Chroniques amères d'Abitibi
tome 2

Publié aux Éditions GGC, 1995.
Roman

Description: 

«Les paroissiens étaient réunis sur le perron de l'église de Val-des-Neiges. Ils flânaient après la messe dominicale lorsque le bruit d'une voiture attira leur attention. La portière s'ouvrit et le curé André Fortin descendit. Il regarda les gens en souriant.

...André voulait comparer la rue Principale de ce mois de mai 1950 avec celle qu'il avait connue en avril 1936, à son arrivée à Val-de-Neiges. Que de changements depuis ce temps! Le sol était riche de mines d'or et de cuivre, mais les difficultés de l'existence décourageaient les colons. En hiver, ils devenaient bûcherons, au printemps draveurs, en été cultivateurs.

Le missionnaire-colonisateur avait raconté à André que les pères de famille étaient venus s'installer dans le Nord dans les années 1917-1918 pour soustraire leurs fils au service militaire. Une fois le conflit terminé, ils restèrent en Abitibi.

Heureux de voir la prospérité du village, le curé revint au presbytère... D'un pas décidé il se dirigea vers l'entrée. Cet endroit, il le connaissait bien.

Le silence se peupla tout à coup et il entendit la voix de Mathilde... Il avança de quelques pas et se retrouva au fond du couloir qui donnait sur la cuisine. La sensation que le temps s'abolissait, que rien n'était changé, le saisit à la gorge. Ici, c'était le royaume de Mathilde... Mais il décida que l'attendrissement avait assez duré... »

Ainsi André était de retour parmi ses amis et leurs enfants! Il serait le témoin amical de leurs joies et de leurs misères.Il serait celui qui redonne courage dans les combats car la génération qui suivait celle des pionniers de l'Abitibi, héritait d'un Royaume inachevé, dur pour ses enfants.

André sentit qu'il retrouvait son passé, déchiré par un amour inoubliable et impossible...

Quatrième de couverture


Extrait:

«Chère Adèle, avait écrit André, je voulais te dire merci avant qu'il ne soit trop tard. J'ai conscience de perdre la raison et cela m'humilie terriblement. Quelle déchéance!

Pendant qu'il est encore temps, je veux te supplier de te remarier avec Jean. Puisque vous vous aimez tous les deux, pourquoi attendre plus longtemps? Je veux aussi te dire que j'ai bien aimé ma vie avec toi, tu as adouci ma vieillesse. N'est-ce pas qu'on s'est aimés tous les deux? Comme un père avec sa fille?

Mais vois-tu, il faut que je te dise... Je ne sais plus quelle heure il est ni quelle année et je n'ose pas le demander de peur de passer pour fou. Chaque jour je m'enfonce dans ma nuit. Alors, mourir, ce n'est rien...

Je voulais te dire une autre chose qui me semblait importante, c'était au sujet de ton...

Quel malheur! J'ai été distrait une seconde et j'ai perdu mon idée. Vois-tu, c'est comme ça, j'oublie tout. Mais la seule chose que je sais et que je voulais te dire, c'est que je t'aime. Adèle, mon enfant. Alors, je t'embrasse,

«André»        

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