Passion pour alibi
Roman
Éd. Sedes, 1991.

Description:

Photographie de la couverture : Bernard Brault ; modèle de la couverture : Nancy Gantzkow ; photo-composition : Sedes ltée.

«Quand les autres auraient crevé de misère et de faim, elle aurait eu un étui à cigarettes en or et un vison sur les épaules pour faire son entrée dans les cabarets des grands hôtels. Elle aurait eu plein de robes qu'on portait avec un grand collier noué qui descendait jusqu'à la taille et qu'on trimballait de gauche à droite en parlant. Et elle aurait dansé, dansé... pas piétiné sur place comme avec Gilbert. Non. Dansé pour vrai. Dansé le fox-trot dans les bras du plus grand séducteur américain de l'époque, un grand seigneur de la pègre de Chicago s'il l'avait fallu, mais Georgette aurait séduit qui il fallait pour mener la grande vie.

Mais voilà, la réalité était qu'elle n'était pas l'épouse d'Al Capone, ni sa maîtresse, ni sa petite amie, mais la mère de cinq enfants.»




En 1984, Hélène Sévigny publiait son premier ouvrage: L'AUTRE FEMME. Dans ce livre, l'auteur racontait l'histoire des couples que sa profession d'avocate lui avait permis de rencontrer.

En 1989, elle nous présentait son premier roman: LA FILLE DU MAGISTRAT.

En 1990, elle publiait la suite: LE DERNIER PROCÈS en même temps qu'elle nous proposait la version masculine de son grand succès L'Autre femme: LUI.

Elle nous offre maintenant... PASSION POUR ALIBI.

Quatrième de couverture


Extrait:

Comme il faisait bon de vivre à la campagne avec toute cette verdure à n'en plus finir. Madeleine regrettait déjà la terre. La terre d'Hector. Comme elle serait loin de toute cette torture si elle avait su comprendre plus tôt qu'elle ne pourrait jamais vivre ailleurs, ni autrement.

Pourquoi, dans sa jeunesse, s'était-elle toujours sentie inférieure aux femmes de la ville? Peut-être parce que Georges en rêvait. Il en parlait tellement. Georges le beau parleur! Madeleine n'en serait pas là, n'eurent été les souvenirs de Georges, les regrets qu'il lui avait laissés en quittant la campagne pour la ville.

Elle s'était accommodée d'Hector, le paysan. Celui qui mourrait sur sa terre. Hector, le travailleur. Celui qui répétait souvent, en guise d'excuse pour son peu de manières, que tous ces beaux parleurs de la ville qui donnent à rêver aux filles de la campagne, n'ont souvent rien d'autre à offrir que le rêve.

Madeleine comprenait sur le tard, qu'Hector avait raison. Il avait toujours eu raison. Hector avait trimé toute sa vie du matin au soir, pour apporter confort et fantaisie à Madeleine et ne s'était pas inquiété de savoir si ça s'appelait de l'amour ou pas. Il disait qu'il avait fait ses preuves et que la vie n'en demandait pas plus à un homme. «Un homme, un vrai, ça ne parle pas pour ne rien dire et ça ne conte pas fleurette aux écervelées en mal de déclaration. Ça vit avec une femme et ça meurt pour cette même femme. Point.»

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