Le dernier procès
Roman
Éd. Sedes, 1989.
Description:

Photographie : Bernard Brault ; conception graphique : Isabelle Vézina«Derrière la fenêtre au rideau de dentelle, Yolande pouvait apercevoir la rue du Palais faiblement éclairée par quelques lampadaires. Ainsi donc, c'était ici qu'Émile recevait ses femmes...
La pluie qui tombait rendait plus sinistre encore l'atmosphère de cette chambre. Un des policiers regardait Yolande comme s'il tentait de percer son secret. C'était comme si, à ce moment précis, il avait pensé à la même chose qu'elle. Yolande essayait de se donner une allure indifférente pour déjouer ce policier perspicace qui se disait sûrement à cet instant: «La voilà, l'humiliée. Voilà donc à quoi ressemble une femme trompée. Mieux, une femme de juge trompée!»
Yolande observa tout à coup le tiroir du secrétaire. Comme elle aurait aimé l'ouvrir! Découvrir enfin les secrets d'Émile. Mais cet homme ne lui appartenait plus. Il appartenait à la justice. On prenait des photos, des empreintes...»
Quatrième de couverture
Extrait:
Ce matin-là David Blackwell montait allègrement les marches du Palais lorsqu'il aperçut Boris de La Grave qui en sortait par une porte latérale. Aussi s'empressa-t-il de courir jusqu'à lui avant de le perdre de vue:- Et le voyage? demanda-t-il en souriant.
- Excellent! répondit seulement Boris pressé de continuer son chemin.
Voyant que David ne le quitterait pas tant qu'il n'aurait pas réussi à le mortifier, Boris se redressa:
- Un client très important à Londres. Que veux-tu, je ne travaille pas dans un petit bureau comme le tien... où les seuls voyages qu'on risque de faire sont... Saint-Hyacinthe, Saint-Jean, Mont-Laurier. Nous, c'est plus gros.
À Londres! Tu étais à Londres! répétait David en souriant de sa façon machiavélique habituelle. Ton père doit se faire vieux et perdre un brin de mémoire... à la cour, il a dit que tu étais en Allemagne. Remarque qu'il a pu se tromper, à son âge. Et puis Londres ou l'Allemagne...
- Blackwell! À quoi joues-tu? Que veux-tu savoir?
- Rien. Je sais déjà tout. La Méditerranée, la mer... Ta secrétaire et ma secrétaire sont de bonnes amies. Londres! ricana David, belle trouvaille pour filer à l'anglaise!
- Pardonne-moi! coupa Boris en regardant sa montre. On m'attend.
Page 73
Critique:
Lorsque Hélène Sévigny a terminé d'écrire «La Fille du Magistrat», elle a eu comme une sorte de déprime car elle s'était attachée aux personnages et c'était comme si elle les enterrait! Elle a donc écrit la suite «Le dernier procès» (...)«J'aime ce milieu; j'aime montrer les choses telles qu'elles sont. Il faut que ce soit réaliste, ressemblant. Dans toutes les familles riches, il y a toujours un joueur, un noceur, un mouton noir! Chez les avocats, c'est la même chose.» (...)
Par moments, on peut penser que ses personnages sont un peu snobs! Ils vont se vouvoyer par exemple, même s'ils sont très proches. «J'ai toujours été fascinée par ça. Dans le premier livre, on était à la fin des années 20 et à cette époque-là, le tu n'était pas courant, souvent même entre mari et femme. Avec «Le dernier procès» qui se rapproche plus de notre époque, ça a changé.»
Montessuit Carmen, Le Journal de Montréal, 16 juin 1990.
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Oeuvres d'Hélène Sévigny
Références sur Hélène Sévigny