La Memoria

Collection Romanichels, XYZ, Montréal, 1996
Dédié à sa mère, Louise Dupré a dans ce livre une image, celle de la grand-mère avec ses courtepointes, ce qui traduit merveilleusement bien son propos. "Les centaines de carrés qu'elle assemblait, patiemment, avec ses vieux doigts, les retailles de la vie."

La Mémoria raconte une histoire qui passe par un retour aux sources, c'est-à-dire l'enfance. Les sentiments sont à vif. La séparation, aussi loin qu'on puisse remonter, prend forme dès la naissance. "Un cri immense emplit l'air, une femme nous prend dans ses bras, on l'appellera maman, mais ce n'est déjà plus la mère, douce et immense, c'est un corps à côté de nous, une absence déjà".

Comme le dit Réginald Martel dans La Presse:

"Quatre chants composent La Memoria, comme autant de saisons du coeur et de l'âme d'Emma, traductrice à la pige, bientôt la quarantaine, que Jérôme vient de quitter.
Ce n'est pas que la vie continue, non ; elle s'arrête, au rythme des ruptures, puis elle repart.

Elle est vivante, Emma. Pour elle-même, parce qu'il faut survivre; pour les autres, parce qu'elle les aime et parce qu'ils sont vivants, eux aussi :

"... j'aimais cette connivence entre Vincent et François, cela semblait venir d'un renoncement, je lisais dans leur attitude le fléchissement d'une douleur acceptée, tranquille, désormais préparée à la joie."

On a l'illusion de vivre à mesure les événements que Emma arrache à sa mémoire et, dans un deuxième temps, celle d'entrer avec elle dans la mise en relation de toutes choses."

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Oeuvres de Louise Dupré