"J'ai gravi une montagne, du pied jusqu'au sommet, et d'une façon pour le moins inattendue et dans un état physique souvent déplorable. Même si cette histoire d'escalade semble parfois sortir des sentiers de la raison, même si le sang qui coule dans mes veines aujourd'hui est encore intoxiqué, je pense que mon récit, lui, est plein d'espoir, plein d'amour et surtout j'espère, qui donne le goût de vivre. Une drôle d'escalade, en fait, sans beaucoup de bon sens et Sans bon sang, mais qui m'a permis d'atteindre un sommet."
Critique de Jacques Pronovost,
Le Nouvelliste, Trois-Rivières,
l7 novembre l98l:
"...son premier but demeure de témoigner de la beauté de la vie, de cette grande découverte qu'il a faite à la suite de cette grave maladie qui faillit l'emporter. Il s'adresse surtout aux gens qui n'ont jamais été confrontés à un tel mur, pour qu'ils s'apercoivent de la beauté de la vie qu'ils laissent passer...."
"Je vis davantage au jour le jour, j'ai moins peur de vieillir et de mourir aussi. Mes grands projets d'avenir et les rêves que je caresse viennent souvent à ma rescousse quand mon coeur chavire. J'ai retrouvé le goût de vivre et d'être heureux dans la tendresse et dans l'humour qui sont, je crois, les deux plus belles choses qui existent dans la vie."
Critique de Andrée Allard,
La Tribune, Sherbrooke,
2 octobre 91
"...Un voyage en solitaire? Non pas. Dans son livre, Jean-Jacques Bégin dit justement devoir reconnaître ses limites et céder parfois la barre aux autres membres de l'équipe. Émotions, anecdotes et souvenirs constituent le récit de cet homme aux prises avec une grave maladie, depuis plus de quinze ans..."
C'est d'écouter en silence le crépitement d'un bon feu de bois dans son foyer.
C'est de regarder les braises, toutes lumières fermées, jusqu'à ce qu'elles soient complètement éteintes.
C'est de mettre deux grosses cuillerées de confiture sur ses rôties le matin.
C'est quand le beurre vous coule des doigts en mangeant vos croissants chauds.
C'est de prendre le temps de travailler à sa broderie le matin même si le lit n'est pas encore fait.
C'est d'entendre "papa, je t'aime" dans son oreille, le matin au réveil.
C'est de sentir contre soi la chaleur de son conjoint le matin , en sachant qu'il reste une heure à dormir.
C'est d'inviter des gens qu'on aime à souper au restaurant sans l'avoir prévu, et d'en profiter pour s'empiffrer.
C'est de déguster lentement une gorgée de vin blanc sec glacé.
C'est de faire jouer du Mozart avant de déjeuner le dimanche matin.
C'est d'entendre le vent de la poudrerie au dehors en sachant qu'on n'a pas besoin de sortir aujourd'hui.
C'est d'arrêter de danser un instant pour regarder son amoureux dans les yeux et lui dire "je t'aime".
C'est de terminer la lecture d'un chapitre de son livre dans son lit avant de sentir le sommeil nous envahir.
C'est de découvrir tous ces petits bonheurs et de savoir qu'on les a déjà vécus.
C'est d'imager tous les autres bonheurs qu'on pourrait avoir parce qu'on est encore en vie.
C'est de pouvoir crier à l'humanité entière son bonheur, ses petits bonheurs, malgré tout.

Retour à la notice biographique de Jean-Jacques Bégin
Oeuvres de Jean-Jacques Bégin