Pas tout à fait en Californie
Publié aux Éditions Libre Expression, 1992
Roman, collection fictions
Description:
Le douzième
livre de François Barcelo et le troisième roman consacré aux mésaventures de Benjamin
Tardif aux États-Unis: un récit souvent loufoque, toujours vif et léger, avec une
pointe de tendresse et autant de méchanceté envers cette Amérique à mi-chemin entre
l'apogée et la décadence.
Pas tout à fait en
Californie est à un jet de pierre de Beverly Hills et guère plus loin de Hollywood.
C'est là que le Westfalia de Benjamin Tardif décide de tomber en panne.
D'un côté, cela tombe
bien puisque l'incident donnera à Benjamin l'occasion de tenter sa chance comme
scénariste. Soutinelle, la jolie Noire dont il est amoureux, se fera offrir un contrat
pour son premier rôle à l'écran. Et Justin Case, le frère blanc de Soutinelle,
trouvera chez les Vigiles Rambo un emploi parfaitement compatible avec son métier de
shérif.
Toutefois, les choses
n'iront pas sans heurts car de multiples personnages aux motivations pas toujours
limpides, dont une vieille actrice de série B clouée dans un fauteuil roulant, de jeunes
squatters mexicains particulièrement doués pour imiter les sirènes d'ambulance, un
sosie de Marilyn Monroe et un producteur de cinéma spécialisé dans les remakes,
viendront se mêler du destin de nos voyageurs. Et Benjamin, éternellement hésitant, se
posera des questions lourdes de conséquences. Faut-il démasquer un assassin ou le
laisser courir? Doit-on choisir entre l'amour et sa profession? Vaut-il mieux faire un
enfant ou prendre la fuite?(quatrième de couverture)
EXTRAIT:
Le Westfalia recula sans se faire prier, jusqu'au
moment où un grand craquement se fit entendre conjuguant le froissement de la fibre de
verre, le craquement du métal arraché et le déchirement de la toile. Benjamin leva les
yeux et vit les première étoiles de la nuit dans le ciel au-dessus de sa tête, là où
il aurait dû voir le toit du Westfalia, qui venait d'entrer en collision avec une branche
d'arbre.
-Maudite marde! pesta-t-il en freinant.
Lorsqu'il vit la tête de Justin apparaître dans la
fenêtre, il traduisit à son intention, avec la concision incomparable de la langue
anglaise et l'économie de paroles qui sied aux grandes colères:
-Shit.
-Moi, tu m'avais dit de surveiller à gauche. Qui
surveillait en haut?
Benjamin poussa un soupir qui manifesta son profond
regret de n'avoir aucun prétexte pour engueuler Justin, ce qui lui aurait pourtant fait
le plus grand bien dans les circonstances.page
25
-Peu importe, fit Lou Ginotti. Car c'est bien plus
vous qui m'intéressez. Vous n'êtes pas un scénariste d'ici. Sinon je vous aurais déjà
remarqué, surtout de la manière dont vous vous habillez. Vous avez donc des idées
fraîches. Apportez-moi un scénario avec un bon rôle pour une Noire, et votre fortune
est faite, à vous et à Mlle Case.
Benjamin n'aurait pas demandé mieux, mais il y avait
un petit problème: il n'avait jamais écrit une ligne de scénario ni jamais
projeté d'en écrire une. Il n'avait même pas la moindre idée de ce que le sien
pourrait raconter si jamais il entreprenait de le rédiger.
-Je ne demanderais pas mieux, dit-il, mais il y a un
petit problème: j'en ai encore pour quelques semaines...
-Un synopsis est amplement suffisant. Venez le
présenter à notre comité de scénarisation. Il se réunit tous les vendredis, à nos
bureaux. Vous n'avez qu'à donner un coup de fil à Edgar pour fixer l'heure.
Edward G. Robinson tendit à Benjamin une carte sur
laquelle il lut: «Productions Lou Ginotti, EdgarJ. Berenson, Directeur, Comité
d'évaluation des concepts pour l'écran».
-On vous attend vendredi?
Benjamin s'apprêtait à répondre que non, qu'il
avait menti en laissant entendre qu'il était scénariste, et que si Lou Ginotti voulait
un scénario il n'avait qu'à en commander à des professionnels. Sinon, il pouvait
toujours l'écrire lui-même. Mais, au moment où il ouvrit la bouche ce fut Soutinelle
qui répondit à sa place, par sa voix:
-J'y serai.pages 69 - 70

Oeuvres de François Barcelo
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Références sur François Barcelo