Menaud, maître-draveur
Roman, Montréal, Éd. Fides, 1937
Description:
Menaud, maître-draveur n'est point un livre que l'on discute. Il est un poème que l'on aime. Qu'on ne s'attende point à un essai critique. Ces quelques lignes voudraient tout au plus présenter l'ouvrage de l'abbé Savard, le faire comprendre et lire.
Dans notre pays la publication d'une telle oeuvre est un événement national. Nous survivons grisement, notre âme française s'étiole, se désincarne. Notre patriotisme n'est qu'un verbalisme circonstanciel, qu'une formule de défense, qu'un leitmotiv négatif et pâle. Nous n'avons rien en propre, pas de vie à nous. Notre climat culturel est inexistant.
Et voici qu'en notre ciel dévasté un astre luit. Une pierre est posée de l'édifice spirituel que nous devrons construire si nous voulons faire plus que survivre, si nous voulons vivre.
Ce plaidoyer pour la vie, ce témoignage culturel tant attendu, Menaud, maître-draveur, nous les apporte.
Telles sont les idées qui m'assaillent au souvenir de cet ouvrage.
Inutile de dire qu'en lisant je n'ai pensé à rien de tout cela. Menaud, maître-draveur n'est point un livre d'action nationale; il est une oeuvre d'art désintéressé. Des grands poèmes épiques il a l'ampleur, le jaillissement, la naïveté charmante, la vigueur. Certains passages font penser à l'Odyssée.
C'est le poème du terrien du nord aux prises avec une nature rude, passionné d'aventures plus que de belles récoltes, attaché d'un amour jaloux au sol, à tout le sol régional. Menaud aime son coin de pays, sa terre. Il leur préfère peut-être le risque, la vie dure du braconnier, la drave surtout. Cependant Menaud veut tout garder: sa terre et les grands bois; il veut demeurer enraciné, mais il ne consent pas à renoncer aux voyages, aux belles aventures.
François Hertel (La Relève, 8e cahier, 1937 p. p. 216-219)
Notice biographique de Félix-Antoine Savard
Oeuvres de Félix-Antoine Savard
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