Le Chingolo philosophe

Paru aux Éditions "Se Dire",
Jonquière, Québec, 1997


Description :

Essai de prosopopée philanthropique auquel se greffent des dessins typiques, des pièces musicales inédites, des chants monodiques ainsi qu'un certain nombre de poèmes plurimètres. Il s'agit d'une monographie à spécificité anecdotique tant soudée au vécu champêtre qu'au côté philosophique des choses et des êtres. En guise de rédacteur délégué attitré, la préférence de l'écrivain s'est portée sur un passereau prosateur, plus précisément un pinson chanteur, surnommé au Mexique «Chingolo à gorge blanche». L'oiseau se sert du JE allégorique afin de traduire l'ensemble des ingrédients à connaître. Il se débrouille de noble façon puisque non seulement se montre-t-il apte à ramager, mais aussi à s'esclaffer, à pleurer et compatir, à tout poétiser, à méditer, à philosopher selon son sobriquet manifeste, à jouer le rôle d'agent de narrés, enfin à s'extasier.

Il semble inutile de faire remarquer que les lecteurs, férus de  bouquins, ne sont pas sans rechercher et sans goûter particulièrement les événements relatés, les contes ingénus, les fables, les souvenirs. Dans ce volume sans prétention, sont présentés une large variété de ces derniers sous une physionomie caractéristique teintée de sapidité.

L'ouvrage sera susceptible de plaire, d'une manière ou d'une autre, aux nombreuses personnes inclinées vers le désintéressement, aussi à celles ayant un penchant pour les sciences naturelles, professant une conception existentielle de bonne portée, aimant le loisir de dilettante, cultivant l'excellent altruisme ou encore fréquentant dans la paix un pied-à-terre campagnard.



ATENTION! Il ne faudrait pas considérer cet ouvrage comme un cours insolite de logique.
Son titre aurait pu fort bien se lire «Un pinson philanthrope», c'est-à-dire qui aime ses «semblables» et s'occupe avec perspicacité à transformer leur destin respectif.

Notre oiseau-écrivain ne souhaite enseigner que la seule culture altruiste de tous les jours, ce dans une ambiance apportée par un certain art de raconteur.

Un océan d'enthousiasme attend le lecteur qui consentira à s'y laisser noyer.
À bas les tartuferies et les reculades; l'ère vient où semblerait péremptoire pour chacun la nécessité de se placer au-dessus des coups du sort...


Extraits :

«Je veux vous décrire l'apparence féérique de ma futaie préférée, au   clair de la lune; je veux vous montrer le contour déformé et vacillant des   choses et des êtres placés sous l'éclai-rage pâlot d'un fanal à kérosène; je voudrais vous présenter les ombrées et les breuils que j'affectionne  depuis un temps inconnu de moi-même; je vous ferai partager les visions fugaces qui me zèbrent la pie-mère lorsque je m'installe la tête en l'air afin  de regarder flâner les cirro-cumulus du ciel!» p. 193





«Quand le monde aura suffisamment englouti de temps à claironner la synthèse de ses déboires, que tous auront enfin fini de s'évertuer à vanter ou prétexter sottise et haine, je pourrai peut-être, de mon côté, m'enhardir à proposer  l'espoir vivifiant, la vie enthousiasmante, le bonheur caché des choses qui sont pourtant là offertes à quiconque veut bien s'aviser de les apercevoir, la musique plaisante et inviolable des futaies rustiques perdues dans mon bled, la poésie caressante, clapoteuse du ponant dans les boqueteaux, enfin un certain nombre de réelles balises de premières coulées et qui durent.  S'il plaisait au Bâtisseur des univers, il me serait sans doute permis de soumettre cet avertissement, cette exhortation, sans avoir besoin de mégaphone: agissez donc, humains, comme si votre milieu de vie était  une ruche où il n'y eût nulle domination ni désordre, nul conflit ni  division, nul ressentiment ni dissidence, nulle opinion outrée ni mésentente». p. 215

 

Notice biographique de Romuald Lepalis
Oeuvres de Romuald Lepalis