SOIFAMINE

Poésie, Éditions Cosmos et Naaman, Collection Relance, Sherbrooke, 1978, 80 pages.
Page couverture et dessins de l'auteure.

Description:

Le volume est divisé en 2 parties:
la première partie a pour titre NUITERRE
la seconde GICLÉE D'AUBE.

Voici ce que l'auteure dit de sa poésie en quatrième de couverture:

Ma poésie

J'inspire, elle s'engouffre et m'engouffre
J'expire, elle volute et m'envrille
Elle suit le flux et le reflux des marées
Aux caprices de mes lunes
Je l'apprivoise. Je l'explore. Je la dévore
Je l'assimile et la redonne
Elle se recrée et me re-crée en me créant
Elle est la vie, la fin et le recommencement
La beauté de sa lumière
Elle me prête ses yeux et s'évade en silence
Elle crie et rit et pleure
Elle s'engouffre dans ma combe aux tourmentes
Expulse mes oiseaux-clameurs de suie
Et suit les méandres de l'ombr'odeur des marais
Elle se tait et disparaît
Mais bondit en délire d'un lieu de moi
Et me propulse loin devant
Elle éclate dans la lumière et me congratule.

«Cette oeuvre traduit la souffrance de ces appelés qui doivent faire preuve de patience l'espace d'une longue nuit sur terre et garder un ferme espoir qu'une aube nouvelle finira par percer la noirceur. Tels sont les deux volets de ce recueil qu'une dizaine de dessins-poèmes illustre admirablement»
Adnan Moussali, Dictionnaire des oeuvres littéraires, Fides,1994

Extrait 1:

L'ovule file

L'ovule baigne dans l'eau de la caverne
Que des siècles

              fermentent.
L'écume se multiplie
                      en sa toison.
S'agite
          le noyau
              dans le tête-à-queue
Vint le jour aqueux
                      où le devin
Vit le jour
       dans le vin et partit
Le fil lové
       à perles vivantes.
Que sourire ailé
              comme vivre
Du savoir-mourir
Bouche béate
              sur l'absence
                                gémit.

L'ovule love en silence.
La guirlande en douche
Touche à sa fin
Comme paroles-pollen

                          tombées
Flottent
            dans le cratère
                          au parfum vert.

L'oeil s'enfonce féroce
Jusqu'au nid
                  des Tropiques.

Extrait 2:

Mère-nuit...

Mère-nuit
               à contre-ventre

                              gémit
Dans son cercueil l'ovaire crevé.

L'enfant mort-né
Rit couleur

        dans l'espace-liquide
Dans la démesure.

La mère contristée

                    retient ses eaux
Les retourne
À la cité-citerne-bateau.
Mais les larmes la conservent en momie
Statue mammifiée
                    nourrit son mystère.
Le cordon strangulatoire
En l'heure
        qui perd-gagne et vit
Dans le chenail
              qui-parle-perd
                                    et part
Se chamaille
      ou se cache.

Je retrouve la perle

                   en terrécrin
Des chagrins conservés
                         sur la facécran
De soie
            d'avant-hiver.

La glèbe
            assoiffée
Strie sa face
                  et se tait.

 

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