Le Survenant

Publié aux Éditions Beauchemin, 1945
Résumé
Un soir d’automne, au Chenal du Moine, un étranger frappe à la porte des Beauchemin. Le lendemain et les jours suivants, il aide les hommes à accomplir les travaux de la ferme. Comme il est un bon travaillant, Didace Beauchemin lui offre le gîte en échange de son travail. Son fils Amable et sa bru Alphonsine voient d’un mauvais oeil l’intrusion de ce «Survenant» dans la famille Beauchemin. Pourtant, ce «Grand-Dieu-des-routes» exerce un fort attrait sur les sédentaires du Chenal du Moine. Il a beaucoup voyagé et est un conteur hors pair, si bien que tous les voisins accourent pour l’entendre. Parmi eux, il y a Angélina Desmarais, une voisine qui a levé le nez sur tous les soupirants du voisinage. Elle est amoureuse du Survenant et celui-ci semble répondre à son amour. L’hiver passe et le Survenant semble vouloir rester. L’amitié du père Didace, qui le considère comme son fils, et l’amour franc d’Angélina lui font oublier les mesquineries dont il est l’objet dans ce petit milieu qui accepte difficilement qu’on puisse déranger l’ordre des choses. L’été revient. Le Survenant se trouve à la croisée des chemins : rester ou partir? «S’il reste, c’est la maison, la sécurité, l’économie en tout et partout, la petite terre de vingt-sept arpents, neuf perches, et le souci constant des gros sous...» «S’il part, c’est la liberté, la course dans la montagne avec son mystère au déclin. Et tout à coup : une sonnaille au vent. Le jappement d’un chien. Un tortillon de fumée. Une dizaine de maisons. Des visages étrangers. Du pays nouveau. La route. Le vaste monde...» L’appel de la route sera plus fort et, sans rien dire, il repart comme il était venu.

Portée du roman
«Le Survenant, au même titre que Menaud, maître-draveur, Trente arpents et, bien sûr, Un homme et son péché, s’inscrit dans l’âge d’or du roman du terroir. D’une certaine façon, il en exprime le point culminant. Après lui, s’annonce le déclin de l’esthétique du terroir : plus jamais on ne pourra retrouver le ton puissant des années 1930-1945.» (André Vanasse)

«Le roman confirme la présence de plus en plus envahissante de la ville que la «révolution tranquille» couronnera de façon magistrale. L’industrialisation a sonné le glas de l’idéologie agriculturiste emportant dans sa débâcle des valeurs culturelles et spirituelles qui avaient fleuri en terre québécoise depuis plus de deux siècles. En ce sens, le Survenant se présente comme le pur personnage de la contradiction: déguisé en Indien, il poursuit sur toutes les routes le rêve d’une innocente nature mais il échoue toujours lamentablement dans ces lieux «culturels» qu’on nomme bars ou hôtels.» (André Vanasse)

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Oeuvres de Germaine Guèvremont
Références sur l'auteure