Hot-dog ou petit pain au chocolat

Paris, Flammarion, coll. "Castor Poche", 1988
Illustrations : Yves Beaujard
2e place au Grand Prix du Jeune Lecteur à Paris en 1988,
Prix pour la Littérature de Jeunesse de la ville de Montivilliers (France) en 1990.

Description :


Nés d'un père britannique et d'une mère française, Alex, treize ans, et sa jeune soeur Caroline vivent depuis toujours au Québec. Ils se sentent "internationaux" comme le dit Alex dans ses « mémoires » qu'il rédige en secret.
Mais Caroline la fouineuse découvre le livre de son frère et n'hésite pas à le continuer pour donner« sa » version des événements. Alex est d'abord furieux. Pourtant l'étrange dialogue va se poursuivre entre le frère et la soeur aux caractères si différents. Leur complicité nouvelle leur sera d'un précieux secours face aux tensions et aux heurts de leur vie quotidienne.
Un récit tendre et drôle dans lequel on s'aime beaucoup mais sans savoir comment se le dire.

Quatrième de couverture



Extrait :

1. Le Québec,
ce n'est pas la France
Chez nous, parfois nous sommes cinq ou six, parfois nous sommes plus nombreux. Il y en a quatre qui sont toujours là, c'est-à-dire papa, maman, ma soeur Caroline qui a dix ans et moi. Mon nom est Alex.
Les autres, ce sont tous les animaux de la maison. Leur nombre varie d'année en année. Nous nous sommes déjà retrouvés à quatorze quand nous avions cinq chats, un chien, un lapin et trois moutons. En ce moment, nous sommes huit avec le hamster et les trois chats.
Papa et maman sont enseignants tous les deux, sauf que maintenant, maman ne travaille que lorsqu'on l'appelle pour des remplacements. Je crois qu'elle n'aime pas trop ça parce que c'est un travail de bouche-trou.
Nous demeurons dans les cantons de l'Est, à environ une heure de Montréal. Nous avons un cottage à la campagne avec un grand terrain au bord d'un lac et nous avons même une forêt derrière chez nous. Mon grand-père et ma grand-mère habitent à côté, dans une maison toute en bois que mon grand-père a construite lui-même, en arrivant d'Angleterre. Mes grands-parents sont à la retraite. Ce sont eux qui nous gardent quand papa et maman ne sont pas là. Ils sont très gentils, mais ils n'aiment pas les animaux. Grandma, qui était infirmière dans une salle d'opération, à Londres, prétend que les animaux sont sales et qu'ils transmettent des microbes aux gens. Si c'était vai, nous devrions être malades tout le temps, parce que chez nous, les bêtes, ce n'est pas ce qui manque.
Mes grands-parents et papa sont britanniques, maman est française de France, et nous les enfants, nous sommes anglo-franco-canadiens, ou par ordre alphabétique, anglo-canado-français. Il y a plein de combinaisons possibles, mais je ne sais pas si l'ordre a de l'importance. Je me sens tantôt français, tantôt anglais et il y a des jours où je me sens tout à fait québécois. Surtout lorsque je veux faire râler maman. Elle ne supporte pas que je dise que j'ai «pogné un jump*» en ski, que j'écoute une «toune qui est le fun**». Ce qui la hérisse le plus, c'est quand je lui dis le matin que je risque de rater ma» bus, alors là, elle me rappelle un chat angora surpris par un bouledogue. Il y a des vibrations dans l'air!
Elle est souvent découragée, chaque fois que j'ouvre la bouche d'ailleurs, ou presque, mais elle finira bien par s'habituer. Je ne vais tout de même pas me mettre à «élocutionner» comme elle, on se plierait en quatre à l'école.
Ce que je pense au tréfonds de mes circonvolutions cérébrales, c'est que lorsqu'on « reste » au Québec, eh ben! on jase comme les Québécois.

* J'ai sauté par-dessus une bosse.
** Une musique qui est chouette.

Pages 9 à 12

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