Le duel d’une vie

Arion , 1993, 229 p.
Description: roman historique des années 1950-60.

Dans une communauté religieuse québécoise, une jeune fille fait l’offrande de sa jeunesse au Seigneur. Elle croit avoir la vocation religieuse; trois voeux s’offrent à elle: pauvreté, chasteté, obéissance. A travers un quotidien tissé de prières et de labeur, elle fait l’expérience de l’amitié entre consoeurs, de renoncement à sa jeunesse perdue, et d’un amour dit "platonique" avec l’aumônier. Au fil de l’histoire, on y découvre une vie austère, consacrée uniquement à DIEU. La vie en religion, à cette époque, était cousue de mystères... À travers ces personnages colorés, on voit la puissance de l’Église catholique, son influence et le dévouement de ces femmes... Entre l’abnégation et la passion, un duel... Un roman historique offrant au lecteur un plaisir constant par la justesse du verbe et la richesse du contenu.

Extraits:

«(...) La vie religieuse apparaît désormais comme une balance spirituelle, sur laquelle on dépose ses renoncements, ses privations. L’abstinence, le jeûne deviennent le bastion de l’austérité. La liturgie cimente l’âme religieuse auprès de la Source Divine.

(...) Un jour d’automne où la mélancolie a le goût de feuilles mortes, d’arbres aux branches dénudées, j’emprunte les allées du jardin, en solitaire. Un amoncellement de feuilles gisent au sol. J’avance dans cette orgie de couleurs m’offrant une saison teintée d’ocre et de cuivre. Silencieuse, j’enveloppe ma pensée d’un murmure et ma solitude d’une grande joie, tout en écoutant la complicité des grands centenaires. A gauche de l’allée centrale, le bouleau blanc enlace le chêne vert de ses bras nus. De la haie de chèvre-feuille, quelques oiseaux se grisent sous un soleil pâlotte. Je bénis le Seigneur de toutes ses beautés.

(...) Vendredi: rendez-vous hebdomadaire au tribunal des aveux. Minutes intenses agitées par des papillons frôlant mon coeur blessé d’amour. Enfin, agenouillée sur le petit banc, accoudée sur le bord du sombre grillage, j’attends fièvreusement que le doux visage de l’abbé Philibert m’apparaisse dans cette secrète pénombre. Bruit sourd, appréhension, regard voilé, souffle retenu, parfum épicé, grille entrouverte, balbutiements se côtoient tour à tour. »

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