La crise de la quarantaine
Essai,
(traduit en italien),
Paris, Le Sarment-Fayard, 1999, 155 p.

Description :

Le mitan de la vie amène avec lui un cortège de questions. La crise de la quarantaine ressemble souvent à une «forêt obscure». Le démon du midi, comme on dit, se manifeste sans qu'on s'y attende. Jacques Gauthier constate qu'au «passage de la quarantaine, rien n'est calme. Alors que tout semble normal à l'extérieur, la personne est comme un Vésuve en ébullition. Elle est confuse dans ses désirs et elle n'est pas bien dans sa peau.» Jacques Gauthier propose dans son livre La crise de la quarantaine des pistes qui ouvrent la personne aux richesses que ce nouvel âge que la vie renferme. L'homme et la femme de quarante ans sont à la recherche d'un nouvel équilibre humain et spirituel. Le livre de Jacques Gauthier indique une route à suivre qui peut permettre de dénouer l'impasse qui se tisse au fil des incompréhensions et des interrogations. L'auteur livre un message fort simple: toute crise humaine et spirituelle débouche sur la naissance d'un être nouveau si on se donne les instruments pour l'affronter.

Critiques :

Ce petit livre limpide, assaisonné d'humour, solde sept ans de travail sur la crise de la quarantaine: un concentré de sagesse livré à l'américaine, avec simplicité! Sagesse tirée de l'expérience mais aussi d'une authentique réflexion, nourries d'une riche culture.

Laurence Monroe, La Croix, 30 décembre 1999.

40 ans, le "bel âge" dit-on souvent. Pas si sûr. Connaissance de nos forces, mais aussi de nos limites. Dans un ouvrage revigorant, le poète et théologien Jacques Gauthier nous invite à franchir victorieusement le cap.

Bruno Cortequisse, La Croix du Nord, 21 janvier 2000.

Dans cet ouvrage qui se présente aussi comme un petit guide de vie, à destination des hommes et des femmes, l'auteur propose des attitudes qui sont autant de balises utiles pour arriver à bon port.

Benoît de Sagazan, Pèlerin Magazine, 4 février 2000.

Ouvrage remarquable par la justesse de ses observations et la qualité de ses conseils.

René Marie, France Catholique, 25 février 2000.

L'auteur livre un message fort simple: toute crise humaine et spirituelle débouche sur la naissance d'un être nouveau si on se donne les instruments pour l'affronter.

Jérôme Martineau, Revue Notre-Dame du Cap, mai 2000.

Peu d'écrits existent encore sur cette période essentielle de la vie. D'où l'intérêt de cet ouvrage qui aborde avec clarté et humour les bouleversements de la vie spirituelle. Un livre stimulant et spirituel à lire... et à relire.

François Le Roux, Prier, mai 2000.

Entretien pour le quotidien Sud-Ouest de Bordeaux par Chantal Chamard.

Question : Vous parlez de la crise de la quarantaine comme de la plus importante d'une vie. Pourquoi?

Réponse : Avec la période de l'adolescence, l'étape de la quarantaine, qui va environ de 35 ans à 45 ans, est certainement la plus importante d'une vie. C'est un peu la même crise d'identité, avec la différence que la personne a un passe à évaluer. Elle est invitée à passer de la surface à la profondeur, à accepter ses limites, à revoir ses priorités. Contrairement à l'adolescent qui cherche à être lui-même en s'identifiant aux autres, en se mesurant aux autres, au seuil de la quarantaine, la personne se mesure à elle-meme. Elle ressent un appel à une vie plus interieure, plus conforme à ce qu'elle est vraiment au plus profond d'elle-même. Je vois cette phase de transition comme une crise du désir qui peut nous mener à une nouvelle naissance, faisant de nous des hommes et des femmes plus mûrs, plus authentiques, plus humbles aussi.


Question : Pas de connotation négative dans le mot crise, dites-vous, mais votre propre expérience semble avoir été marquée par une très noire nuit morale et spirituelle...

Réponse : Le mot crise ici est entendue dans le sens de croissance. C'est une décision qui fait que nous prenons en main notre vie. Il ne faut donc pas fuir la crise. C'est vrai que mon expérience fut marquée par une nuit morale et spirituelle. Les symptômes étaient là : solitude, doute, absence de plaisir, manque de confiance, ennui, conscience de la mort, silence de Dieu. Mais c'est en consentant à cette nuit que j'ai fait la vérité avec moi-même, que j'ai découvert le désir qui fait vivre, soit le desir d'aimer. Pour ce faire, il fallait réinventer la fidélité dans mon couple, même si je n'avais pas trompé ma femme. Cette crise me donnait l'occasion de revoir mes engagements. Je me donnais le droit d'être insatisfait, d'avouer mes peurs, d'intégrer le côté mal aimé de moi qui était resté dans l'ombre. Cette crise de croissance m'amenait à écouter mes questions, à trouver un sens à ma vie, à prendre le risque d'aimer. J'ai redis mon oui à moi-même, à ma conjointe, à nos quatre enfants, à Dieu qui gardait silence. Mais ma souffrance de son silence manifestait plus mon désir de lui que mon incroyance. C'etait une nuit psychologique et spirituelle qui annonçait l'être nouveau à naître.


