HISTOIRE À SUIVRE
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FICHE SUITE ET FIN
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EXTRAIT
Comparez votre suite à celle de l'auteur, présentée ci-dessous. Même si votre texte est plus court, il peut être fort intéressant. Ne craignez pas d'éprouver de la fierté si votre récit est cohérent et respecte l'unité de ton de l'extrait proposé. |

Si on se reporte à la suite immédiate de l'extrait proposé, on lit ce qui suit:
[....] Elle reconnaît bien là les méthodes de sa soeur. Convaincue quelle refuserait de poser, Élisabeth a voulu la coincer. Elle a tout manigancé en croyant que jamais elle noserait renvoyer le peintre. Prise dun fou rire incontrôlable, Louise réussit à balbutier quelques excuses.
Je regrette, il y a eu un malentendu. Je ne veux pas quon fasse mon portrait. Je suis désolée... que vous vous soyez déplacé pour rien. Mon portrait !... Excusez-moi...
Incapable de retenir plus longtemps son envie de rire, elle le pousse vers la porte sans lui laisser la chance de protester.
Louise Simard, La très noble Demoiselle, 1993, pages 112 à 114.
ENRICHISSEMENT Les quelques lignes qui précèdent nous laissent sur notre faim (fin ?) et, comme vous vous en doutez, lauteur na pas ménagé cette rencontre pour quelle nait aucune suite! Louise reverra donc Antoine, au retour dune soirée chez le gouverneur de Montréal, le même jour quil sest rendu chez elle. Lépisode est présenté pages 118 à 120. |
[...] La rue Bonsecours sombre dans la noirceur. Seuls, quelques rayons de lune éclairent faiblement les trottoirs de bois, permettant ainsi à Louise de se diriger dans le noir. Elle prend son temps, déguste la nuit douce, à pas lents. Provenant de la rue Saint-Paul, un galop de cheval envahit un instant la ville puis sémousse au profit du silence. Louise respire profondément. La fraîcheur de la nuit a dissipé les puanteurs du jour. Seules des odeurs persistantes dalgues et de limon flottent dans lair, venues du fleuve.
Chez elle, une lumière rosée vacille derrière la fenêtre. Angélique ne dort pas encore.
Mademoiselle de Ramezay ?
Louise recule, surprise. Une longue silhouette se dresse devant elle, silhouette étrange qui ne ressemble à personne. Lhomme sapproche. Il était assis devant la porte sur la marche de pierre. Il lattendait. Louise continue de reculer et descend du trottoir. Des pierres roulent sous ses souliers fins.
Nayez pas peur, cest moi !
Qui, vous ?
Moi, Antoine Dufresne, le peintre.
Louise simmobilise. Elle reconnaît maintenant lallure dégingandée, le corps longiligne. La voix également. Chaude, ronde, nonchalante.
Que faites-vous ici ? demande-t-elle rudement.
Je vous attendais.
Elle croyait sêtre débarrassée pour toujours du jeune peintre.
Que me voulez-vous ?
Je veux faire votre portrait.
Mais je ne veux pas de portrait ! Je vous lai déjà dit !
Jai été payé, mademoiselle. Et je nai pas lhabitude de ne pas gagner mon salaire.
Il a parlé doucement. Son calme enrage Louise, qui élève la voix, au risque de réveiller les voisins.
Écoutez-moi, monsieur ! Je me fiche que vous ayez été payé ou non. Dépensez largent, donnez-le aux pauvres, remettez-le à ma soeur, faites-en ce que vous voulez. Mais vous ne ferez pas mon portrait ! Je nai pas de temps à perdre avec ces coquetteries de jeune fille. Je ne veux plus vous revoir. Ôtez-vous de mon chemin !
Elle bouscule le jeune homme, qui chancelle mais se ressaisit aussitôt. Il sécarte sans insister, mais, avant dentrer, elle lentend chuchoter à son oreille :
À bientôt, mademoiselle.
| Comme les derniers mots dAntoine lont laissé entendre, il ne savoue pas battu par les rebuffades de Louise. Le suspense nest pas terminé. Il la reverra donc, quelques semaines plus tard, vers la fin de lété et Louise lui cédera alors. Lépisode qui suit est présenté pages 122 à 125. |
«La cloche de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours accueille les fidèles dans une grande envolée. [...] Quand elle entre en trombe dans la chapelle, elle doit affronter un silence recueilli. [...] Louise se sent bien. À travers les fenêtres, elle aperçoit le ciel où seffilochent les nuages. Louise soupire daise. La décoration sobre, sans artifice, le grand calme, les chants... Il ny a plus de lutte ici, seulement labandon... Elle fait corps avec la petite chapelle, sy sent à labri, protégée... Épiée. Mue par une force irrésistible, elle tourne la tête et aperçoit dans la rangée de droite, un banc derrière le sien, Antoine Dufresne qui la regarde intensément. Il a posé une feuille sur le prie-Dieu et il y trace une esquisse. Abasourdie, Louise essaie doublier les yeux noirs inquisiteurs en tentant désespérément de se concentrer sur le sacrifice divin. Il ne la laissera donc jamais en paix ! Il va falloir quelle parle sérieusement à Élisabeth. La farce a assez duré. Sa soeur va devoir la débarrasser de cet importun.
Au bout dun moment, elle risque un oeil du côté du peintre. Il la regarde encore et sa main court toujours sur le papier. Ses doigts sur son dos, sur sa joue, dans son cou... Sa main qui la frôle... Incapable de supporter cette agression plus longtemps, elle sort précipitamment de la chapelle sous les regards scandalisés.
Dehors, elle respire mieux. Des grains de pluie lui chatouillent le visage, apaisants. Elle remonte lentement la rue Bonsecours jusquà ce quelle entende des pas qui saccordent aux siens. Il est là. Elle sait que cest lui. Elle le devine au rythme accéléré de son pouls, à la sécheresse de ses lèvres, à la bouffée de chaleur qui inonde ses poumons. Elle veut fuir, mais ses souliers collent à la boue de la rue. Il la rejoint et marche à ses côtés en silence. Arrivée à la maison, elle le laisse entrer, prise par quelque étrange indolence, incapable de réagir intelligemment. Il faudrait le mettre à la porte, le menacer de poursuites, linjurier ou, tout au moins, montrer de lindifférence ou se moquer. Toutes ces réactions saines et normales lui échappent. Elle a trop besoin de le regarder. Puiser à sa jeunesse. Se caresser au velours de ses yeux sombres. Couler jusquau creux de ses bras.
La cloche de la chapelle raccompagne les fidèles. Dans quelques minutes, Angélique et Claudine seront là.
Que voulez-vous ? murmure Louise, bouleversée.
Faire votre portrait, répond-il simplement.
Revenez mardi, à deux heures.
À vous de lire le roman, si vous voulez tout savoir sur la suite !
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Conception et rédaction: Josiane Leralu
Codification: Danielle Gilbert