À LA POURSUITE D'UN RÊVE

Publié chez Arion, Québec, 2000

Description :

Sur une plage, la rencontre d'un vieil homme de la mer poursuivant un idéal deviendra un phare pour Marie-Anne.

Cette jeune infirmière éprise d'un grand rêve, parcourra plusieurs continents pour le réaliser. Amoureuse de la mer, des humains et des enfants, elle vivra des jours qui la marqueront à jamais.

Boby, le journaliste à la recherche d'événements internationaux, Moufaka, le guerrier africain et Karina, une amie, nous entraîneront à sa suite. Ils nous feront découvrir Marie-Anne, cet être exceptionnel, dans sa quête du mieux-être des enfants de la terre à travers la poursuite de son rêve.

Ensemble, suivons le magnifique bateau de cette vie très spéciale.

Puissions-nous y puiser une source intarissable d'inspiration personnelle.

VISION MONDIALE recevra les droits d'auteur de ce livre pour la poursuite de leur idéal à travers leurs œuvres.


Extraits :

(...)À la sortie de l'avions, Marie-Anne sentit cette chaleur nouvelle lui effleurant la peau, elle prit possession de ses bagages et se dirigea, en suivant les indications, vers un lieu d'embarquement réservé à un avion militaire de l'ONU. Arrivée vers cette salle immense, elle réalisa, à la vue de tous ces gens, qu'il devait y avoir plus d'un avion réservé à cette mission. Elle se présenta pour enregistrement et apprit que son départ était retardé d'une heure. Son embarquement aurait lieu à 8 heures du soir.

L'avion atterrit à Dacca sans problèmes, suivi des autres avions militaires affectés à cette mission. Les minutes qui suivirent semblaient longues avant l'ouverture des portes, puis elles s'ouvrirent et nous avons été envahis par une chaleur humide et intense. Par la suite, nous nous sommes dirigés vers les hangars consignés à l'organisation afin d'y passer la nuit. En arrivant, aucun comité de réception n'était sur place. Pendant plus de deux heures, nous avons attendu l'avion cargo afin d'avoir le matériel nécessaire pour la mission.

Une heure plus tard, le bateau quitta ses amarres. Le moteur diesel ronronnait et les vagues du bateau tentaient de briser le miroir jusqu'à la plage, il n'y avait aucun brise, même à l'extérieur de la baie. Les cinq hommes d'équipage préparaient le filet et lavaient le pont arrière. Marie-Anne contemplait du regard ce qu'elle pouvait photographier en souvenir. Patrick regardait devant le compas, prenant son rôle très au sérieux car l'erreur serait impardonnable. Les autres capitaines ne prirent pas la mer attendant que le ciel soit plus haut.

Arrivée à la garde de Calcutta, elle marcha vers la sortie pour se diriger à l'aéroport. Des enfants orphelins et affamés demandaient de l'argent voulant transporter l'unique valise de Marie-Anne. Elle n'avait même pas la force de les regarder, les ignorant au passage. Elle faisait face à son destin, perdue dans les empreintes de sa volonté plus forte que tout ce qu'elle avait imaginé. L'histoire racontée n'exprimera jamais la détresse de son cœur meurtri. Même loin d'elle en ces moments les plus tristes de sa vie, je ne peux décrire davantage sa peine quand elle marchait vers la maison de son père, à la recherche de sa source.

Cette même soirée, le froid succéda à la chaleur du jour. Moufaka fit un feu de bois tentant de réchauffer plus de cinq cent cinquante enfants brisés par leur passé sans père ni mère pour guider leurs pas. Bobby et Marie-Anne parlaient. Elle accepta son invitation d'aller à sa rencontre pour écrire un article, en répondant aux questions qui l'inspiraient.

La volonté de notre âme se cache souvent et brise nos forces. Accepte la vie, si dure soit-elle, cela est facile à dire mais elle n'en est pas moins le seul chemin. Ne garde pas de rage face à la vie, ouvre la fenêtre de ta maison, ne gaspille pas le temps, cherche ton équilibre afin de suivre ta destinée. Tu es grande à l'image de ce que tu as à offrir. VA chercher la vérité au fond de toi. Tu as perdu un enfant, d'autres croiseront ton chemin sans parents. Tu as perdu ton compagnon de route crois-tu. Il marche pourtant avec toi en silence. Alors fait ce qui doit être fait pour qu'il soit fier de toi, sois heureuse, il le sera.

Le lendemain, la plupart des journaux et télévisions du monde parlèrent de l'événement montant les images de ces événements. La peur était partout dans les rues de l'Inde, surtout à Calcutta et dans les environs. La majorité des pays occidentaux insistèrent auprès du gouvernement indien de protéger Marie-Anne. Celui-ci répondit finalement qu'il s'agissait d'un incident isolé et qu'il allait y porter une attention particulière.

Sans relâche Marie-Anne lui posait ses questions auxquelles il répondait sans retenue pendant des heures sur la route. Il était fils de Tibétain venu dans la vallée guidé par la faim avec son épouse à la santé fragile et ses trois enfants. Son grand-père était mort, lors de l'invasion de son pays par la Chine. Il y a cinq ans les bérets rouges avaient fait prisonnier son père qui avait dénoncé les politiques du gouvernement, car il ne pouvait aller à Hong Kong soigner son épouse malade. Le voyage n'était pas permis et elle mourut dans leur modeste maison. On leur confisqua celle-ci et on lui demanda, ainsi qu'à ses sœurs, de déménager dans la commune, une maison du peuple pour ceux qui n'ont pas de famille.

Ah ! Si l'amour pouvait pardonner avec mille et une tendresse. Si l'homme pouvait regarder les étoiles et voir ses faiblesses. Enlevez le voile femme et respirez cette brise si douce. En ce moment, je pense à toi, dame du désert, gardienne de la foi. Karina ne t'en fait pas, le chemin de la liberté est difficile mais il n'est pas si lointain. Pense à ces femmes soumises au Coran, elles respirent ainsi toute leur vie.

À cet instant, nous fûmes entourés par plus d'une cinquantaine de villageois, tous heureux voulant toucher cette dame dont ils avaient entendu parler. L'émotion de ce moment me donna la chair de poule et me fit oublier ma fatigue. Même si nous le savions, Bobby et mois, nous avons été ébahis par l'influence qu'elle pouvait avoir par sa détermination et sa grande sagesse d'un destin unique. Ce matin-là j'ai vu plus grand.

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Oeuvres de Pierre-Jacques Gauthier