Ski à l'école Mont-Jeunesse
Auteure : Isabelle G-R

3e cycle

Supervision : Geneviève Despatie

Ce récit a pour lieu une ville du Québec nommée Skiville, plus particulièrement une école spécialisée en ski. De la route principale, qui nous mène au versant nord, on voit bien les trois montagnes. La plus petite semble au centre. Ses pistes sont débutantes et sur son sommet, on retrouve une école. La plus grosse se trouve à gauche ; ses pistes, expertes. À son pied, il y a les dortoirs et la cafétéria.


Partout à cet endroit, on voit plusieurs personnes. Parmi elles, nous en retenons huit, dont cinq femmes. Dalyla, avec son corps grand et mince, ses cheveux roux vagués et ses yeux vert forêt, se donne un air diabolique. En plus, à cause du froid, ses lèvres deviennent fréquemment rouge sang. Elle porte régulièrement du vert, car cette couleur lui va très bien.


Dalyla a une sœur, Angelika. Ses cheveux sont blonds éméchés et ses yeux, bleu saphir ! Elle a quelques rondeurs qui lui vont bien. Elle porte chaque jour du maquillage pour bien paraître. Tant qu'à elle, c'est le bleu qui lui va bien, mais malheureusement pour elle, elle porte plus souvent du rouge.


La mère de ces deux filles s'appelle Lise. Elle a les cheveux de Dalyla, mais les yeux d'Angelika.
Marie, la meilleure amie de Dalyla, est brune aux yeux bruns. Elle paraît grande par rapport aux autres filles.
L'institutrice, Élizabeth, a beaucoup de sang amérindien. Naturellement, elle a les cheveux noirs, les yeux gris et le teint bronzé. Les élèves la taquinent à cause de sa petite taille.


Dans ce récit, on retrouve aussi trois hommes. Tommy, l'instituteur, est blond aux yeux bleus, grand et musclé. Pour tout dire, il fait craquer toutes les filles. Kristophe, comment dire, le petit ami de Marie, a les cheveux bruns et les yeux bruns. Il est lui aussi grand et assez musclé. Il va bien avec Marie et beaucoup de filles aimeraient être à sa place. Marc, le père d'Angelika et de Dalyla, est brun aux yeux bruns, de grandeur moyenne et légèrement enveloppé. Voilà. Maintenant que vous connaissez lieux et personnages, voici l'histoire… Imaginez...

Nous voici donc à l'école Mont-Jeunesse. En ce moi de décembre, c'est la rentrée. De nouveaux élèves arrivent d'un peu partout au Québec. Normalement, comme à chaque année, ils croient qu'ils sont meilleurs que les anciens.

La prochaine scène se déroule près des dortoirs.
- C'est aujourd'hui qu'ils arrivent! s'exclame Marie, un peu troublée.
- Oui et j'espère pour eux qu'ils ne viendront pas nous déranger avec leur tête haute et leur dos droit, parce que j'en connais une qui va les ridiculiser, répond Kristof quand il voit arriver Dalyla.
- De qui parlez-vous comme ça? interroge-t-elle. En tout cas, vous ne devez pas beaucoup les aimer.
- Bien...des nouveaux! répond Marie.
- Des nouveaux? Ne m'en parle même pas, reprend Dalyla. P'tite soeur Angelika, le diable en personne, fait partie de la troupe!
- Moi, ta famille, je ne la comprends pas beaucoup, s'exclame Kristof. Tu as un nom diabolique et pourtant, tu es un ange; pour ta soeur, tu dis le contraire!
- Tu comprendras mieux en la voyant! Et en me regardant mieux, tu te diras sans doute que les apparences sont souvent trompeuses.

Pendant que ces trois jeunes parlent de tout et de rien, Élizabeth finit par les rejoindre en leur disant: " Je vous cherchais! Prenons le remonte-pente des pistes débutantes, nous avons besoin de vous pour nous préparer à accueillir nos nouveaux élèves.


- C'est d'accord, répond Marie, pas de problème!
- Bon, reprend Élizabeth en montant, suivez-moi tous les trois. Ce ne sera pas bien compliqué: vous allez parler d'un des nombreux fonctionnements de l'école. Marie, tu les renseigneras sur notre manière de procéder pour les niveaux, parce que tu connais très bien les étapes.
- C'est correct.
- Kristof, tu diras les règlements de la cafétéria et des dortoirs, étant donné que tu n'as jamais eu de problème à ce sujet.

- D'accord, répond le concerné.
- Et Dalyla, reprend l'institutrice, je compte sur toi pour parler des activités estivales, printanières et automnales, puisque tu les as vécues depuis ton arrivée.
- Il n'y a pas de problème, répond Dalyla à son tour.
- Maintenant, il ne vous reste plus qu'à vous préparer. "

Après environ une heure de préparatifs aux discours et à la décoration, une trentaine d'élèves, majoritairement des nouveaux, entrent dans une grande salle de classe. Celle-ci est décorée de ballons, de guirlandes et même de vieux skis. À l'avant, il y a deux adultes et une dizaine d'élèves derrière un micro. Deux minutes de bavardage s'écoulent avant qu'une voix masculine résonne dans les haut-parleurs.


