LA CAGE DE LONDRES

Édition Alire, 2003
Roman jeunesse, 243 pages
Illustrations : Jacques Lamontagne


Description :

Il y a un peu plus d'un siècle avait lieu la première invasion de la Terre par les Martiens. Malgré leur supériorité technologique écrasante, les envahisseurs, terrassés par une bactérie, avaient alors perdu la guerre. Mais quelque temps après ce cuisant échec, les Martiens avaient récidivé et, mieux préparés cette fois, ils avaient vaincu. Depuis lors, les « Maîtres » ont parqué les humains dans de gigantesques enclos et les élèvent comme du cheptel. Car les Martiens se nourrissent de leur sang !

Dans la cage de Londres, George, un mâle qui en est à son premier prélèvement sanguin, noue une étrange relation avec un jeune Maître. Et ce qu'il découvre au fil des semaines ne correspond guère à ce qu'on lui a enseigné : se pourrait-il que les Maîtres n'aient pas toujours été les protecteurs des humains ? La Cage de Londres : une suite fascinante de La Guerre des mondes, l'un des plus grands classiques de la littérature de science-fiction de tous les temps.

(Quatrième de couverture)


Extrait :

Chapitre 2 : Le 2e cercle d'Oxford

Un grondement s'insinue dans le crâne de George. Il tremble de tout son corps.
George ouvre les yeux en sursaut. Il veut se relever, mais ses membres refusent de lui obéir. Quelqu'un est penché sur lui, indistinct. Le maître? A-t-il terminé le prélèvement?
BRRrooooom... le grondement s'atténue. George cligne des yeux plusieurs fois, avant de reconnaître enfin ce visage familier aux yeux verts. - Ne crains rien, Geo, ce sont les âmes qui s'en vont au ciel, dit la femme à la belle voix vibrante. Toi, ton sang est bon, mon grand!
C'est Ann, sa mère.
George la contemple avec des yeux effarés, pas tout à fait encore revenu à la réalité. À travers la paille rouge sur laquelle il repose, il sent encore la sourde vibration de la dalle de béton se communiquer à son corps. Les âmes... au ciel. C'est ainsi qu'on explique ces grondements occasionnels accompagnés de vibrations qu'on peut sentir dans les murs et le plancher. Mais le ciel n'est pas pour lui... du moins pas cette fois. Les maîtres soient loués!
- Le ciel peut attendre, vive le jour d'hui! continue joyeusement Ann.
C'est un adage populaire, ici. Peu importe le passé de l'humanité, c'est une époque révolue. Et il n'y a rien de plus à attendre du futur. Seul compte le présent. Vivre aujourd'hui, un jour à la fois...
(…)
Autrefois, paraît-il, l'Humanité a vécu une longue période de purgatoire. Une période terrible. Les Londoniens connaissaient la souffrance, étaient victimes de pénibles maladies, devaient trouver eux-mêmes leur nourriture, devaient se vêtir (difficile à imaginer), construire des abris pour se protéger des éléments (encore plus bizarre... des écarts de température, de l'eau qui tombait du ciel, des éclairs et du tonnerre... quel monde inconcevable!)
Puis un prophète, Wells le visionnaire, a annoncé le premier la Sainte Invasion. Des sauveurs sont venus sur Terre (à ce propos règne une certaine confusion sur la signification du mot «Terre»; on suppose généralement qu'il s'agit d'un autre nom pour Londres, bien qu'il existe aussi d'autres interprétations plus farfelues).
Les Seigneurs descendirent du ciel (où que cela puisse être!) dans leurs bolides de feu. Plus précisément, ils venaient d'une portion du ciel nommée «Mars». Ils sillonnèrent la Terre à bord de grands chars tripodes, évoquant la trinité divine.
Les Londoniens qui n'acceptaient pas la grâce d'être sauvés périrent dans les feux de l'enfer. Les élus survivants furent conduits ici, un paradis où prospèrent leurs descendants encore aujourd'hui. Aucun souci, aucun effort à fournir. Seule condition, faire le sacrifice de son sang régulièrement aux nouveaux maîtres.


Critiques :

Voir Montréal, 27 mars 2003
Critique de Christine Fortier
Mars attaque

« Avec une sensibilité incontestable, Jean-Pierre Guillet dresse un portrait fort réaliste de ce que pourrait devenir l'humain en situation de captivité. Les descriptions imagées et les termes colorés qu'il a pris le soin d'inventer permettent de plonger aisément dans l'histoire qu'il s'est appropriée avec respect. Une digne suite de La Guerre des mondes. »

La Presse, 6 avril 2003
Critique de Norbert Spehner, collaboration spéciale,
Une suite à
La Guerre des mondes

« Il faut un certain courage, voire un peu d'inconscience pour se lancer ainsi dans les traces d'un grand ancien comme H. G. Wells. Jean-Pierre Guillet a très bien relevé le défi. Il a su parfaitement recréer l'esprit du roman original, dont il rappelle subtilement les éléments essentiels, pour construire une histoire de son cru.

« Une des grandes originalités de ce roman, plus axé sur la psychologie que sur l'action, c'est de proposer le point de vue des envahisseurs (ce que Wells n'a pas fait). Défi redoutable: l'auteur doit jongler avec la nécessaire inquiétante étrangeté, chère à Freud, qui met le lecteur en contact avec une pensée autre, tout en s'assurant que ce même lecteur puisse comprendre les concepts déroutants qui émaillent le récit. C'est là l'essence même de la bonne science-fiction dont la thématique s'articule autour des concepts de l'ailleurs et de l'autre. Inventer une psychologie martienne à la fois étrange et compréhensible n'est pas à la portée de tout le monde.

« Guillet a écrit là un roman tout à fait intéressant, solidement ancré dans le récit initial de son illustre prédécesseur, à qui il rend hommage de brillante façon. »

Cote d'appréciation : * * * * (Très bon)

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Oeuvres de Jean-Pierre Guillet
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