L'ÎLE DE L'ADORATION

Publié aux Éditions Triptyque, Montréal, 1991, 178 pages.

 

Description:

«La plainte lugubre du vent s'éleva dans les branches et un corbeau traversa l'horizon. Une grande noirceur s'abattit sur l'île de L'Adoration. La dépouille disparut sous l'amassement miasmatique. Souriant de cruauté, le souverain enfonça ses souliers de bal dans le marais dégoûtant. Plein de superbe, il trempa ses dentelles de Cendrillon dans les matières fécales. Assoiffé de chair visqueuse et de sang froid, il saisit un crapaud. Il l'étrangla.» «L'île de l'Adoration est un livre très difficile. L'auteur ne fait aucune concession au lecteur. On n'oubliera jamais ce roman parce qu'il décrit, par l'intérieur et comme magnifié par la double lunette expressionniste de la fascination personnelle et du dégoût, le trouble et l'inconfort d'un certain Québec d'aujourd'hui. De plus, Pierre Manseau dispose d'une langue très ferme mais toujours colorée, souvent superbe.» (Jean Basile, Le Devoir, samedi 3 août 1991, p B-7). «Pierre Manseau n'a pas eu peur d'en mettre épais. Il a fait un livre violent et sauvage, débordant de bouffonnerie gloutonne. L'île de l'Adoration est une farce comme au temps du Moyen-Âge (une farce cochonne qui sait devenir sérieuse à l'occasion).» (J. Gagnon, Voir, 29 août au 4 sept. 1991, p.28).

Extrait:

«Mal assis dans son joli fauteuil, obsédé par les cafards qui paradaient dans la crasse des guéridons, le juge contemplait d'un oeil sévère les témoins au procès. Ceux-ci avaient les facultés amoindries par les abus de la nuit précédente. Deux cafetières pleines du marc n'avaient pas réussi à les réveiller tout à fait. Ils cognaient des clous, leurs membres étaient endoloris et leurs réflexes demeuraient incertains. D'un geste machinal, l'homme de loi saisit le marteau de la justice et assassina les insectes qui escaladaient les plis de sa toge. Puis, il fit venir un premier témoin à la barre.» (p. 33)

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Oeuvres de Pierre Manseau