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FERNAND DUMONT (1927-1997)

Notice biographique:

Sociologue, essayiste, écrivain, poète et professeur, «Fernand Dumont fut l'un des plus importants penseurs et écrivains québécois de la seconde moitié du XXe siècle», mentionne Gérald Leblanc dans un article publié dans le journal La Presse, le 3 mai 1997.

Né à Montmorency, en banlieue de Québec, Fernand Dumont fait ses études au Petit Séminaire de Québec (B.A.), à l'université Laval (maîtrise en sciences sociales) et à la Sorbonne (certificat d'études supérieures en psychologie générale et psychologie sociale, et doctorat en sociologie de l'université de Paris). Il est nommé professeur à l'université Laval en 1955; il devient directeur du département de sociologie et d'anthropologie en 1963 et directeur de l'Institut supérieur des sciences humaines en 1967. En 1965, il est directeur d'Études associé à l'École des hautes études de Paris. Fernand Dumont est également président de l'Institut québécois de recherche sur la culture depuis 1979, et directeur de la collection «Sciences de l'homme et humanisme» chez HMH. Codirecteur de Recherches sociographiques et de la collection «Histoire et Sociologie de la culture» aux Presses de l'université Laval, il collabore à diverses revues dont Maintenant, Relations, Liberté Lumière et Vie, Communauté chrétienne, Esprit. Il écrit aussi pour Le Devoir et Le Monde diplomatique. Dans les années 1970, il préside une commission sur la place des laïcs dans l'Église et il prépare avec Guy Rocher, le livre blanc qui devait donner naissance à la loi 101. De 1979 à 1989, tout en continuant son enseignement universitaire, il est président et directeur scientifique de l'Institut québécois de recherche sur la culture.

L'oeuvre poétique de Fernand Dumont réunie sous le titre La Part de l'ombre comprend trois recueils: L'Ange du matin (1952), Parler de septembre (1970) et l'Arrière-Saison (poèmes inédits datés de 1995). Sociologue de réputation internationale, il publie de nombreux essais, une quinzaine d'ouvrages et plus de 200 articles. Plusieurs de ses ouvrages furent traduits et diffusés à l'étranger. En 1977, René Lévesque lui demande de participer à l'élaboration de la Charte de la langue française (le projet de loi 101) et en 1995, Jacques Parizeau lui confie, en collaboration avec Gilles Vigneault et Marie Laberge, la rédaction du préambule de la Loi sur la souveraineté du Québec.

Récipiendaire de nombreux prix, il reçoit en 1964 le Prix littéraire de la ville de Montréal pour son livre intitulé Pour la conversion de la pensée chrétienne; en 1969, avec son remarquable essai Le Lieu de l'homme, il reçoit le Prix du Gouverneur général du Canada, celui du Concours littéraire du Québec, Le Grand Prix du Concours littéraire du Québec, le Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal ainsi que la Médaille Parizeau de l'ACFAS . En 1975, il est récipiendaire du Prix David pour l'ensemble de son oeuvre et du Prix Esdras-Minville en 1980. En 1971, l'université de Sherbrooke lui confère un doctorat honorifique en théologie; en 1978, l'université de Paris l'honore docteur hororis causa. En 1993, Genèse de la société québécoise, publié chez Boréal, lui vaut le prix France-Québec. Il n'est pas exagéré de qualifier cet ouvrage de bible de la société québécoise. L'étude va de Christophe Colomb à la deuxième moitié du XIXe siècle.

Jean Royer, secrétaire général de l'Académie des lettres du Québec, dans un article ayant pour titre L'héritage de Fernand Dumont, publié dans le journal La Presse, mentionne: «... sociologue, théologien, poète, Fernand Dumont nous laisse un héritage d'intellectuel et d'écrivain, d'humaniste et de chrétien, qui témoigne hautement du fait que la liberté demeure la plus belle figure de l'espérance. Le professeur a formé de nombreux intellectuels qui ont fréquenté ses cours à l'université Laval. Il a de plus fondé des lieux devenus aujourd'hui indispensables pour les sciences humaines et la réflexion sur la culture: la revue Recherches sociographiques, l'Institut supérieur des sciences humaines et l'Institut québécois de recherche sur la culture. Fidèle à sa culture populaire d'origine, l'universitaire et l'écrivain qu'il était a écrit une oeuvre savante et littéraire exemplaire, en ce sens qu'il voulait rendre à tout lecteur le résultat de ses recherches et de ses réflexions. Il voyait le Québec comme un lieu où des valeurs humaines peuvent être vécues concrètement. Si le combat politique était pour lui secondaire par rapport à la réalité culturelle vivante, il comparait cette redécouverte de nous-mêmes comme Québécois à cette redécouverte que chaque homme, chaque femme, doit faire pour le compte de sa propre personne. Ainsi l'indépendance du Québec devient pour lui un combat universel. Dans ce contexte, le rôle de l'écrivain est de recréer le sens de l'appartenance collective. L'écrivain incarne la faculté créatrice par la culture qui traverse ses oeuvres.»

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Oeuvres de Fernand Dumont
Références sur Fernand Dumont

Rédaction: Danielle Gilbert
Codification: Robert Blanchard


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Info

Mise à jour le 28 août 1997
Robert Blanchard
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