UN WEEK-END BEN BEN...SPÉCIAL.

Publié aux Éditions À mains nues, 1983.

 

Description:

Pierre Lapointe, éditeur, commente: «Cette comédie en trois actes nous dépeint des personnages colorés, tant au niveau de leurs critères sociaux qu'à celui(sic) de leur langage. Aucun détour! Tout dans cette pièce est dit et fait un peu à la manière d'un Western classique adapté au milieu semi-rural. Ce milieu, s'il n'est pas le lot de tous les Québécois, n'est pas sans éveiller en eux quelques plus ou moins proches réminiscences.
Cette franche comédie, ayant pour thème l'éternel triangle amoureux, assaisonnée d'une plus que volubile belle-mère, saura vous captiver tant à sa lecture qu'à sa représentation

Julie, écoeurée de la vie qu'elle partage avec un homme routinier, austère et extrêmement terre à terre, s'invente une affreuse migraine, afin d'échapper à un autre de ces sempiternels voyages d'affaires mortellement ennuyeux, en compagnie de son mari. Une nuit d'amour dans les bras de son jeune amant, voilà ce à quoi elle rêve en secret. Armand, contrarié d'avoir à changer la moindre de ses habitudes en plus de ne pas pouvoir contrôler à sa guise les allées et venues de sa jeune épouse, ne l'entend pas ainsi. Une discussion orageuse s'ensuit mais Julie a finalement gain de cause. Armand est parti et Pierre est là, auprès d'elle. Toute une nuit rien que pour eux... L'arrivée impromptue de sa belle-mère qui, mine de rien, n'en finit plus de s'incruster et va même jusqu'à s'inviter de la compagnie, met dangereusement en péril leurs tendres projets.

Extrait:

"JULIE- Vous avez pas envie de vous r'poudrer un peu? Pis de vous r'coiffer un peu, avant que tante Adéline arrive. Vous avez seulement à passer à'chambre de bain.
GERMAINE choquée- J'ai-tu l'air si bête que ça, écout'donc? (Puis, réfléchissant.) Ah, c'est vrai qu'un peu de poudre pis un coup de peigne ça m'f'rait pas tort. (Elle se lève, Julie se félicite, fait un clin d'oeil à Pierre qui se prépare à sortir à l'autre extrémité du canapé. Germaine prend sa valise et se rassoit. Elle sort sa trousse de maquillage, un miroir, et se refait une beauté. Julie fait des gestes désespérés.) Tu pourras pas dire que j'suis venue ici pour «écornifler»! J'vais faire ça ici.
JULIE exaspérée- Ben voyons, belle-maman! Charriez pas! Vous allez quand même pas vous passer de pisser, sous prétexte que vous voulez pas «écornifler».
GERMAINE surprise- Mon Dieu, t'es «prime» Julie! Pour ça, ben sûr que non, mais tu sauras, ma p'tite fille, que moi, j'ai toujours eu une bonne r'tenue. J'ai jamais aimé ça, moi, faire ça ailleurs. On sait jamais, hein? Les microbes!... Ben sûr, j'veux pas parler d'ici, c'est certain. J'sais ben qu'ici c'est propre. Y'a pas d'danger pour ça! Mais quand t'as pris l'habitude de t'retenir, ben tu te r'tiens partout, propre ou pas propre.
PIERRE- Ben moi, si ça continue, j'pourrai pus me r'tenir."

Qu'adviendra-t-il de la jeune femme et de son bel amant clandestin dans tout ce remue-ménage?... Il y a vraiment de quoi en perdre la tête. Mais rassurez-vous, à travers ce brouhaha, le rire est au rendez-vous..

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