SUR LA PLACE
PUBLIQUE

Éditions de la Paix, Granby 1995, 112 p.


Description:


Sur la place publique est un réquisitoire en faveur d'une poésie accessible, libérée des credo et des modes, en faveur d'une poésie enracinée, fidèle aux aspirations des gens du pays. Un livre destiné à ceux qui aiment la poésie et le Québec.
L'auteur laisse la parole à des poètes ayant dit oui à la naissance du pays du Québec, tels Gérald Godin, Gaston Miron et Pierre Perrault. On y trouvera également des réflexions sur les prises de position de Félix-Antoine Savard, Roch Carrier et Jacques Godbout.


Quatrième de couverture



Extrait:

La poésie part en voyage

Je ne sais plus ce soir où va la poésie mais
je sais qu'elle voyage.

Claude Beausoleil

Il est à la mode de dire: je n'écris que pour moi... Alors, pourquoi publier? Pour voir son nom écrit sur la couverture d'un petit livre, tout en se fichant des lecteurs? La poésie n'est-elle pas un moyen de communication, un dialogue avec les siens, avec les lecteurs? Il me semble que l'on fait publier ses poèmes afin qu'ils soient entendus par quelqu'un, afin qu'ils partent en voyage.

La récompense de celui qui publie, c'est justement la réponse des lecteurs. Publier ses poèmes, c'est amorcer un dialogue fraternel dont on ne connaît pas les lendemains.

Puis, le livre doit être beau. Le recueil de poésie doit être une oeuvre d'art. Communiquer dans la beauté, c'est dialoguer pleinement. L'art établit une communication plus riche, plus profonde, plus durable. Malheureusement, certaines maisons d'édition font des recueils de poésie peu attrayants, leur donnant un aspect austère où s'allient grisaille et nudité. On dirait que leurs éditeurs disent: la poésie, ça ne paie pas, nous devons donc dépenser le moins possible pour la publication de ce genre de livres. D'ailleurs, le Conseil des arts ne favorise pas la création de beaux livres en les subventionnant au poids qu'ils représentent, sans considérer les frais de la production. Il faut dire cependant qu'avec peu de moyens financiers, certains éditeurs créent des recueils où le dépouillement a des charmes et fait ressortir la force du verbe.

Certaines maisons ont compris que la poésie y gagne à s'allier à d'autres formes d'art et nous offrent de bien jolis recueils. Leurs livres sont très beaux, ils ne coûtent pas plus chers que ceux des autres maisons et se vendent mieux qu'ailleurs. C'est dire que la poésie est vendable, lorsqu'on se donne la peine de la rendre attrayante.

Pages 35-36

 
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