Description:
Pierre Lapointe,
éditeur, commente: «Cette comédie en
trois actes nous dépeint des personnages colorés, tant au
niveau de leurs critères sociaux qu'à celui(sic) de leur langage.
Aucun détour! Tout dans cette pièce est dit et fait un peu à
la manière d'un Western classique adapté au milieu semi-rural.
Ce milieu, s'il n'est pas le lot de tous les Québécois, n'est
pas sans éveiller en eux quelques plus ou moins proches
réminiscences.
Cette franche comédie, ayant pour thème l'éternel triangle
amoureux, assaisonnée d'une plus que volubile belle-mère, saura
vous captiver tant à sa lecture qu'à sa représentation.»
Julie, écoeurée de la vie qu'elle partage avec un homme routinier, austère et extrêmement terre à terre, s'invente une affreuse migraine, afin d'échapper à un autre de ces sempiternels voyages d'affaires mortellement ennuyeux, en compagnie de son mari. Une nuit d'amour dans les bras de son jeune amant, voilà ce à quoi elle rêve en secret. Armand, contrarié d'avoir à changer la moindre de ses habitudes en plus de ne pas pouvoir contrôler à sa guise les allées et venues de sa jeune épouse, ne l'entend pas ainsi. Une discussion orageuse s'ensuit mais Julie a finalement gain de cause. Armand est parti et Pierre est là, auprès d'elle. Toute une nuit rien que pour eux... L'arrivée impromptue de sa belle-mère qui, mine de rien, n'en finit plus de s'incruster et va même jusqu'à s'inviter de la compagnie, met dangereusement en péril leurs tendres projets.
Extrait:
"JULIE- Vous
avez pas envie de vous r'poudrer un peu? Pis de vous r'coiffer un
peu, avant que tante Adéline arrive. Vous avez seulement à
passer à'chambre de bain.
GERMAINE choquée- J'ai-tu l'air si bête que ça, écout'donc?
(Puis, réfléchissant.) Ah, c'est vrai qu'un peu de poudre pis
un coup de peigne ça m'f'rait pas tort. (Elle se lève, Julie se
félicite, fait un clin d'oeil à Pierre qui se prépare à
sortir à l'autre extrémité du canapé. Germaine prend sa
valise et se rassoit. Elle sort sa trousse de maquillage, un
miroir, et se refait une beauté. Julie fait des gestes
désespérés.) Tu pourras pas dire que j'suis venue ici pour
«écornifler»! J'vais faire ça ici.
JULIE exaspérée- Ben voyons, belle-maman! Charriez pas! Vous
allez quand même pas vous passer de pisser, sous prétexte que
vous voulez pas «écornifler».
GERMAINE surprise- Mon Dieu, t'es «prime» Julie! Pour ça, ben
sûr que non, mais tu sauras, ma p'tite fille, que moi, j'ai
toujours eu une bonne r'tenue. J'ai jamais aimé ça, moi, faire
ça ailleurs. On sait jamais, hein? Les microbes!... Ben sûr,
j'veux pas parler d'ici, c'est certain. J'sais ben qu'ici c'est
propre. Y'a pas d'danger pour ça! Mais quand t'as pris
l'habitude de t'retenir, ben tu te r'tiens partout, propre ou pas
propre.
PIERRE- Ben moi, si ça continue, j'pourrai pus me r'tenir."
Qu'adviendra-t-il de la jeune femme et de son bel amant clandestin dans tout ce remue-ménage?... Il y a vraiment de quoi en perdre la tête. Mais rassurez-vous, à travers ce brouhaha, le rire est au rendez-vous..
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de Diane Gagnon
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