Le Salon vert
Roman
Publié chez Pierre Tisseyre en 1980.
Disponible chez l'auteure seulement.


Description:


Un visage d'enfant appuyé à la vitre... De l'eau à l'extérieur de la vitre, de l'eau à l'intérieur. Ange-Aimée pleure à sanglots continus.

- Pourquoi pleures-tu? Ta fête est terminée, tout s'est bien passé. Ce n'est que maintenant qu'il pleut !

Ange-Aimée tend le doigt et pointe vers le jardin.
- Là... là.
- Quoi donc !
- Sur la table !
- Sur la table !
- Le restant du gâteau qui se noie !

Quatrième de couverture



Extrait:

Chapitre 2

Une femme pâle et longue rajuste son chignon dans le miroir. Ce qui frappe dans l'obscurité du salon vert c'est le cercle de vieil or ciselé qui emprisonne la glace de ce miroir. Un halo lumineux qui a capté dirait-on les rayons du soleil couchant avec un je ne sais quoi de rouille qui appartient à l'automne. Le salon: vaste et splendide! Les meubles: d'un acajou chaud. Le bois de ces meubles et peut-être le vert profond des tentures de velours donnent la curieuse impression d'être en forêt. Si on se contemple dans l'étrange petite glace circulaire on n'est plus qu'une tête décapitée. On s'y voit à partir de la base du cou. Quand il fait sombre, à cause de sa forme et de sa situation, on distingue à peine les détails de la pièce derrière soi. Ils sont rejetés, bannis, avalés par l'ombre. On contemple sa propre tête. Cela procure à chaque fois, comme à chaque visiteur, un sursaut de surprise puis un léger frisson. Jean-Baptiste a coutume de dire à Judith: «Toutes les femmes sont des Salomé. Elles finissent toujours par obtenir la tête d'un Jean-Baptiste sur un plateau cerclé d'or!»

page 11

 

Retour à la notice biographique de Françoise Dumoulin
Oeuvres de Françoise Dumoulin