Question : En quoi l'expérience des femmes et celles des hommes est-elle différente?

Réponse : La femme entre généralement dans la quarantaine avec une préoccupation qui est d'ordre esthétique. Elle voit son corps qui vieillit. Elle subit la pression de la mode où l'apparence, la séduction, l'avoir, l'emportent sur la maturité, l'acceptation de l'être. Elle désire une vie affective enrichissante, même s'il y a des signes de pré-ménopause. Elle a besoin qu'on lui dise qu'elle est belle. Elle s'affirme de plus en plus. L'homme aussi est harcelé par le temps, mais cela se voit par un décalage entre ce qu'il voudrait faire et ce qu'il fait vraiment. Compte tenu que sa vie professionnelle fut tout pour lui, il se demande si ça vaut vraiment la peine de travailler autant. Il veut se distinguer, être reconnu de tous, mais souvent il délaisse sa compagne et ses enfants. La crise l'appelle à une plus grande intériorité, à donner de l'importance aux enfants, à la famille. Il prend conscience de la mort, d'autant plus que ses forces physiques diminuent, qu'il n'a plus la même puissance sexuelle qu'à vingt ans. C'est alors qu'il devient plus sensible, plus tendre. C'est une chance que cette crise pour le couple, puisque l'amour devient plus profond.


Question : La personnalité n'atteint sa plénitude qu'à partir de 40 ans, disait le psychanalyste Jung. Est-ce vraiment un réconfort à une époque où règne une forme de dictature du paraître (jeune)?

Réponse : Nous vivons dans une société "adolescentrique" ou le paraître impose sa loi d'une maniere tyrannique. Nos sociétés occidentales qui misent sur la réussite, la performance, la jeunesse, n'aident pas les quadragenaires à passer ce cap. On s'éparpille dans le divertissement. Il n'y a rien de plus triste que de voir des quadragénaires vouloir être dans le coup en faisant comme les jeunes. Les adolescents veulent des adultes qui se tiennent debout et qui disent non, qui savent où ils vont.


Question : La panne du désir, le "démon de midi": ces manifestations de la crise de la quarantaine sont-elles plus accusées aujourd'hui que naguère?

Réponse : Il me semble que la panne de désir, ce que l'on appelle le démon de midi, est plus forte aujourd'hui que dans le passé, justement à cause de cette société du spectacle où l'érotisme est excacerbé et où on essaie de cacher la mort, de fuir la finitude humaine. Mais la fièvre du démon de midi est plus existentielle que sexuelle. Dans les monastères, on parlait de ce démon en terme d'acédie. Qu'il y ait panne de désir, démon de midi, acédie, cela se manifeste toujours par une sorte de dépression, un dégoût des réalités spirituelles, une mélancolie du coeur, une tristesse de vivre, un abattement de l'esprit. L'occasion est belle de questionner son sens à la vie, d'approfondir ce qui me fait vivre. L'humilité, le travail créateur, les arts, la prière, la lecture spirituelle, l'attention amoureuse sont autant de remèdes pour bien vivre cette crise de l'âme.


Question : En tant que théologien, pensez-vous qu'un croyant ou un individu en recherche de Dieu ait davantage de chances de trouver une issue? Réponse : Je pense que le croyant, ou la personne en quête de spiritualité, peut mieux trouver des issues à cette crise de la quarantaine. Cette crise n'est pas seulement psychologique, elle est aussi spirituelle. Ces deux niveaux s'interpénètrent en l'humain. La personne est conduite au fond d'elle-même où se révèle l'image de Dieu. Ce Dieu dont je parle ici n'est qu'Amour. Il veut le bonheur de chacun de nous. Il lance notre désir sur les sentiers de la liberté. La crise de la quarantaine est vraiment une occasion de croissance, un lieu de rencontre avec soi-même, les autres et Dieu. On est invité à s'abandonner, à lâcher prise, à enlever ses masques, à suivre le désir qui fait vivre, à approfondir ses convictions, à consentir à sa nuit, à se laisser aimer par un Dieu relation qui ressuscite les morts.


Article de Josée Descôteaux paru dans Le Droit, mardi 30 janvier 2001

______________________________________

Jacques Gauthier
Universite Saint-Paul, Novalis 613- 236-1393
ou 39, rue Mégantic
Gatineau, Qc
J8R 1V9
819-643-3845

Notice biographique de Jacques Gauthier
Oeuvres de Jacques Gauthier
Références sur Jacques Gauthier