C't'à ton tour, Laura Cadieux

Roman
Publié aux Éditions du Jour, Montréal 1973.

Description:

Dans ce roman du début des années 1970, écrit en langage familier sur un ton comique, Michel Tremblay aborde plusieurs thèmes comme la peur, les complexes, la violence verbale, l'incompréhension, la communication difficile, la religion, le sexe et le racisme. Il utilise comme lieux : le métro de Montréal, les autobus et la salle d'attente d'un gynécologue situé sur le boulevard Saint-Joseph.

Ici, le personnage principal s'appelle Laura Cadieux. Elle est mère de trois enfants et sans travail. Pit, son mari, travaille pour la voirie. Elle n'a pas une éducation poussée. Laura est nerveuse, obèse et souffre de rétention d'eau, donc elle doit prendre des pilules et suivre un régime. Elle mange ses émotions, ses frustrations et ses peurs. Elle est incapable d'exprimer ses sentiments.

Le roman commence lorsque Laura et son jeune garçon se rendent chez le docteur et rencontrent Madame Therrien dans le métro, elle aussi se rend chez le gynécologue cet après-midi-là, elles font ça depuis 17 ans, deux fois par semaine.

À la sortie du métro, Laura s'aperçoit qu'elle a perdu son fils de 6 ans. Madame Therrien dit à Laura de ne pas s'inquiéter et part à sa recherche. Mais comme Madame Therrien embarque dans le prochain métro, le petit débarque de l'autre et rejoint sa mère. Laura se dépêche alors pour arriver chez le gynécologue avant les autres femmes de sa gang et elle prend deux numéros, un pour elle et l'autre pour Madame Therrien.

Madame Therrien cherche le petit pendant deux à trois heures avant de prendre un taxi pour se rendre chez le gynécologue où elle retrouve le petit en train de jouer sur le trottoir. Entre temps, Laura bavarde avec la gang de femmes et son ancienne amie d'école, Lucille Bolduc, 37 ans et encore célibataire. Lucille aime avoir du plaisir, elle est ricaneuse et tourne tout à la rigolade. «La vie est assez plate pis triste de même, laisse-moé rire tranquille !» p. 38

Laura se fait traiter de «grosse» par tout le monde, même par les membres de sa famille. Complexée par sa grosseur, Laura a honte. Elle est révoltée à l'intérieur, angoissée et anxieuse. Cela la rend agressive verbalement. Elle croit qu'elle est venue au monde pour être grosse et qu'elle mourra grosse. Incapable de maigrir, elle recherche la compagnie de sa gang de femmes qui sont aussi grosses qu'elle. «J'peux pas l'oublier une heure ou deux, ah, non, y'a toujours quequ'épais pour v'nir me le rappeler !» p. 67. «J'ai dû venir au monde pour être grosse... Quand j'pense à ça, j'ai envie de courir chez Laura Secord..., pis d'envoyer tout le monde chier ! Mais j'le fais pas...» p. 69.

Pour Laura, la parole est un outil de mépris contre la société qui refuse les personnes telles quelles. C'est pourquoi, elle critique tout le monde et surtout : les Anglais, les chauffeurs d'autobus, l'Église moderne et les religieuses «Moé, j'les ai toujours haïs les soeurs, ... tu peux jamais leur parler, eux autres, y'ont le bon Dieu de leu'bord !» p. 53. Tout comme Laura, Lucille véhicule beaucoup de préjugés par rapport aux religieuses. «Vous trouvez pas vous autres que depuis qu'essayent de se déguiser en monde, y'ont toutes l'air des femmes aux femmes, les soeurs ?» p. 49.

Puis, elles jouent au 500 en équipe, Lucille avec Laura, et trichent sous le nez de toutes les autres personnages : Madame Armande Tardif, Madame Brouillette, Madame Touchette, Madame Gladu et Monsieur Blanchette. Enfin, comme l'après-midi s'en vient «plate», Laura décide de retourner chez elle sans avoir vu son gynécologue. Elle reviendra vendredi, peut-être que la grosse Lauzon sera là !

 

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