- Bonjour, je me présente. Je m'appelle Tommy et, tout comme Élizabeth, je suis instituteur ici. Aujourd'hui, les jeunes que vous voyez vont vous donner des conseils, vous expliquer quelques règlements et certains fonctionnements de l'école.

Après un temps égal à celui des préparatifs, mais cette fois réservé aux discours, les élèves et enseignants sortent. Tous chaussent leurs skis ou leur planche à neige et descendent la pente par les pistes débutantes qui entourent l'école.


- C'est ta soeur, la blonde avec sa planche? demande Marie tout en skiant. Elle n'a jamais fait de ski de sa vie, ni de planche dans un parc! Et la petite Josée qui fait comme elle. Elles sont folles à lier!
- En plus, ajoute Kristof, elles veulent aller tout de suite dans les pentes expertes sans cours! Bonjour l'hôpital!
- Pour tout vous dire, c'est dans la nature d'Angelika... elle est toujours aussi folle. Elle veut paraître meilleure que les autres et Josée, sa meilleure amie, la suit partout. Et de toute façon, si elles se blessent, ce sera tant mieux pour elles.

- Hey, les anciens! interrompt un garçon à l'allure inconsciente. Qui veut se mesurer au meilleur skieur au monde?
- Je voudrais bien, répond Marie, mais il n'est pas ici!
- Et puis, comment t'appelles-tu, p'tit vlimeux?


- Je m'appelle Francis et si je ne suis pas le meilleur skieur au monde, je suis au moins le meilleur de l'école.
- J'accepte ton défi, dit Dalyla, qui ne veut pas se faire voler son titre. Demain matin, à la première " récré ", parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas le temps. La course aura lieu à la piste Vapluvite Situveuxgagner de la pente intermédiaire, mais je t'avertis tout de suite, tu nous sous-estimes...
- J'en connais un qui va passer un mauvais quart d'heure, remarque Marie.


Cette journée s'est vite passée. Les élèves se sont bien amusés à la rentrée. Tous dorment comme des bébés, tous sauf Dalyla. Elle pense à soeur, à tout ce qu'il a pu arriver depuis sa venue au monde. Déjà naissante, Angelika était un vrai monstre.


Son premier mauvais coup, elle l'a fait lorsqu'elle avait tout juste deux ans. Elle avait arraché la patte d'un ourson que ses parents lui avaient donné et elle s'est mise à pleurer, comme si elle voulait faire accroire que c'était Dalyla qui l'avait brisé. Évidemment, cela avait marché. Son père avait sorti un joli petit chien en peluche qui était destiné à Dalyla et l'avait donné à Angelika, en plus de lui réparer son ours.

En vieillissant, Angelika devenait de plus en plus forte et son père, de plus en plus convaincu. Cependant, leur mère, qui avait surpris plusieurs fois Angelika, défendait Dalyla, mais sans résultat. Angelika s'est encore essayée aujourd'hui, mais par chance, elle s'est fait prendre la main dans le sac.


Avant qu'Angelika ne vienne s'en mêler, la mère des deux soeurs a permis à sa fille aînée d'aller à cette école pour vivre sans les supplices que sa soeur lui imposait. Mais comme toute bonne chose a une fin, Angelika a réussi à convaincre ses parents de la laisser s'inscrire. Si cela continue, elle réussira à passer sur le corps de Dalyla, elle qui l'a toujours aidée en étant de bon conseil, tout en se laissant rarement abattre. C'est sur ces pensées que Dalyla réussit enfin à s'endormir.


Le ciel est coloré, le soleil se lève et fait refléter ses rayons sur la neige folle qui est tombée pendant la nuit. Sur une piste plutôt étroite, deux skieurs semblent faire la course et quelques élèves les encouragent. Le meneur semble être de sexe féminin, ses longs cheveux roux volent au vent. Celui qui la suit est tout en sueur, il est essoufflé. Lorsqu'ils arrivent en bas, le jeune garçon s'exprime: " C'est vrai Dalyla, je t'ai sous-estimée. Tu es plus rapide que je ne le pensais. Je vais devoir m'améliorer, surtout que tu m'a laissé de l'avance!
- Ne t'en fais pas, Francis, tu n'es pas le premier et puis, tu auras toutes les chances de te rattraper au cours de l'année. En attendant, viens donc déjeûner.

 

L'année passe et les élèves vivent tous différemment leurs apprentissages. Certains évoluent, d'autres trébuchent; les uns sont récompensés, les autres punis. Dans tous les cas, ils se rendent à cette journée assez spéciale du printemps! Dès le lever du soleil, les parents arrivent et les invités, élèves, professeurs assitent à un banquet. Ensuite, il y a une compétition où se disputent les élèves selon leur niveau. Cependant, tous ont hâte au soir. Il y aura un bal où l'on remettra des prix pour l'amélioration, la bonne conduite, l'entraide, etc. Il y a parmi eux le premier prix: celui de la personnalité de l'année, que tous veulent gagner. Cette soirée tant attendue aura lieu dans quelques heures à peine!

