JE CONTEXTES, TU CONTEXTES...

NOUS CONTEXTONS

 

VIGNEAULT, Gilles, Gaya ou le petit désert, conte, 1994,

Les nouvelles éditions de l'arc, Montréal, pages 4-14

FICHE DE LECTURE

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EXTRAIT DU TEXTE

Faites d'abord une lecture attentive de l'extrait d'environ 1000 mots qui suit. Ensuite, faites la lecture de toutes les questions qui vous sont posées. Puis, au besoin, refaites une lecture dune partie de l'extrait ou de l'ensemble de celui-ci en vue de répondre aux questions. Assurez-vous de bien comprendre tous les mots du texte et n'hésitez pas à consulter un ouvrage de référence au besoin (dictionnaire, grammaire, dictionnaire des synonymes, etc.)

1. Une fois, c'était une petite fille de ton âge qui restait toute seule avec son grand-père sur une petite montagne comme ça... ici, dans une maison qu'ils appelaient "l'Orée". Elle s'appelait Gaya et son grand-père se nommait Androu.

2. Un matin d'automne, Gaya descendit la colline qui menait au Petit Désert, c'était comme ici. Ils appelaient ça "le Petit Désert" parce que le grand-père, le bonhomme Androu, avait tout coupé ce qui restait d'arbres ou d'arbustes par là, d'abord pour chauffer son poêle en hiver, puis pour avoir une vue plus étendue sur l'ensemble de la clairière.

3. Au milieu du Petit Désert, il y avait un petit puits où, depuis qu'elle était toute petite, son grand-père l'envoyait chercher de l'eau. Ce matin d'automne, donc, elle allait au puits avec son seau... mais s'en revint sans eau.

4. - "Grand-père, le puits n'a plus d'eau" dit-elle en montrant le seau vide.

Mais le bonhomme Androu se mit à rire : - "Je vais y aller, moi, et je vais en trouver de l'eau. Reste ici".

5. Il descendit à son tour et fut surpris de ne réussir à puiser qu'à peine assez d'eau pour faire le thé.

"C'est curieux ça, il a pourtant plu comme d'habitude en août. Ah... c'est probablement à cause de la lune. Et puis il va repleuvoir".

6. Il retourna deux fois au puits ce jour-là, puis décida qu'il n'y avait qu'à attendre et que le temps arrange tout. Quand il fut parti voir à ses pièges, la petite Gaya se retrouva toute seule dans la maison et se prit à réfléchir au problème.

7. "La solution est peut-être dans le gros livre".

8. Il faut dire que le bonhomme Androu avait conservé d'une autre époque de son existence un vieil almanach très épais dans lequel la petite Gaya trouvait toutes sortes de choses à apprendre et qu'elle ne se lassait jamais de consulter.

9. Elle ouvrit au hasard et lut en haut de la page 343 la sentence suivante :

10. "Les humains ont tendance à se croire seuls capables de donner des conseils sur les choses de la vie. Ils devraient consulter plus souvent les animaux, les arbres même, la vie qui les entoure".

11. Gaya réfléchit longuement et finit par décider d'aller au bout de la Première Clairière consulter le Gros Chêne, un arbre énorme, plusieurs fois centenaire avait dit son grand-père qui l'avait épargné autant parce qu'il aurait eu du mal à l'abattre et à le transporter que pour le point de repère qu'il était devenu.

12. "Après tout, c'est un être vivant, et puis, pour la sagesse... il doit en savoir autant qu'un vieil humain".

13. Elle partit donc en direction de la Première Clairière.

14. Comme ceci...

15. Arrivée sous le vieux chêne, elle en eut presque peur et se dit que, même avec les bras de son grand-père ajoutés aux siens, elle ne pourrait pas en faire le tour. Elle marcha autour de l'arbre énorme... comme pour l'apprivoiser, puis, suivant à la lettre les instructions du vieil almanach, décida de le consulter :

- "Vieux chêne... peux-tu me dire pourquoi il y a moins d'eau dans le puits ?"

Puis elle attendit en se disant :

"Je suis une sotte, les arbres ne parlent pas..." pour avoir la surprise d'entendre :

- "Ils ne sont pas aussi bavards que les écureuils, mais ils parlent quand c'est nécessaire. Je ne sais pas pourquoi l'eau manque au puits, mais peut-être que si vous alliez faire un tour dans la Clairière de la Deuxième Coupe, l'écureuil qui vole des glands, des samares et des noix à tout le monde pourra vous répondre... allez-y..."

16. Elle revint à la maison pour midi et passa tout l'après-midi à se demander si elle en parle à son grand-père ou non et décida d'attendre, reprit le vieil almanach et l'ouvrit au hasard et tomba sur une sentence du haut de la page qui disait :

"Le grand âge n'est pas forcément garant de la sagesse..."

17. Et le lendemain s'en fut voir l'écureuil. Elle marcha longtemps. Puis, rendue de l'autre côté du Petit Désert, s'engagea dans le chemin menant au bout de la Deuxième Coupe. Elle vit l'écureuil qui se tenait debout sur un gros caillou, une noix dans les pattes.

18. Il l'attendait, on eût dit.

19. Avant qu'elle eût le temps d'ouvrir la bouche, il déclara :

"J'ai tout entendu. J'étais caché pas loin. D'abord, le vieux chêne fait des glands à ne plus savoir où les mettre. Bon, et moi j'en ai besoin pour nourrir ma famille... et puis, de temps en temps, j'en plante ici et là et si vous voulez savoir le coupable, il reste loin d'ici dans la Grande Coupée, c'est Monsieur le Hibou. Bon, il fait peur à la lune et quand la lune a peur, c'est connu, elle se cache et c'est ça qui tire l'eau de l'autre côté du monde... D'autre part, un oiseau qui pille les nids et nous considère comme du bétail, dévorant tout ce qui bouge sans distinction devrait être chassé au fusil comme un bandit qu'il est... Bon..."

20. Gaya remercia beaucoup pour tous ces renseignements et s'en revint chez elle, un peu découragée. Décidément, chacun trouve plus commode d'accuser le voisin que d'examiner le problème que d'y réfléchir. Elle fut chez elle pour souper et décida de tout conter à son grand-père. Il rit beaucoup et se félicita d'avoir une petite fille si pleine d'idées.

- "Si tu parles au hibou, demain, lui dit-il, n'oublie pas de me le raconter... Ah... t'as de qui tenir... ta mère était pareille... des histoires... des rêves... des folies à se demander où elle allait chercher tout ça..."

Note: le chiffre identifie un paragraphe de l'extrait.

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Rédaction: Guy Larochelle d'après le modèle conçu par Josiane Leralu
Codification: François Lafont