Angela
Roman
Publié chez Québec Amérique en 1999

Description :


Angela parle à sa chère Bibi, une mini poupée qu'elle cache dans sa main. L'enfant en a assez d'être punie, laissée à sa gardienne depuis plusieurs jours, pour avoir giflé sa petite copine Claudie. Elle veut revoir Moumou, sa maman. Et refuse de parler à Elle, comme elle appelle cette étrangère qui l'héberge.

Alors elle guette le retour de sa Moumou par la fenêtre. Et elle parle et parle tout le temps à sa Bibi chou. Lui dit tout. Par exemple : que sa gardienne s'enferme elle aussi dans sa chambre, avec un homme, et fait longtemps du ménage, en gémissant « Ahan! Ahan! » Pendant ce temps-là, l'aiguille de l'horloge court toujours après le coucou, pour lui couper le cou. Angela parle aussi de son père, un prêtre qui est un Saint-Esprit et un Satan. Elle se souvient de Bijou, le chien de Claudie, à qui le ciel a envoyé son éclair quand il faisait pipi, dehors contre un arbre... Ou d'un homme de ménage dont la main glisse sur elle.

Angela ou l'histoire d'une enfance ballottée, racontée avec les mots d'une enfant de quatre ans et demie, mais pour les adultes. Parfois inquiétante mais jamais scabreuse, l'aventure d'Angela séduit par la simplicité et la justesse du ton. Elle émeut aussi, en ne cessant pas de faire sourire, même quand on découvre qui est cette femme sans nom qui s'appelle Elle.

Catalogue Québec Amérique 1999-2000


Extrait:

Le noir s'en vient, un petit peu à la fois, jusque dans ma chambre, Bibi chou. Comme t'as pas peur, ça me fiche presque pas une claque. Mais elle a un manteau tout noir, la peur, avec une capuche qui lui cache le visage, de longues griffes. Elle fait « Eheu eheu! » Elle change mon matelas en un grand lac où je me noie parce que tous les chiens de la terre pissent... Faut que je me calme les nerfs. C'est ça qu'Elle m'a dit l'autre fois : « Calme tes nerfs. Tu rêvais, c'est tout. »

Critique:

«Mme Vaillancourt a une façon de procéder assez unique en son genre. Elle travaille à partir du personnage qu'elle développe dans sa tête. Ce n'est pas vraiment elle qui écrit l'histoire. «J'écris ce que je vois le personnage faire. Lorsque je commence à écrire, je ne connais pas la fin de l'histoire. Je l'apprends en même temps que le personnage », affirme l'auteure.»

Prince, David. Journal La Frontière, Rouyn-Noranda, octobre 1999

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Oeuvres d'Isabel Vaillancourt
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