 

Il ne reste plus qu'une heure avant la grande soirée. Dans sa chambre, Dalyla se prépare. Elle met une belle robe verte avec des gants de même couleur et elle s'attache les cheveux d'une façon assez spéciale. Quelqu'un frappe à la porte.


- Entrez...
- Dalyla? C'est moi, Angelika. Je peux te parler?
- Bien sûr.
- Je n'ai pas de robe.
- Tiens. Mets celle-ci. Elle est de ta grandeur.
- Mais elle est bleue... Tu sais que moi, j'aime porter le rouge.
- Le bleu te va bien, je t'assure.
- Pourquoi es-tu aussi gentille avec moi?
- Tu es ma soeur. Pour toi, je ne sais pas, mais moi j'ai un minimum de respect pour toi.
- En fait, je n'étais pas venue ici pour la robe. Je voudrais m'excuser...

 

La cafétéria est décorée, les tables sont mises dans un coin pour le buffet et à l'avant, il y a une scène sur laquelle est posé une sorte de socle en bois. Il est surmonté par un micro. C'est là que seront déposés les prix. Les parents et les étudiants entrent dans la salle de bal. Une musique entraînante résonne dans celle-ci. Tous ou presque dansent.


- Hey Dalyla! s'exclame Kristof. Viens danser avec nous.
- Tu vas voir, continue Marie, on va s'amuser...
- On a un cavalier pour toi, reprend Kristof. En plus, tu le connais.
- Il est très beau, s'exclame Marie. Il est blond et ses yeux sont bleus, mais il est un peu snob. En tout cas, il ne l'est pas plus que ta soeur.
- Vous n'êtes pas sérieux, répond Dalyla. Vous ne voulez pas me faire danser avec Francis.
- Mais oui! s'exclame Kristof. Il est amoureux fou. Chanceuse!
- Moi, intervient Francis, je veux bien danser avec une gagnante. Je suis sûr que tu vas gagner le premier prix.

Après quelques danses, la musique s'arrête et les deux instituteurs montent à l'avant et, à tour de rôle, ils distriburont les prix.


- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, annonça Tommy. Il est temps de remettre les trois premiers prix.
- Le troisième prix est un passeport de saison pour l'an prochain au Mont-Tremblant, continua Élizabeth. Il y a en fait deux gagnants, donc deux passeports.

- Ils n'ont jamais hésité à aider les jeunes recrues et même les anciens. Ils se sont toujours portés bénévoles pour les préparations aux activités.
- Applaudissez bien fort les gagnants, continua Élizabeth, Kristof et Marie.
Tous applaudissent, mais restent avec un air bête.
- Le deuxième prix, reprit-elle, est une planche à neige que l'élève choisira parmi celles-ci (elle montre trois planches de trois styles différents).
- Le gagnant, continua Tommy, a été choisi pour sa performance et sa persévérance. Nouveau de cette année, Francis est le gagnant. Applaudissez-le bien fort, mesdames et messieurs!
- Et maintenant, reprit Élizabeth, voilà le moment pour décerner le prix que vous voulez tous gagner: un ensemble complet de ski ou de planche à neige de la couleur de votre choix.
- Le prix revient à une jeune fille de très bon caractère, performante et persévérante. Une personne qui a su surmonter tous les obstacles qui se sont dressés devant elle cette année. Une gagnante qui a aussi très bon coeur. Applaudissez notre gagnante de ce fabuleux prix, mesdames et messieurs, Dalyla.

- Vous vous trompez, répliqua une voix dans la salle. La gagnante devrait être Angelika. Elle a bon caractère et elle est la meilleure dans tout ce qu'elle entreprend. De plus, elle sait prendre sa place. Dalyla est une diablesse. Elle ne devrait pas gagner ce prix.


- Papa, répliqua la jeune fille.
- Angelika, laisse-moi faire.
- Non, papa! reprit-elle. Car c'est moi le monstre de la famille. C'est moi qui a brisé les vases de Chine, c'est moi que les professeurs appelaient et surtout, surtout, c'est moi qui, à deux ans, a brisé mon ourson.
- C'est ta soeur qui t'a mis ça dans la tête, Angelika.
- Non, pas du tout. D'ailleurs, je me suis excusée tout à l'heure.
- M'ouais, c'est vrai que j'y ai été un peu dur...
- Beaucoup, répliqua Dalyla.
- D'accord, j'ai été trop dur, surtout que je ne suis pas votre vrai père...


La foule murmura et les amis de Dalyla vinrent la réconforter.

- Votre véritable père est mort d'un accident de voiture peu avant la naissance d'Angelika, affirma la mère. Dalyla, tu étais dans la voiture. Tu avais alors deux ans. Par chance, tu n'as perdu que la mémoire et par la même occasion, le souvenir de ton véritable père. Il était un homme merveilleux...
- Moi, reprit le beau-père, j'étais son collègue de travail et c'est comme cela que j'ai connu votre mère.
- Votre père, reprit la mère, avait les cheveux blonds d'Angelika et les yeux verts de Dalyla. Voilà, vous savez donc toute la vérité...