L'IMPOSTURE

Pauline Vincent sest plu à fouiller lhistoire afin de mettre au jour les rouages des sociétés secrètes. Ses recherches, tout comme ses expériences professionnelles, lont amenée à imaginer cette intrigue. Comme ses héros, elle a été journaliste. Elle oeuvra ensuite dans le domaine des communications, notamment en tant qu'attachée de presse d'écrivains avant de s'approcher des officines du pouvoir en devenant attachée de presse auprès de plusieurs ministres. Grâce à l'Imposture, elle revient à l'écriture, sa première passion. Voici que nous pouvons profiter de son talemt pour le suspense et l'intrigue...
Un roman de mystère et damour imprégné de latmosphère des années 30, dont lintrigue gravite autour dune société secrète canadienne-française.
RÉSUMÉ:
Juin 1934. Tandis que les Montréalais se préparent à fêter la Saint-Jean-Baptiste, une jeune femme de vingt ans savoure dans son appartement du carré Saint-Louis une victoire remarquable: Claude dufresne a décroché un emploi de journaliste au quotidien La Laurentie! La joie d'avoir réussi cet exploit serait totale si le subterfuge auquel Claude a été obligée d'avoir recours pour arriver à ses fins ne la condamnait pas à la solitude. Pendant combien de temps réussira-t-elle à tromper son entourage? Claude jure de rétablir la vérité dès qu'elle sera en mesure de prouver à son père, le puissant homme d'affaires Jacques Dufresne, qu'elle vaut bien le fils que Kate McDougall, sa femme, ne lui a pas donné.
Alexandre Ouelet, lui, n'a pas eu besoin de ruser pour être accueilli à bras ouvert par le rédacteur en chef de La Laurentie. L'intégration du jeune homme de Rivière-Ouelle au milieu montréalais est grandement facilitée par les relations qu'entretiennent son père avec des amis discrets occupant tous des postes clés, et membres, comme lui, d'une même société secrète. L'initiation récente d'Alexandre à cette confrérie qui a à coeur les intérêts des Canadiens-français l'incite à accorder toute sa confiance aux gens de l'Ordre. Parmi eux, Rosaire Favreau, figure brillante paraît posséder tous les atouts pour devenir un chef admiré. Mais le profil du séducteur n'est-il pas trop parfait pour être honnête?...
Les jeunes héros de l'imposture seront bientôt entraînés dans une dangereuse chasse à la vérité. Cette aventure ne leur laissera aucun répit, d'autant plus qu'ils y seront confrontés à leurs propres masques. L'Imposture: un roman haletant qui unit avec bonheur histoire et fiction!
En quelques mots, certains éléments de l'intrigue de l'Imposture peuvent se traduire dans cette citation de John Dalberg, lord Action (1834-1902):«Le pouvoir a tendance à corrompre et le pouvoir absolu corrompt de façon absolue. Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. Il n'existe de pire hérésie que celle qui prétend que la fonction sanctifie son détenteur...»
Pauline Vincent a trouvé dans ce passé savoureux de quoi inventer une histoire où suspense et romantisme se côtoient avec bonheur.
NOTES DE L'AUTEURE:
Les personnages de L'Imposture, tout comme l'ordre de la Patrie auquel plusieurs d'entre eux appartiennent, sont fictifs. Toutefois, les héros de ce roman évoluent sur une toile de fond historique, peu connue du public, celle d'une société secrète canadienne-française, l'Ordre de Jacques-Cartier, souvent appelé La Patente et , qui a été la source de mon inspiration. Très active et très influente dans les milieux politiques et patriotiques des années vingt aux années soixante, cette société regroupait des personnalités de l'élite francophone du Canada et de la Nouvelle-Angleterre.
Pour dépeindre l'ambiance fébrile qui régnait dans la province de Québec et pénétrer les secrets de la Patente, j'ai dû faire une recherche exhaustive pendant une année.
Pour les mordus de petite histoire, il est intéressant de noter que le Théâtre français, dont il est question au chapitre 7, était situé à l'endroit où se trouve aujourd'hui le Métropolis, rue Sainte-Catherine et que l'Académie de musique de Montréal occupait l'emplacement actuel du magasin Eaton. De plus, la pièce Aurore, l'enfant martyr a été le plus grand succès du théâtre canadien-français avec plus de six mille représentations. Enfin, pour imaginer l'hôtel du Cap, je me suis inspirée de l'auberge Fleur-des-Bois de Rivière-Ouelle.
