Un arbre devant ma porte
Roman adulte
Éditions Québec-Amérique, 1999
Couverture: Alfred Laliberté.


Description:

Un récit qui nous fait pénétrer au coeur de la vie mouvementée des pionniers du lac Saint-Jean où l'on retrouve l'eau turbulente des rivières, les bêtes sauvages et surtout la forêt autour de laquelle gravite toute l'existence. Georgina, jeune femme passionnée dont le précédent volume (Le Chemin Kénogami) racontait l'enfance nous fait partager non seulement son intimité mais aussi les grands et les petits événements entourant sa nouvelle communauté sur les bords du lac. Le grand feu de 1870 va transformer sa vie et accélérer son désir de prendre en mains son propre destin non sans laisser dans son âme des traces indélébiles. Malgré les événements tragiques qu'elle va vivre, l'héroïne contribuera à réanimer non sans peine le désir des uns et des autres de se dégager de l'emprise qu'exercent sur toute la région les grands marchands de bois du pays. Et dans sa vie où l'art tient peu de place, elle fera connaissance avec l'émotion que procure la vision de la beauté; la beauté exprimée dans une ville, dans un arbre, dans une simple maison.


Extrait:

«J'entendais pleurer des enfants, gémir des hommes et des femmes, mais je ne savais pas où j'allais. Pourtant je courais. Une rafale de vent éloigna un court instant l'obscur nuage dans lequel j'étais plongée. C'était un inconnu qui m'emmenait je ne sais où... Derrrière moi, je vis soudain une colonne noire autour de laquelle grimpaient des flèches rouges. Puis les flammes léchèrent l'écorce et se mirent à crépiter plus haut, dans les frondaisons. C'était notre grand pin qui flambait. Aussitôt, une nuée d'oiseaux de toutes tailles et de tous plumages s'élancèrent, filant comme des balles, loin de la tourmente.»

Quatrième de couverture


Critiques:

«(...) Cécile Gagnon a rédigé sa saga à même un cahier noir ayant appartenu à son arrière-grand-mère et trouvé il y a 35 ans dans une maison du Lac-Saint-Jean, lors du décès de sa mère. Un roman historique, donc, où la fiction se mêle au vrai, par exemple «le grand feu» qui dévasta le Lac-Saint-Jean à la fin du siècle dernier. Bref, un roman où si tout n'est pas nécessairement vrai, tout est néanmoins vraisemblable. La vie de «gens ordinaires», nos grands-parents ou nos arrière grands-parents, en tout cas, ceux de nombreux «bleuets» du Lac-Saint-Jean.
On dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire. Cela explique peut-être que Cécile Gagnon n'ait pas réussi jusqu'ici, avec ses romans historiques, à obtenir la notoriété qu'elle a obtenue en littérature jeunesse. Peut-être parce qu'elle raconte la vie des «gens ordianires». Pourtant, ces gens «ordinaires» sont nos ancêtres. On gagne à les connaître.»

Pierre Vennat, La Presse, Montréal, dimanche 5 septembre 1999, B5.




« Avec Un arbre devant ma porte, Cécile Gagnon poursuit son entreprise amorcée dans Le chemin Kénogami (1994), consacrée aux pionniers du Lac-Saint-Jean, ceux qui ont déserté leur Rivière-Ouelle natale pour venir s'installer d'abord à Hébertville avec le curé Hébert, puis dans (et non sur, comme l'écrit l'auteure) l'île d'Alma et, enfin, comme Georgina Bonenfant Ouellet, à Saint-Louis de Métabetchouan. La narratrice, ainsi que le révèle le prologue, est l'arrière-petite-fille de Georgina, une historienne, qui refait l'histoire de l'établissement des ancêtres, à partir d'un cahier noir « patiné par les ans » qu'elle a découvert dans une « armoire de vieux pin ». Mais cette narratrice s'efface devant son aïeule à qui elle laisse toute la place. Cette maîtresse femme, épouse du menuisier artiste Vital Ouellet, livre, sans artifice, avec ses vieux mots et sa langue bien à elle, le tragique de son destin et les difficultés nombreuses rencontrées depuis son établissement dans l'île d'Alma jusqu'à son déménagement à Métabetchouan où la frappe le Grand Feu qui détruit tout sur son passage, de Saint-Félicien à Chicoutimi, en 1870. Jamais cette femme ne se laisse envahir par le découragement. Toujours elle sait se relever des difficiles événements qui ont marqué sa troublante existence. À la suite de la mort de son mari, elle s'arme de courage et organise la lutte pour faire revivre son coin de pays dévasté. Avec une amie, elle résiste à la tentative de l'associé de son défunt mari de fermer la moulin, seule raison de vivre du village. Elle se rend même à Québec rencontrer le député du comté et le ministre des Travaux publics afin d'obtenir justice.
Le récit de Cécile Gagnon ne manque jamais d'intérêt, car l'auteure sait construire une intrigue et capter l'attention du lecteur. Véritable portrait social et historique du milieu du XIXe siècle en pays de colonisation, Un arbre devant ma porte entend montrer le rôle important qu'ont joué les femmes dans la construcion du pays. Si l'auteure a pris grand soin de se documenter, l'éditeur ne lui rend pas justice tant les fautes sont nombreuses.»

Aurélien Boivin, Québec Français, automne 1999, numéro 115.

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