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Jovette Marchessault ( 1938 - )

 

Notice biographique:

Née à Montréal en 1938, dans un milieu ouvrier dont elle a expérimenté les conditions difficiles, Jovette Marchessault entreprend à la fin des années cinquante une recherche d’elle-même et des autres à travers les deux Amériques. Autodidacte, elle exprime ensuite à travers la peinture, la sculpture et l’écriture sa perception de l’expérience humaine dans différentes dimensions.
De 1970 à 1979, dans plus d’une trentaine d’expositions en solo, elle présente ses fresques, ses masques et ses sculptures au Québec, à Toronto, New York, Paris, Bruxelles.
En 1975, Jovette Marchessault inaugure sa carrière littéraire en publiant Le crachat solaire, premier roman d’une trilogie intitulée Comme une enfant de la terre et qui lui vaut le prix France-Québec. Le deuxième volet, La mère des herbes, est publié en 1981, et le dernier, Des cailloux blancs pour les forêts obscures, en 1987.

A partir de 1978, Jovette Marchessault s’affirme comme auteure dramatique. Elle fait jouer plusieurs pièces au théâtre et par différentes compagnies théâtrales : le Théâtre du Nouveau Monde (1981), L’Atelier continu (1984), le Théâtre d’Aujourd’hui (1988), L’Aire de Jeu (1993) dont ce fut la première production, le Théâtre expérimental des femmes. Certaines de ses pièces sont jouées également à l’extérieur du pays, à Paris, et en Italie entre autres.
Le Triptyque lesbien a un impact non négligeable dans le monde artistique, tant anglophone que francophone. Il est composé de trois volets : Chronique lesbienne du moyen-âge québécois, Les Vaches de nuit (1978), Les Faiseuses d’anges (1979).
Les années suivantes sont aussi prolifiques pour Jovette Marchessault. Elle livre: La saga des poules mouillées (1981), La terre est trop courte, Violette Leduc (1981, et reprise en 1992), Alice et Gertrude, Natalie et Renée et ce cher Ernest (1983), Anaïs dans la queue de la comète (1985, Prix du Journal de Montréal), Demande de travail sur les nébuleuses (1988, Grand prix littéraire de la ville de Sherbrooke), Le voyage magnifique d’Emily Carr (1990, joué en anglais à Victoria en 1992, Prix du Gouverneur général) et Le Lion de Bangor (1993). Sa plus récente oeuvre pour le théâtre est éditée en 1998 : Madame Blavatsky, spirite.

« Elle s’est distinguée au théâtre par son approche librement biographique du destin de certaines femmes, écrivaines ou artistes, rebelles, et souvent humiliées, combattives et scandaleuses... » (Gilbert David, La Presse, novembre 1992).

Dans toute son oeuvre artistique, romanesque et dramatique, très bien documentée, Jovette Marchessault met en valeur les grandes figures de femmes qui ont illustré la vie littéraire et la lutte féministe. On compte près d’une centaine de figures féminines qui animent ses livres , à titre de héroïnes principales ou comme figures de référence. « Le grand livre des femmes est commencé » comme le dit l’auteure par la bouche d’une de ses personnages. « Nous ajouterons les pages de notre livre au texte en croissance de toutes les femmes de la terre. » Il semble que ce soit le rêve de l’auteure. Plus encore, « ...on peut changer le monde par des mots », dit-elle. C’est bien là son projet lorsqu’elle fait ressortir, d’une façon lyrique et même surréaliste, les liens entre les êtres et aborde progressivement le thème de la réconciliation : mystère des liens entre les vivants et les morts, les humains et les animaux, les hommes et les femmes , dans une perspective écologique et spirituelle. Son écriture semble inspirée d’un souffle chamanique qui rappelle l’oeuvre de Carlos Castanedas mais sans référence aux paradis artificiels.

Jovette Marchessault écrit bien : « une langue belle qui se déchire comme la dentelle. » (Jean Beaunoyer). Belle écriture mais qui frappe dur, bousculant les préjugés, dans un style quelquefois provocateur qui interpelle les valeurs et les idées reçues. On sent toute l’authenticité, l’engagement social et le courage de cette créatrice. « Marchessault cogne. Mais Marchessault touche aussi. » (Rachel Lussier, La Tribune, 9-04-93).
Avec Nicole Brossard, elle produit le spectacle Célération pour magnifier l'écriture des femmes, spectacle présenté au Théâtre du Nouveau Monde en 1979.
Elle est aussi cofondatrice d'une maison d'édition internationale, le Squawtach Press.
Depuis 1983, elle est chargée de cours au département de théâtre de l'Université du Québec à Montréal.
Elle a été collaboratrice au Devoir et aux revues Châtelaine, La Vie en Rose, Fireweed, --13 Moon, -- La Nouvelle Barre du Jour.
Depuis plus de dix ans, cette auteure prolifique demeure en Estrie où elle joue un rôle actif dans les milieux culturels, notamment comme présidente du Conseil régional de la culture de 1990 à 1995. Elle a été nommée au Conseil des arts et lettres du Québec en 1993, et son rayonnement s’étend au Canada anglophone et sur le plan international.

 

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Oeuvres de Jovette Marchessault
Références sur Jovette Marchessautl

Présentation : Pauline Vanier et Yvon Bellemare
Codification:
Claire Fafard

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Info

Mise à jour le 7 mars 1999
Claire Fafard
©CyberScol