Je saurai,
Tes jambes à mes jambes soeurs
Et ton coeur enserré de mes bras,
Épuiser l’ultime paysage
Du dernier souvenir.
Ta nuit seule en ma nuit ;
Ton âme flétrie à mon agonie ;
Ta musique ardente morte à mon long silence :
Je glisserai sur toi mes lentes caresses d’algues...
Et dans les conques nouvelles de ta bouche et tes yeux
J’éterniserai
La mortelle douceur de mon baiser
Et de mes larmes.
Dernier profil
Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1982, p. 10
Nuit de germe rompu
ô terre matricielle
dans le pas éternel des verdures grand largue
vulvaire printemps
d’inextricable effort
Furent
des bruits de soleil
et de large lumière
le chaste été aux mille midis
comme un enfant blotti en son mystère
repu d’oiseau et d’herbe
et de sable aux lèvres d’eau
s’endort
d’or
Furent
rétrécies la courbure du jour
et la tombée des heures
l’humilité des lampes
la horde des labours
fenêtre d’éternité
aux lueurs anéanties d’automne
Furent
les hâves rapaces
descendus du froid aux angles grêles
leurs griffes dans le suaire déchiré des neiges
repérées les aires de la mort
dénudé le lieu chaud des viscères
ô vieillesse rendue d’hiver
Sursis
Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1987, p. 33
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