
Pitié pour toi est un roman autobiographique qui raconte la vie d'une famille de St-Coeur-de-Marie dans les années 1930-40 où la pauvreté et la misère faisaient partie intégrante du quotidien.
Il s'agit d'un roman basé sur des faits vécus évoquant la violence, dans un contexte familial difficile, mais qui décrit également toute une époque de notre histoire au moment du défrichement dans les régions éloignées du Québec, avec les familles nombreuses et la religion omniprésente. «C'est une partie de notre patrimoine qui y est racontée où plusieurs Québécois pourront se reconnaître.» À titre d'exemple, Françoise Gagnon fait revivre la venue de Duplessis au pouvoir avec toutes les attentes qu'il a suscitées dans le but d'améliorer le sort des familles. Pour mieux remémorer cette époque, l'auteure puise abondamment dans les expressions du terroir.
Henriette naquit à St-Coeur-de-Marie, un petit village du Lac St-Jean, en pleine crise de la fin des années vingt; donc, dans la pauvreté et la misère.
Sa naissance non désirée et indésirable la fait se replier sur elle-même. Quotidiennement victime de la violence physique et morale de ses parents et malgré les coups et les blessures, elle persiste dans sa course folle à l'amour.
Haletante, obsédée à conquérir l'amour de sa mère ou mourir...
Y parviendra-t-elle?
Trouvera-t-elle la paix du coeur et de l'esprit?
Si l'amour existe, ce n'est pas pour l'enfant battu; l'enfant battu vit la haine et la révolte. Dès son réveil, il craint l'attaque, il se sent poursuivi, piégé, traqué. Il doit apprendre à se défendre à travers les combats et l'état de guerre permanent. Il essaie de s'effacer, disparaître même, devenir transparent ou invisible. Il se construit des barrières imaginaires et se crée des scénarios pour arriver à circuler en paix et en tout tranquillité.
Il en est ainsi pour Henriette. Elle la désire cette transparence, cette invisibilité. Elle la veut non seulement pour elle mais aussi pour ses frères et soeurs. Malheureusement, il n'en est pas ainsi. Mais son monde imaginaire est bien différent de la réalité. Un cri d'enfant, un claquement de porte, une savate laissée par hasard sur le plancher et voilà que tout recommence. Dépendamment et selon l'humeur de la mère et la folie du père, Henriettte vit dans un état de peur constante. Elle connaît bien les frissons froids de la peur parcourant son corps de la tête aux pieds, poussant sur la vessie et donnant l'envie d'uriner. La peur la tenaille même lorsqu'elle est recroquevillée dans le plus petit réduit. Fuir!...Fuir!...Fuir!...la peur, ne plus ressentir ce goût amer qui remonte dans la gorge et jusque sur la langue. La seule défense qu'elle a trouvée pour éloigner les disputes et les volées, c'est de se coucher tôt le soir et d'étirer le réveil du matin.
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Pour Florentine, c'est important que les filles connaissent des garçons. elle ne veut pas qu'elles restent «vieilles filles». Elle a hâte de les marier. Tous les garçons qui viennent à la maison sont des prétendants pour les filles. Isidore, lui, touve qu'elles sont trop jeunes pour s'amouracher. L'amour, à cet âge, ce n'est qu'illusions. «Plus vite elles se marieront, plus vite mes inquiétudes s'en iront» disait-elle. Elle n'est pas au bout de son rouleau. Elle en aura sept. Elle ne veut pas qu'elles aient des «bad luck» (malchance) et elle les surveille de près. Elise et Henriette se tiennent ensemble. L'une chaperonne l'autre et elles se protègent mutuellement. Elles sont jeunes et comme toutes les filles de leur âge, elles veulent profiter de la vie. Mais les parents sont sévères et les mettent en garde des écarts défendus. Il ne faut surtout pas qu'elles se retrouvent en famille comme la cousine Rita. «S'y fallait qu'vous m'arriviez avec un paquet, soit une ou l'autre, j'vous tuerais pis votre père aussi.»
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Références sur Françoise Gagnon