Le Gratte-mots

Roman jeunesse,
Montréal, coll. "Échos", 1992,
(Prix Alfred-Desrochers 1993),
Illustrations : Monique Chaussé.

Description :


La vie dans une école secondaire est racontée à travers un journal étudiant: Le Gratte-mots. L'action évolue d'un numéro à l'autre, ce qui permet de s'attacher aux personnages, de nous faire partager leurs réflexions, leur angoisse, leurs espoirs et même leur drame. Car il se produit un drame dans cette petite école. La consternation passée, tout le monde tente de comprendre, d'expliquer. Une nouvelle solidarité voit le jour, appuyée par les parents et les professeurs. Chacun va apporter un élément d'éclaircissement. Certains se confient ou se confessent, d'autres s'accusent. Ce sont les jeunes qui orchestrent cette importante remise en question.
Drôle et profond, Le Gratte-mots se lit très facilement. On rit à quelques reprises, on sourit souvent, on est attristé, mais mine de rien, on réfléchit. Car ce texte aborde, de manière intelligente, les problèmes très importants qui touchent les jeunes dans leur vie de tous les jours.

Quatrième de couverture



Extrait :

Témoignage pris sur le vif
Lors de sa première sortie dans la jungle de l'école, notre brillant reporter a surpris une élève de secondaire V lundi à cinq heures. Elle marchait péniblement le long des couloirs, l'allure vacillante. Voici le message qui a été recueilli malgré les conditions difficiles et peu propices:

Ça y est! Ils m'ont eue! Je suis devenue dingue! On me surnommait déjà La cinglée , alors imaginez! Je suis à bout. Trop de devoirs, trop de leçons, trop de problèmes, trop de confusion. Dissertation pour demain, exposé pour mardi, examen cet après-midi: isométrie, géométrie, translation, réflexions, rotations qui rotationnent, trigonométrie, trie, trie trie... Isopropyle de bisodium de diméthyle. Confusion, molé milo, non moli molé, zut! Résoudre: je résous, vous résolvâtes, tu résolusses. Débile! Je crusse, tu courusses, je naquisse, j'oins, j'oignisse, nous oignons. Ah! Ah! Il a fallu que je déclamasse mon incompréhension en spasmes hystérico-masogloutonniques. Je suis fatiguée de cette agglutination de devoirs à des temps impossibles. Saturée. Concurrence monopsonistique et oligopsonistique, agrégats désagrégés. Ils ont noyé par leurs machinations le peu de logique qui surnageait dans ma tête, enfouie sous les décombres. Raison élimée. Energie sapée. Aspirations tuées dans l'oeuf. À bout, je vous dis...


Si quelqu'un retrouve cette malheureuse élève, prière de la diriger vers l'infirmerie. Elle est brune, plutôt petite, elle porte un jeans avec un trou au genou gauche, un chandail blanc.



Potins... Potins... Potins...
Nous avons appris de source sûre que le prof de chimie avait été remplacé par Madonna. Si, si, je vous jure! Nous l'avons vue, de nos yeux vue. Le prof de maths aussi l'a vue. Il fallait voir comme il s'est précipité pour l'aider à porter ses livres! En tout cas, si ce n'est pas Madonna, c'est sa soeur. (À suivre de près)

Matthieu Rhéault (sec. 3) se cherche une petite amie brune aux yeux verts de secondaire 4, elle est assise au troisième rang à gauche au cours de biologie. Avis à l'intéressée!

Ceux qui arrivent en retard le matin pour échapper au cours de physique et se retrouver en étude à la place, ont été soigneusement repérés. Ce sont toujours les mêmes qui se défilent! (Comité pour la dénonciation de l'injustice)

Serge Lefèbvre (se. 3), est-ce vrai que tu fumes? Deux de tes amis t'auraient surpris et comme ils te veulent du bien, ils te disent: Serge arrête tant que tu peux, c'est mauvais pour la santé. Message transmis!

Stéphane Lemieux a trouvé sa vocation: expert en démolition. Il fallait voir avec quelle virtuosité et avec un seul ballon de soccer, il a cassé les vitres du Pavillon II.

Pages 14 à 16

Notice biographique de Marie Page
Oeuvres de Marie Page
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