Fascinante Nelly

Éditions Triptyque, Montréal, 1996, 130 pages.

Description:

Les personnages réels ou imaginés de ces récits ont habité l'enfance de Huguette O'Neil à Québec. Ils vécurent tous en s'accommodant tant bien que mal du contexte socio-économique de l'époque. Ils avaient un point en commun: leur impuissance à contrôler le parcours de leur existence. La connivence des pouvoirs religieux et politique leur laissait peu de marge de manoeuvre dans le contexte d'alors (1910-1945): une foudroyante épidémie de grippe espagnole ainsi qu'une sévère crise économique entre deux guerres mondiales. À l'instar de combien d'autres Québécois, les sacrifices énormes que l'on a exigés d'eux ont servi, il faut bien le dire, non seulement à maintenir un peuple français en Amérique, mais, plus encore, à le conduire aux portes d'un pays nouveau.

Sa mère, que l'auteure a racontée dans Belle-Moue, ainsi que ceux et celles qu'elle campe dans Fascinante Nelly sont à leur façon d'humbles héros et héroïnes de la survivance du pays français, le Québec. Huguette O'Neil tente de leur rendre justice dans ces récits du quotidien éclairés par la réflexion et le recul des années.

Un percutant regard de femme sur l'histoire

Huguette O'Neil, dans un tout nouveau recueil de récits intitulé FASCINANTE NELLY, n'y va pas par quatre chemins. Elle prend résolument partie pour les démunis qui, de 1910 à 1945, constituaient la grande majorité du peuple québécois.

L'écrivaine aborde dans les cinq récits que comprend le recueil les thèmes de :

- la maternité incontrôlée, tueuse de mères et fabriquante d'orphelins ;
- la grippe espagnole et ses séquelles sur la santé physique et mentale des ouvriers ;
- la crise économique et ses innombrable victimes inconnues ;
- l'atavisme ambiant qui réserve un sort peu enviable aux belles-mères de l'époque ;
- l'ingéniosité des couples pour s'inventer de secrètes méthodes anti-conceptionnelles.

Tantôt tristes, tantôt drôles, ces petites histoires insérées dans la grande histoire contemporaine du Québec fascineront par leur côté portrait de famille où tous et chacun sont assurés de se retrouver.

Extraits:

«Comme de bonne, c'est ce qui va arriver. Les médailles d'honneur, c'est pas pour nous autres. En connaissez-vous, vous, mam' Turcotte, une sainte qui a été montée sur les autels parce qu'elle était mère pis martyre? Avez-vous déjà entendu parler d'un monument élevé en l'honneur d'une mère de famille nombreuse? Non, jamais!»

«Étendue immobile, tendue et en attente, la chemise de nuit retroussée par dessus la tête, la femme, complètement nue dans le noir, récite comme une prière, un poème, le seul qu'elle connaisse, toujours le même, pour combler le vide du moment: Mille et une fois, l'homme,/de sa bouche avide, /a mordu dans ses seins/(..).»

«Si vous en avez le goût, prenez le temps de feuilleter le catalogue de la dernière exposition du célèbre peintre hollandais Vermeer. Au tournant d'une page, vous verrez surgir Mathilde. Vous la reconnaîtrez à la perle qu'elle porte à l'oreille.»


Critiques:

«(...) Huguette O'Neil a un talent pour la peinture sociale. Elle est bien renseignée, documentée, et tout ce qu'elle écrit dans FASCINANTE NELLY repose toujours sur des faits historiques. (...) Huguette O'Neil va loin et elle le fait volontairement. Elle montre le suicide et la faim, elle montre la maladie, l'épuisement corporel et la folie. Pourtant, ce n'est pas du misérabilisme pleurnichard et stérile. (...) FASCINANTE NELLY est un livre qui dérange parce qu'il nous renvoie à des vérités pas toujours faciles à assumer.(...) FASCINANTE NELLY suscite la réflexion.
Lire Huguette O'Neil, c'est comme lire du Zola, du Dostoïevski, ou Pierre Falardeau, ça donne juste envie de faire la révolution. En ce sens, FASCINANTE NELLY est un livre utile qui consacre Huguette O'Neil au rang des écrivains engagés pour la survie de l'Amérique française, c'est-à-dire pour notre propre survie.»
Pierre Salducci, (ex-critique au Devoir), MOEBIUS, 03/1997.

