déclare le type. Et vous, qui êtes-vous?
- Je suis le propriétaire du premier chalet que vous avez vu en venant ici.
Le visage de l'homme s'adoucit un peu. Les muscles de son visage semblent se décontracter légèrement. Un soulèvement de la lèvre supérieure, qu'à la rigueur on pourrait prendre pour un sourire, accompagne ce changement de physionomie.
- Je vois que le chalet des vieux est bien protégé, se moque le nouveau venu. Ne venez plus ici sans avertir, le chien peut être dangereux, il n'aime pas la compagnie et moi non plus
Le temps passe, toujours rien.Philippe et ses amis reviennent les uns après les autres. Frank revient le dernier, aucune trace de Maureen.
- Et la vieille Caron. Quelqu'un est allé voir chez elle?
Cette phrase lancée du fond de la cuisine rompt momentanément le silence qui régnait dans la pièce. Tous les regards se tournent vers l'auteur de cette boutade. Il s'agit d'un homme dans la cinquantaine dont le vieux chapeau cache à peine un début de calvitie, et dont le manteau ne peut contenir une grosse bedaine mise en évidence par des bretelles un peu sales. Apparemment très fier de son idée, il replace avec satisfaction une vieille pipe dans sa bouche édentée.
Philippe regarde ses amis les uns après les autres. Tous font non de la tête. Personne n'y est allé et pour cause.
Frank bondit de sa chaise, il ne sait pas qui est cette vieille dame qui terrorise ainsi les voisins de son ami, mais il est prêt à l'affronter. Si c'est le seul endroit où ils n'ont pas vérifié, alors c'est que Maureen est là.
- Qui est cette vieille Caron? demande-t-il. Pourquoi personne n'ose s'y aventurer? Je vais m'y rendre moi, dites-moi seulement où elle se trouve.
- Frank, calme-toi. Je suis certain que Maureen n'est pas là, affirme Philippe.
Frank s'impatiente.
- Philippe, dit-il en le regardant de travers, c'est le seul endroit où nous ne sommes pas allés, Maureen est sûrement là.
- Impossible! répond Philippe.
- Pourquoi? s'entête Frank..
Tout le monde se tait. Personne n'ose parler. On dirait que le sujet est tabou.
Un jeune homme plutôt corpulent, boutonneux et à la propreté douteuse, renifle bruyamment. Tous les regards se tournent vers lui au moment même où il s'essuyait le nez avec la manche de son gilet. Intimidé, il rougit légèrement.
Ce petit incident passe vite à l'oubli, car présentement, Frank, Mike et Philippe sont le centre d'intérêt de cette réunion.
Le grincement d'une chaise berçante devient presque intolérable à supporter, on n'entend plus que lui.
Frank attend toujours sa réponse. Il veut savoir pourquoi Philippe est convaincu que Maureen n'est pas chez la Caron.
- La Caron est une vieille folle, dit finalement Philippe. Elle vit seule dans une ferme délabrée au bout du rang. Sa terre est clôturée tout le tour par des barbelés. Imagine-toi, elle élève des loups. C'est une famille de cinglés.
- Si sa terre est au bout du rang, comment se fait-il que je ne l'aie pas vue? s'obstine Frank.
- Elle est légèrement en retrait, nous ne pouvons pas la voir de la rue.
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