je suis "tombé en amours" le rose vous va bien beaucoup de choses que je n'ai pas dites puis au lieu de garder le mystère il ne m'arrivait pas souvent vous êtes repartie beaux yeux pers
un matin de février
je vous ai aimée en velours
par cette froide matinée
et le violet aussi
je vous ai vue en face de moi
ai cherché des mots délicats
et ce fut très bien
je suis devenu bavard
de "tomber en amours"
je n'en avais pas la manière ni les détours
je parlais je parlais
vous aviez mis la folie dans ma vie
vous vous en êtes fatiguée
vers votre désert
engloutie

les plus grands bols de la maison
si petits
dans ce champ de fraises
une autre journée
comme les autres
la lune
croît ou décroît
ce trou de serrure
que le soleil
arrondit


maison voisine à vendre
fête de mes quarante ans
ce gâteau aurait
plus de chandelles
que moi de cheveux
l'herbe du sentier se relève
après le dernier voyageur
aucune lune
sur la rivière en crue
odeur de grand air
la lessive terminée
à refaire dans quelques jours

couverte de neige
l'auto dans laquelle
elle s'est suicidée
ce carnet d'adresses
devenues inutiles
il fallait les couper
les deux arbres de la cour
c'est maintenant fait
par la même fenête
la vue est tout autre
jour après jour
l'agenda reçu en cadeau
me sert et s'use
de nouveaux vêtements
rangés parmi les autres
la rue de mon enfance
on y refait
les trottoirs
comme avant pleure
un enfant à tricycle
sortir prendre l'air
les oiseaux contre le vent
mes cheveux en broussaille
ouvrir le dictionnaire
oublier le mot à chercher

tous mes nouveaux étudiants
les mêmes prénoms qu'avant
au calendrier
ce qui ne change jamais
c'est le nom des mois
tu pars à la mi-automne
tu reviendras en hiver
quand on se revoit
on parle de toi de moi
et non plus de nous
gratter le premier givre
avec des ongles trop courts
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Oeuvres d'André Duhaime