«(...) à travers cinq récits, la journaliste Huguette O'Neil nous trace des portraits saisissants de gens simples en lutte pour leur survie. (...) la plus jolie histoire est sans doute celle de Mathilde et Étienne du Tremblay qui ont trouvé un moyen fort ingénieux pour "empêcher la famille" et ainsi échapper aux impératifs catholiques de leur époque.
FASCINANTE NELLY de Huguette O'Neil chez Triptyque est un heureux mélange de faits historiques (...) pour ceux qui veulent replonger dans un passé peut-être plus présent qu'on ne le voudrait.
Hélène Lacoste, (recherchiste), AU PLAISIR DE LIRE (Télé-Québec), 13/03/97.

« (...) UN LIVRE CHOC OU QUI CHOQUE! (...) Cette excellente "raconteuse" a versé cette fois-ci dans les dialogues à saveur québécoise en transposant aussi fidèlement que possible l'expression orale des années 30 et 40. Chaque localité avait ses "manières" de s'exprimer en français. (...) elle reproduit le langage de la classe ouvrière de Québec et raconte des épisodes de vie durant la grippe espagnole, la crise de 1929 et la guerre de 45. La touche finale vous procurera un véritable choc. Je croyais retrouver "SEXUS" ou "PLEXUS" d'Henry Miller.»
Francine Laberge, LA NOUVELLE DE SHERBROOKE, 17/01/97.

«FASCINANTE NELLY a le grand mérite d'être limpide, attachant, dénué de prétention.(...) Un peu d'humour, beaucoup d'amour, le recul nécessaire au jugement qui amène une réflexion solide cachée dans l'écrin de ces "petites histoires" qui se laissent lire aisément, la ville de Québec en toile de fond. En relativement peu de mots, un morceau de notre histoire qu'il ne faudra jamais oublier.»
Rachel Lussier, LA TRIBUNE de Sherbrooke, 04/01/97.

«Jamais on ne rendra hommage assez aux femmes québécoises de jadis, victimes d'une société en qui les décideurs, politiciens et curés, ne voyaient que les instruments de la revanche des berceaux. (...)Madame Huguette O'Neil reprend leur histoire, et aussi celle de quelques hommes, dans FASCINANTE NELLY, recueil de cinq récits qui évoque le temps d'avant la Révolution tranquille, à Québec. L'hommage y est, sans doute, et aussi ce qu'il faut de colère pour le traduire.»
Réginald Martel, LA PRESSE, 15/12/96.

Réplique:

«Monsieur Réginald Martel, (...) Pour ce qui est de votre affirmation voulant que mes récits ne lèvent pas, je vous dirai ceci: la difficulté que représentent les dialogues en langue populaire exige une concentration et une lenteur inhabituelles au lecteur rodé à la lecture rapide du français international. Mes récits lèvent pour les lecteurs qui prennent le temps de les faire lever. C'EST UNE QUESTION DE RYTHME. Je regrette que vous ne vous soyez pas rendu jusqu'au quatrième récit titré Honoré de Neuville et se situant davantage dans vos habitudes de lecteur pressé par la tombée.»
Huguette O'Neil, LA PRESSE, 03/02/97.

«(...) les récits sont bien campés dans leur décennie (...) et couvrent bien les dures réalités de l'époque. La plume utilisée pour les raconter rend bien les scènes qui s'y rattachent. (...) je me suis enivrée de mots, d'images et d'histoire.»(Claire Fafard, Cyberscol)

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Oeuvres de Huguette O'Neil