«...Le recueil compte onze textes dont le plus ancien date de novembre 1945 et le plus récent, de septembre 1974.
...En fait, le discours se fait souvent confidence. «Un homme à qui il fut donné d'être collectif» (attribuons à Savard lui-même ce qu'il dit de Marius Barbeau) prend prétexte de réunions officielles pour communiquer à son auditoire ses appréhensions à l'égard du destin de son peuple. Ici apparaissent, symptomatiques d'une conscience inquiète, les allusions fréquentes qui menacent l'intégrité de la culture nationale, les appels pressants à la vigilance des gardiens des valeurs patriales. Pour tout dire, la lente désintégration du caractère ethnique québécois à la fin du XXe siècle ne surprendrait guère celui qui en avait pressenti l'échéance. Cette amertume, l'exaltation de se savoir initié à la connaissance poétique de l'ambiance l'atténue pourtant. Toujours, Savard s'appliqua à transmettre le plus adéquatement possible, par l'écriture et par la parole, les révélations obtenues. Comme le rappelle la toute première page de ces discours, il conférait une éminente dignité à qui «s'est voué au plus difficile des métiers: celui de dire excellemment les choses»». |
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