Le voyage de l'absente
Récit,
Ripon, Écrits des Hautes-Terres, 1999, 142 p.

Description :

Impressions du voyage de l'auteur en Italie et aux Pays-Bas, ce texte inspiré est marqué au sceau de la maîtrise, de l'érudition, de la sensibilité et de la sensualité. Le désir et l'amour ressentis pour la femme aimée y guident tout autant ses pas et ses pensées que les hauts lieux de l'art et de l'histoire.
« Ce voyage est une quête qui m'enchaîne jusqu'à l'ultime rencontre de la joie. Il perpétue ce long cortège génétique commencé il y a plusieurs siècles. La lente errance de l'amour ne s'achève pas avec moi. Plusieurs morts en témoignent. Je veux écrire ce que l'amour me dicte. Pour cela, je dois tout lui céder, ta mort et la mienne, ce deuil incertain. »
Avec six illustrations en couleurs.

Quatrième de couverture


Extrait :

« Mes villes sont des villes de vision qui me donnent assez de souffle et de mots pour agrandir mon territoire d'amour. Des chefs-d'oeuvre incandescents jaillissent de leurs forges étincelantes. Mes villes sont fortes de l'absence qui les écoute sans rien demander. En les observant attentivement, on leur arrache des secrets. En fréquentant leurs visionnaires, elles livrent ce qu'elles gardent aux promeneurs solitaires qui savent encore rêver entre leurs murs, et qui se sentent exister à cause d'une femme qui les attend, quelque part, au bout du monde.
Place aux artistes! Les peintres d'abord, ces enfants des villes qui jouent avec l'ombre et les couleurs pour faire vivre à jamais la lumière de leurs propres ciels! Puis les autres, poètes, musiciens, sculpteurs et architectes, ces témoins du tragique qui brillent sous le ciel de nos attentes comme la lucidité d'une conscience!| Ils ont envahi les villes de leurs espoirs et de leurs échecs, y perdant souvent leur temps pour mieux en connaître l'âme.
Ce livre n'est pas à proprement parler une récit, un journal, une histoire, un esai, mais des impressions, au sens que Montaigne donnait à ce mot : l'action d'un corps sur un autre. Les corps des cités pressés sur le mien appellent ton corps et mes mots. Je veux donner une voix à ton silence, la capter dans mon écriture où tu prends vie. Toucher ce livre, c'est te toucher dans l'absence, au-delè du lien narratif et anecdotique.
Mais au début, vraiment au début de ce voyage, avant que le récit ne prenne forme en lettre d'amour, et que l'art ne laisse sa marque sur mes mots, il y a eu cette phrase en moi qui a déclenché tout le reste : « Si je meurs, je voudrais que tu rencontres une ville qui te donne toute la tendresse que je n'ai pas pu te donner. »»

Pages 13-14

Notice biographique de Jacques Gauthier
Oeuvres de Jacques Gauthier
Références sur Jacques Gauthier