Notice biographique :
Natif
de Bagotville, qui se mire dans la magnifique baie des Ha! Ha! et fait aujourd'hui partie
de Ville la Baie, sur le fjord Saguenay, Romuald Lepalis réside à Chicoutimi
depuis bientôt cinquante ans. Après avoir poursuivi des études académiques chez les
Frères du Sacré-Coeur de son patelin, il a participé durant plusieurs années à divers
enseignements du soir.
Épris, entre autres, de prosopopée, c'est un écrivain au calame fécond, débordant.
L'on se rendra compte que ses travaux littéraires ont été de longue main mûris,
peaufinés, échenillés. Avant qu'il ne se voue pleinement à son art, il s'est
occupé de traduction et de révision de textes. En plus d'avoir écrit dans différents
périodiques du Saguenay-Lac-St-Jean, il a collaboré à des revues spécialisées
partout dans la province.
À ses heures, l'écrivain Romuald Lepalis n'est pas
qu'essayiste, allégoriste ou nouvelliste. Il sera aussi bien musicien, compositeur,
satiriste, vers-libriste et poète. Il a manié souventefois le surréalisme. Or, c'est
avec circonspection, discernement et précaution qu'il s'y est frotté.
Depuis peu, il s'est consacré à la poésie pure, une poésie qui enchante et qu'on
pourrait qualifier de vigoureuse puisqu'elle est émaillée de sarbacanes pour le
moins "télescopeuses", c'est-à-dire percutantes. C'est là, en particulier,
que les lecteurs acquièrent la faculté de découvrir l'âme profonde de l'écrivain et,
ainsi, jauger avec sagacité les entremets savoureux qu'il prépare avec minutie
pour eux. C'est que Romuald Lepalis laisse entrevoir la poésie dans son ampleur
totale. Il propose des poèmes énergiques et remplis de déclics positifs au sein
desquels l'aspect «métaphysique» n'est pas négligé.
Une multitude de
sentiments fort positifs, étincelants même, se rencontrent dans les travaux
littéraires du poète. Ne nourrit-il pas un idéal formant catapulte judicieuse
propre à cristalliser chez ses lecteurs des valeurs humaines de prodigieuse
portée. Voilà des fleurons d'éclat qui bâtissent dès maintenant son prestige,
un renom d'ailleurs destiné à grandir sans cesse.
L'auteur aborde bon nombre de sujets, en particulier la vie agreste et la
philanthropie. Son dessein est de toucher à toutes les facettes de la littérature
poétique: odes, sonnets, dizains, quintils, alexandrins, vers claudéliens, etc.
Autant avancer que ses poèmes peuvent paraître parfois brefs, parfois assez
imposants. Ils s'avèrent, à chaque fois, d'une probité jamais démentie.
Certes, Romuald Lepalis fera partie de ceux qui détiennent un coin privilégié dans le c¦ur des
masses. S'appliquant à peaufiner des textes de tout acabit depuis nombre d'années,
il refuse de se croire du clan des plumitifs tardifs. Toujours, il a désiré briser le
mur du silence; son crayon l'a percé depuis longtemps. Qui veut la fin prend les
moyens.
Il s'est efforcé, en toutes les occasions, d'idéaliser, d'embellir, de magnifier
les réalités positives qui l'entourent. Son attention continuelle a été de ne
jamais évincer du texte le caractère esthétique, de ne jamais dissocier ce
côté-là de ses soins durables lesquels rejoignent les aspects moralistes comme,
évidemment, littéraires et intrinsèques de son violon d'Ingres.
«J'espère,
dit-t-il, que la prud'homie que j'ai semée au tréfonds de mes écrits, que les
protestations de loyauté dont je les ai teinté, pourront rencontrer, sans
frictions irrémissibles, la franchise de mes lecteurs».
Au noeud des pensées et des propos auxquels l'écrivain prolifique laisse voir le jour,
son âme passionnée, son âme altière, son âme rigoureuse semble avoir désarçonné
l'impossible pour réagir, oh! sans messéance aucune, encore qu'avec tonnerre, contre le
banal, le trop ordinaire, le trivial. Son coeur s'est fixé comme buts de s'introduire
dans l'écaille des êtres, dans le noyau vibrant des individus. Il a voulu s'y
plonger par degrés calculés, par bonds successifs, par intuition coriace
aussi, d'une manière quelquefois à moitié sentimentale, mais, enfin, remplie d'un
émoi insaisissable en même temps que non dissimulé.
Montesquieu proposait ceci:
«Lire, c'est échanger des heures d'ennui contre des heures délicieuses!»
Pour sa part, Romuald Lepalis avoue qu'écrire, ou se livrer par la plume, c'est
désirer transfuser aux lecteurs, et cristalliser en même temps en leur coeur, des
instants de bonheur capables de prendre le dessus sur tout accablement virtuel!
Apparemment, l'auteur serait un fanatique, ou plûtôt un érudit qui aime vider les
encriers. Il ignore comment s'appelle cette manie. Le pire, c'est qu'on lui a fait
remarquer, sans avertissement, qu'il possédait une certaine affinité avec
Lamartine et Alphonse Daudet. Et aussi avec l'incisif La Bruyère, mort en 1696...
il y a 300 ans! Dans ses «Caractères», La Bruyère, chacun le sait,
s'avise d'être le peintre intraitable de ses congénères. Sans l'avoir choisi comme
modèle ni lu particulièrement, à son instar Romuald Lepalis se montre sans doute,
dans sa littérature, un peu amer, il semble qu'il soit parfois cruel envers la
société contemporaine. L'on peut penser qu'il aît acquis l'habitude de blâmer
vertement la décadence des traditions de toutes sortes et de morigéner ceux qui
font fi du travail des pionniers. Il est vrai qu'il s'attarde à stigmatiser le
mépris collectif des moeurs de bon aloi. Il passerait un temps ponctuel à fulminer
contre les affairistes et les spéculateurs qui oppressent les gens. Il
s'éreinterait à fustiger le pouvoir sans mesure des nababs et des opportunistes!
Non pas que ses lecteurs risquent d'être confrontés à un usager continuel du sarcasme,
de l'ironie, ou à un visionnaire avéré et même outré. Que non!
Le poète apprécie vraiment trop l'altruisme pour oser saccager ce qui
est encore congru et acceptable dans notre monde! Mais alors, ce sont des exigences
peut-être gigantesques qu'il soumet. Elles peuvent paraître désarmantes,
renversantes. En tout cas, on ne saurait trouver propositions plus péremptoires,
non désinvoltes pourtant. À titre de changements, entrevus en filigrane, on ne saurait
rechercher ni mieux ni plus. C'est si peu souvent que les gens parviennent à
retracer des couleurs brutes qui soient semblables à celles que l'auteur expose dans ses oevres!
Personne ne connaît encore ce que pourra écrire demain le
scribouilleur qui se cache derrière le crayon du poète. Un peu tel que le
supposait Jean Richepin dans son poème LA SOURCE, le ru part minuscule; cependant, avant
peu, il pourrait fort se transformer en titan! Qui vivra, constatera! Pour
l'instant, voici des paroles que Romuald Lepalis a confiées à certains amis de la
poésie: «Après la rédaction de quelque quatre-vingt-dix poèmes, j'ai senti
que je n'étais plus le même ruisseau...»

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Oeuvres de Romuald Lepalis
Rédaction: Romuald Lepalis
Codification: Yan Moisan