CRITIQUES :
« Mme Pauline Vincent a mis toutes les chances de son côté et son roman, LImposture a ce quil faut pour devenir un best-seller Un roman-roman plein de rebondissements sur fond historique LImposture ma tenu en haleine jusquà la fin »(Réginald Martel, La Presse (22-10-95)
« Nest-il pas vrai que le fait de renouer avec le passé nous permet de mieux comprendre le présent ? Jamais constatation naura-t-elle été plus juste quavec le roman de Pauline Vincent, un ouvrage de fiction qui sélabore sur un fond historique sérieux et fouillé .À la fois roman daventures et roman denquête qui , dès les premières pages, nous accroche à ses filets, LImposture se révèle un ouvrage grand public qui saura délecter à la fois les amateurs dhistoire et les amateurs de bonnes histoires !» Pierrette Roy, La Tribune, (9-03-96)
« Quel roman! Roman qui nous garde en haleine du début à la fin, lImposture lève aussi le voile sur des sociétés secrètes qui ont marqué une époque notoire du Québec LImposture est le premier roman de Pauline Vincent, une professionnelle de linformation. » Marc-André Joanisse, Le Droit (28 10- 1995)
« Pauline Vincent sest inspirée de La patente pour tisser une intrigue bien menée, pleine de rebondissements, un suspense qui vaut bien certains thrillers américains .Les lecteurs vont apprécier. Lauteure a surtout dosé efficacement le mystère, laventure et les histoires damour .Pauline Vincent a inventé une bonne histoire dramatique dans latmosphère de Montréal des années 30 où se côtoient suspense et romantisme. » Gilles Crevier, Le Journal de Montréal.( 4-11-95)
EXTRAITS :
«Toutefois, elle considéra que ses lectures masculines portaient leurs fruits :
«Il ne me faut pas grand-chose pour rendre mon personnage vraisemblable ... » Une
pensée s'imposa à elle et la laissa perplexe : «Pour m'adapter si rapidement à la
situation, j'ai dû certainement hériter à la naissance d'un bon nombre de gènes
masculins. Moi qui me croyais si femme! » Deux hommes entrèrent en discutant.
Le plus grand, à l'allure féline, à l'accent parisien et au port aristocratique, en
imposait. «Henri de Saint-Yves, le critique d'art! », en déduisit Claude. Un autre,
plus petit, en bras de chemise, un crayon glissé derrière l'oreille, ne devait être nul
autre que Ludger Lamontagne, le célèbre journaliste politique.
Par l'interphone, Colette les annonça à son patron.
Le bureau de Pierre Laliberté ressemblait à un capharnaüm. Tapissés des aventures
d'une vie tumultueuse à chercher l'excitation aux quatre coins du globe, les murs
révélaient une personnalité aux multiples visages. Des masques africains et asiatiques,
des défenses d'éléphant sculptées et même un espadon empaillé. Des photos jaunies
des grands de ce monde lui serrant la main côtoyaient celles de ses voyages de pêche et
de chasse. Une carte postale de Key West immortalisant un coucher de soleil féerique
occupait la place d'honneur au-dessus de son fauteuil. Des dizaines de dossiers gisaient
pêle-mêle sur les filières et sur son pupitre. Des feuillets roses éparpillés
couvraient une partie du téléphone. Des relents de mets chinois s'échappaient des sacs
de papier brun à moitié déchirés.
Au seuil de la retraite, Pierre Laliberté traînait derrière lui plus de quarante ans de
journalisme. Une discrétion maladive sur ses années de jeunesse passées à l'étranger
était à la base de la légende de grand aventurier qui l'entourait. » page 81
«Lentrée de Claude dans le monde occulte de l'ordre de la Patrie bouleversa ses
plans initiaux. Depuis son initiation, elle reportait de semaine en semaine le dénouement
de sa mystification.
En effet, dès qu'elle eut adhéré à la commanderie, on ne lui laissa plus le temps de
souffler, lui faisant subir une immersion totale : sessions d'endoctrinement,
rassemblements nationalistes, réunions, lectures et conciliabules de toutes sortes, et
même une retraite fermée. On l'obligea à parfaire son éducation patriotique à
«l'école des nouveaux», à raison de deux sessions hebdomadaires pendant cinq semaines.
Elle fut plongée au coeur même de l'ordre, prenant connaissance de sa structure, de ses
objectifs, de ses moyens de pression, de ses techniques d'infiltration et de ses
ramifications dans les domaines politique et économique. Des orateurs aux noms
prestigieux rappelaient les injustices faites aux Canadiens français du pays tout entier
et leur impuissance face aux pouvoirs démesurés d'une poignée d'anglophones. D'autres
faisaient naître et alimentaient le rêve d'un État laurentien français, distinct et
indépendant. En coulisses, les conversations de l'heure portaient sur l'urgence de se
doter d'un chef de la trempe de Mussolini, susceptible de redonner au peuple sa fierté
nationale.
Patriotisme, vie nationale, lutte, réveil, servitude, humiliation, renouveau, joug,
respect de la langue, contrôle des institutions, race élue, âme française,
légitimité parsemaient le vocabulaire des frères et leurs harangues.»
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