Quatrième de couverture
aux multiples rebondissements.
Extraits:
« (...) Un client fredonna. Un autre fit un pas vers Rock. Celui-ci bondit et Anthony projeta les bras en avant pour se protéger. En moins d'une minute, il se retrouva au plancher, la joue droite tuméfiée. Rock agrippa Lison par un bras et il la ramena à la maison. Samuel le suivit, tentant de le raisonner. Rien n'y fit. Il revint au Pub. Olivia et Anthony étaient repartis aussitôt après l'agression de Rock. Olivia ne cacha pas à son frère qu'elle était très préoccupée et inquiète pour la sécurité de Lison et celle de Marie-Luce, racontant aux deux hommes, combien Rock avait changé depuis le cégep et comment Lison avait perdu son enfant. Samuel téléphona au poste de police pour obtenir de l'aide. Les agents se rendirent au domicile des Savoie... juste à temps. Plus tard, les trois amis apprirent l'arrestation de Rock et l'hospitalisation de Marie-Luce et de sa mère. Celle-ci reposait dans un état satisfaisant en dépit de sa mâchoire fracturée. Quant à la petite, son père l'avait épargnée, mais elle était dans un état de choc. Monsieur et Madame Berger accoururent au chevet des deux malheureuses, aussitôt après l'appel d'Olivia et ils les ramenèrent avec eux à Dorchester, le jour même de leur sortie de l'hôpital. Rock fut libéré le lendemain, jusqu'à sa comparution devant le juge, à la fin de novembre, au Palais de Justice de Rivière-du-Loup. - Ils l'ont relâché! hurla Olivia quand Samuel lui apprit la nouvelle. C'est un malade.»
page 56
« (...) Olivia déposa ses pinceaux dans le pincelier. Elle ôta ses lunettes et se frotta les yeux. Peindre avec autant de frénésie l'avait un peu calmée. Après le téléphone qui avait transformé sa matinée, elle s'était sentie assiégée et le besoin de créer l'avait possédée toute entière. Son fils lui avait parlé pour la première fois et elle n'avait personne à qui annoncer la bonne nouvelle. Anthony et Samuel se baladaient du côté de la rive nord du fleuve, Lison recollait chez ses parents les morceaux de sa personnalité éparpillée, Madame Chevary voyageait en France avec le club des aînés. Il restait Marie. Elle aimait beaucoup Marie, mais de là à lui confier un secret d'une aussi grande importance, la question ne se posait même pas.
La jeune fille avait trop de candeur naturelle pour absorber le scoop sans en être troublée. Par ailleurs, Olivia comptait quelques bones amies parmi les artistes-peintres qui exposaient dans les galeries d'art, mais, en dehors de la peinture, ces dames n'échangeaient pas de confidences intimes. Tous leurs propos convergeaient vers l'art. Olivia s'amusa un instant à imaginer leurs réactions quand elles découvriraient que leur consoeur cachait un fils de vingt ans dans les recoins de son impétueuse jeunesse. Soudain, elle éprouva le besoin de s'épancher dans le coeur de Lison, son unique et meilleure amie. Au bout de plusieurs pages, Olivia commença à se détendre, et à la fin de son épître, elle avait retrouvé tout son calme. Il ne lui restait plus qu'à attendre le jour où elle tiendrait son enfant dans ses bras pour la seconde fois après tant d'années stériles.»
page 89
« (...) L'automne campait dans les arbres. La Pocatière riait. Cette transformation, la ville la devait à la reprise des cours dans les maisons d'enseignement qui dispensaient la culture régionale. Sur l'heure du dîner, d'innombrables casquettes circulaient en ville, portées par les étudiants de la polyvalente qui arboraient des airs fantasques sur leurs visages sympathiques. Ce matin-là, la montagne du collège étalait sa beauté sur la ville balayée par l'air humide qui montait du fleuve. Quelques promeneurs trottinaient, encore agrippés dans leurs vêtements légers aux derniers vestiges de l'été et ils grelottaient. La maison chaude éphémère transitait vers le sud avec les oiseaux. Septembre, dans sa tenue de gala suivait leur migration avec nostalgie. Puis, il se résigna, le visage tourné vers les moissons. Toute cette provende, dégorgeant de la terre, avait de quoi le tenir occupé jusqu'en novembre. Anthony et Samuel quittaient chaque matin leur appartement d'un pas allègre, pour le travail. L'un empruntait le chemin de la polyvalente, l'autre celui de l'hôpital. Les premières semaines de cours sont toujours déterminantes pour un professeur nouveau dans une école, que celle-ci soit privée ou publique. Elles furent terribles pour Samuel, peu habitué à des groupes aussi nombreux, autrement plus intéressés par les filles et leurs boulots de fin de semaine que par les cours de géographie.»
