Libertés Surveillées

Publié aux Editions du Parti pris, Montréal, 1975
Tiré du Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec et selon Jean-Yves Théberge, ce recueil évoque les événements d'octobre 1970. On y trouve la même langue, celle qui naît dans la rue où la misère invente des images pour se nourrir d'illusions. L'auteur prend plaisir à désarticuler le langage, à y introduire des sacres et des mots anglais afin de faire réagir son public. Le poète crie la difficulté d'être en ce pays. Il le fait avec une richesse d'images qui touchent, surtout quand il puise dans son enfance où la ville et le fleuve se confondent dans des rêves sans lendemain.
"Nous étions des enfants d'or
les joncs nous fouettaient les jambes
le fleuve nous montait des bateaux
le fleuve nous mentait".
Poésie du mal de vivre, poésie aussi des petites gens, de ceux qui triment dur pour les autres et pour presque rien, de tous les "cassés" qui traînent les rues pour un peu de bonheur que même "l'autre" ne peut leur donner:

"Mais je me retrouve sans toi
quand la nuit jette sur mon lit
les trente chats des cauchemars".
Parmi tous les écrits publiés sur octobre 70, celui de Godin restera comme le cri le plus simple d'une blessure presque muette.

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Oeuvres de Gérald Godin
Références sur l'auteur