Comme j'aimerais mourir dehors
Mourir frais sous l'arbre
Mourir en plein air
La joie blessée, p. 25
L'innommable
En écrivant toi
Je t'aime par ces mots que j'écris de toi
Est-ce si simple
Oui justement
Je te veux alors je te nomme
A défaut de te voir
Je prie un crayon à la main
Est-ce toi
Oui
La joie blessée, p. 52
Attendre un ange
Je sais qu'il vient sans s'annoncer
J'attends un ange sur le pont
Vous le verrez passer peut-être
Pourquoi serez-vous pris de peur
J'attends un ange sur la place
Viendra la brume après l'orage
La joie blessée, p. 60-61.
Mourir dehors
au grand vent qui reprend mon souffle
en vrai sagittaire
m'envoler avec l'outarde
vers ces grands espaces
que mon coeur a tant rêvé
participant au chant du monde
et dire simplement
après tant de saisons
me voici
je pense à toi
qui te rendent présent
toi l'innommable
je te touche par ces mots
agenouillé sur la page
dans la blancheur à perte d'âme
surpris soudain de tant de présence
puisque je l'écris
dans les eaux les plus claires en moi
où des vagues remontent au coeur
je sais qu'il n'est pas seul ce soir
à roder pour l'oeil en éveil
qui sait voir ce que l'on ne voit pas
dans le brouillard jusqu'au matin
sur les ailes blanches du vent
dans les ténèbres de la nuit
ce sera une ombre ou un souffle
calme sur le duvet de l'âme
quand la solitude nous hante
quand par milliers ils tomberont
entre les bras du crépuscule
pourquoi prendrez-vous vos fusils
pour chasser ces beaux messagers
de poésie et de musique
balayée par tant de chagrin
ces cheveux d'ange et de silence
pour tous ses visages en exil
viendront les automnes déserts
et beaucoup de blanc sur la page
avant que ne reviennent les anges
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Notice biographique de Jacques Gauthier
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Références sur Jacques Gauthier