page 109
« (...) Olivia accepta et elle contata avec étonnement que l'invitation lui plaisait. Le soir, ils sortirent souper au Pub. au Pub Azimut, il était de bon ton, pour la clientèle réunie autour du bar, d'afficher une allure non conventionnelle, un peu superficielle, teintée de snobisme de bon aloi, le tout assaisonné de quelques pincées d'humour jetées ici et là au cours des conversations. Sinon, le nouveau venu, ignorant ces règles, et ne disposant pas de ces atouts, risquait de se retrouver en marge. Alexis avait très vite saisi la subtilité du jeu et il le jouait avec raffinement, tout en demeurant sur son quant à soi. Cette attitude lui valut l'amitié et la confiance des propriétaires de la boîte, de même que celle du cercle des amis intimes d'Olivia. Voilà pourquoi, il se sentait très à l'aise au bar, chaque fois que l'occasion se présentait pour lui de prendre l'apéritif avant de savourer l'excellence des plats préparés par Pierre le cuisinier. Ce soir-là, Alexis et Olivia firent bombance. On chuchotait beaucoup aux tables voisines, sur la façon peu banale dont leur idylle avait commencéé.»
page 139
« (...) - À quoi joues-tu? Olivia disposait avec recueillement sur le tapis du séjour, les nombreuses gerbes de fleurs qu'ils avaient reçues. Ensuite, elle les aspergea de champagne, telle une prêtresse, observant un rite tribal. Alexis vint à la rencontre de celle qu'il aimait. Il défit les boutons de son corsage et ses beaux seins s'offrirent à lui, appétissants et soyeux, délicieusement parfumés. Bientôt les jolis dessous féminins d'Olivia, tels des pétales de roses, s'envolèrent au rythme du désir grandissant qui allumait ses sens. Alexis comprit que le moment était venu de rejoindre la femme de sa vie dans sa nudité douce et humide et de l'allonger sur leur couche odorante. La beauté des deux époux irradiait comme braise incandescente et les sons mélodieux du chant de leur plaisir sublimaient les préludes de l'offertoire. Mêlée au parfum sucré du champagne et des fleurs, l'odeur douceâtre des mouillures sexuelles montait du lit nuptial, embaumant la chapelle de leur amour. À la consécration, l'hydromel voluptueux de la passion coulant dans leurs coupes tendues, les projeta simultanément dans l'immorttalité bienheureuse de la détente sexuelle. Plus tard, après leurs communions intimes, Olivia et Alexis ivres du nectar des dieux, glissèrent dans le sommeil coeurs et âmes confondus.»
page 199
(...) Pourquoi ce titre? « Quand on dit que le soleil se couche les pieds dans l'eau, c'est signe que demain il va faire beau, que le mauvais temps est passé», raconte Marie-Paule Gagnon. C'est ce message d'espoir que l'on respire à travers les pages du roman.Olivia, le personnage principal, sera bouleversée par un appel anonyme autant que par les allusions d'une déséquilibrée, la maléfique Muû Carignan, qui prend plaisir à faire ressurgir les spectres du passé. Un événement inattendu autour duquel Marie-Paul Gagnon a brodé sa dernière intrigue marquera la vie d'Olivia. Marie-Paule Gagnon nous présente des personnages attachants, jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc mais dans des nuances de gris et... de rose. Même Rock, celui qui a eu le plus de mal à traverser la tourmente, voit une lueur d'espoir apparaître à l'horizon, là où le soleil se couche les pieds dans l'eau.» Maurice Gagnon, Le Placoteux, dimanche 17 mai 1998.
Retour à la notice biographique de Marie-Paul Gagnon
Oeuvres de Marie-Paul Gagnon